‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 26 sur 384 · DANS LES GAULES. \ SIECLE · texte numérisé non relu

DANS LES GAULES. \ SIECLE

dire ;>i> à M) ans avanl la fin de ce siècle. Il dil ailleurs en ré- car. is, r. 1.6. pondant à Catuliin qui lui avoil demandé un épithalame, qu'il n'y avoit plus moïen de faire des vers au milieu d'une

nation qui ne parloil que le Germain ou l'AUeman. Il veut dire les bourguignons, (jui étoienl alors maîtres de Lyon, où il

demeuroil.

\L\ 111. '11 fallûit donc que ceux qui vouloient se dis- Bail, ibid., p.sie. tinguer et passer pour Bçavans, étudiassent la langue Latine

comme une langue étrangère. Mais il y en avoit très-peu qui voulussent s'en donner la peine. On n'avoil plus les motifs et l'émulation qui portoient auparavant à cultiver, et à acquérir les Sciences. 'Une domination étrangère énervoit su. s., 1.3, ep. s, tous les jours les forces de l'Empire, et le poussoit avec vio- p' ' lence à sa ruine. Il ne lui restoit plus ni charges ni dignités pour récompenser le mérite de ses sujets; et cette recompense leur manquant plutôt que leur courage pour s'en rendre dignes, ils négligeoient et de fréquentpr les Ecoles , et de hanter le Barreau, qui étoient les voies ordinaires pour arriver aux honneurs. 'Les dignités qui servoient le plus ordinai- 1.8, ep. % p. 1053. rement à distinguer les grands du commun du peuple, étoient tellement tombées avec l'Empire, dès le temps de S. Sidoine, que la connoissance des letres étoit le seul endroit par lequel la noblesse se distinguoit du reste des citoïens. Mais comme cette dernière marque de distinction , et ces mêmes dignités étoient connexes, celles-ci venant à tomber il falloit qu'elles entraînassent l'autre dans leur chute ; et c'est ce qui arriva. Quant aux étrangers qui dominoient dans les Gaules , ils étoient de ceux 'dont parle le même S. Sidoine, qui n'en- 1.5, ep. io,p.983. tendant rien aux Sciences et aux beaux Arts , ne faisoient aucun cas de ceux qui s'y appliquoient. De sorte que tout conspiroit à faire négliger l'étude, et qu'il se trouvoit trèspeu de personnes qui fissent honneur aux Letres. ' Le soin que 1. s., ep. 22, p. l'on prenoit d'y avancer, au jugement du même Auteur, ne mé- 961' ritoit pas qu'on en parlât, et il n'y avoit pas plus d'espérance pour l'avenir.

XLIX. La suite des temps ne vérifia que trop la juste crainte de S. Sidoine à ce sujet. Nos Gaulois comme les autres 'négligèrent presque entièrement l'étude des Histo- Baii.,ibid.,p.3i7. riens , des Poètes , des Orateurs et des autres Auteurs profanes. 'Le mal en étoit venu jusqu'à ce point dans les Gau- ci. M.adSaP.,p. les, que Mamert Claudien , qui en gémissoit amèrement ,

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l'iuii prél en son temps , c'eBt-à-dire , <'ii\ iron dis à douze tÊ& après le milieu de ce siècle, de faire l'épitaphe des Sciendes , sans l'espérance que lui donnoil an petM nombre de Sçavans; qui travailloienl encore à les faire revivre. Non-seulement on y uégligeoit la langue Latine t mais on avoit même. quelque honte de la parler. La Grammaire y étoil souverai*

p. 537. nemeiit méprisée. 'On y fedoutoit la Dialectique , selon l'ex-

pression dei ce scavant Gaulois, comme une Amazone (jui va

au combat t'épée «à la main. On y rêjettoit la Musique , la Géo^ metrie et l'Arithmétique, comme autant de furies ; et l'on n'y parloit de la Philosophie que comme d'une bête de mauvais augure.

p, 537. B38i L. 'Pour la véritable Rhétorique, on ne lui faisoit plus

aucun accueil ; ou si on lui en faisoit, ce n'étoit que pour la p. 538. traiter indignement, 'soit en énervant sa force naturelle par

des cadences étrangères et affectées, soit en la réduisant à de grands mots qui remplissoient la bouche, mais que souvent on n'entendoit pas, ou qui ne signifioient rien. Ainsi dès ce •nu. h. e., t. i6, V siècle on commença 'à faire consister l'art de l'Eloquenp' 189 ce à ne se faire entendre qu'à peu de personnes, et par une

grande contention d'esprit. C'est de quoi nous fournissent des preuves les Ecrits de S. Apollinaire Sidoine, et de quelques autres Auteurs de ce même temps. La Poésie se sentit Paul. vu. Mart. aussi de la décadence de tout le reste. 'Elle commença dès pr" ce même siècle à perdre beaucoup de ses anciennes beau-

tés. Nos Poètes se donnèrent dès lors la licence, à l'exemple des Grecs, de changer la quantité des syllabes, en faisant longues celles qui son brèves de leur nature, et brèves celles qui- sont longues. On en accuse en particulier S. Sidoine, Paulin de Périgueux; et l'on prétend même le faire remonter jusqu'à S. Prosper. 11 n'y eut pas jusqu'à la Médecine sur laquelle la barbarie n'étendit son empire. Au lieu de sid., î. 2, ep. i2, ces Médecins habiles de l'antiquité, 'ceux de ce V siècle p" 162' étoient à la vérité très-prompts à proposer des remèdes, mais

non à s'accorder ensemble; assez assidus auprès des malades, mais peu habiles aies soulager, et en tuoient plusieurs par l'excès de leurs bons offices.

ci. m., ibid., p. LI. ' Ce n'est pas que ce siècle n'eût encore dans nos Gau- 536, les des esprits propres à toutes ces sciences . Ils y étoient

encore tels qu'on les y avoit vus anciennement ; car le genre humain ne peut pas être différent de lui-même. Mais c'est

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