POLEME, PRÉFET DES GAULES
i.n. I:i v ns ,,,, Poléme cultivoil particuiieremenl la Philosophie de
i.pr.p.is74.j Platon.' Il possédoil si parfaitemenl loutes les parties de
MN ,toSid ■ '' '"' cette science, que Sidoine dès avanl son épiscopat, ne faisoil pas difficulté de le mettre au-dessus des Musiciens , des Géomètres des Arithméticiens el des Astrologues de son siècle. Personne ne connoissoil mieux que lui, la constellation dès Astres el le cours <]<'< Planètes. Par la Beùle force de son esprit, et sans le secours d'aucun interprète, il étoit entré dans l'intelligence des ouvrages de Julius Firmicus, de Sammonicus, de Julianus Vertanus, de Fullonius Saiiirninus, qui passoient alors pour avoir écrit le plus sçavamment sur les mathématiques. Enfin Poléme s'éloit rendu respectable à tout Je monde par son profond sçavoir; et Sidoine tout bel esprit qu'il fût, et quelques applaudissements qu'il eût déjà reçus du Public, ne pouvoit s'empêcher d'avouer qu'en comparaison de ce sçavant
sid. car. 22. pr.p. homme, il n'étoit qu'un oison enroué. ' C'est ainsi que
Sidoine dans la préface de son 22e Poëme, adressée à Pon-
. ce Léonce, qui étoit de Bourdeaux, parle de Poléme,
sans le nommer, mais en le désignant par des caractères
not. p. 1271. qui le font assez connoîlre ; ' quoiqu'il se trouve des Sçavanls qui entendent autrement cet endroit. Poléme paroît avoir vécu au moins jusques vers l'an 485. S'il a laissé quelques écrits, comme il y a bien de l'apparence, il ne nous en reste rien aujourd'hui.
SA LVIEN,
PRÊTR E DE I." ÉG !. I SE DE -M A RSEILLE
HISTOIRE DE SA VIE
alvien dit clairemenl qu'il étoil né dans les Gaules; saiv.gub.i.6.n.i3. huais nous ne trouvons rien de bien précis, ni pour l'an- p-13»- I not.p.374.
née ni pour le lieu de sa naissance. Seulement la suite de sa vie fail voir, qu'il doit être né quelques années avant la (in du IV sieele : ' ce (pie M. de Tillemont rapporte à toi. 11. 1:. 1. 16. Tan 3U0. De même on peut tirer " de ses ouvrages qu'il E'slw.gnb.1. d.n. ('■toit ou de Cologne ou de Trêves, et d"une famille con- *3 y- 1i1',1,)lii0 ' sidérable. 11 avoit dans la première de ces deux Villes un proche parent d'une naissance distinguée, fils d'une mère veuve, illustre par sa foi, et par les autres vertus Chrétiennes dont elle faisoit profession. ' On ne sçait si ceux qui Bain. 22. juu. P. donnèrent le jour à Salvien, étoient eux-mêmes Chrétiens, Us. v'not '' ou s'il fut redevable à d'autres des lumières de l'Evangile.
Mais il est certain qu'avant son mariage il professoit le saiv. ep. 4. p. 199. Christianisme, et qu'y étant engagé il se distinguoit par sa pieté.
S'il n'étoit pas de Trêves, il paroît au moins qu'il y gub. u>id. p. 139fut élevé, ou qu'il y fit dans sa jeunesse une assez Ion- 144' gue résidence. Cette Ville où les écoles étoient encore célèbres à la fin du IV sieele, étoit propre à ses études, et à lui faire faire' les progrès qu'il fit dans les sciences hu- Genn.vit. iii.c.07. maines. Depuis, il se rendit aussi fort habile dans les sciences divines, comme on le voit assez par ses ouvrages.
Il se maria de bonne heure, ' et épousa Palladie fille saiv. ep. 4. p. 10-. dllypace et de Quiète, dont il eut au moins une fille nommée Auspiciole. Hypace étoit engagé dans les ténèbres du Paganisme, dont il sortit cependant dans la suite, pour suivre la lumière de l'Evangile. Peut-être Palladie étoit-elle d'abord Païenne elle-même, comme son père; mais elle eut depuis le bonheur d'embrasser la religion
\ SIECLE
de ,|. C. el de garder même la continence dan le mariage. Car Salvien ne se contentant pa9 d'être simplemenl Chrétien, voulut encore tendre à la perfection du Christianisme. Frappé sans doute de l'exemple admirable de S. Paulin el de Thérasie, qui depuis peu avoil fail tanl de bruit dans l'Eglise, el de celui de S. Eucher el de Galla. que Salvien avoil alors sous les yeux, il proposa à Pallaaie de les imiter, l'exhortant à embrasser comme eux la chasteté, el à renoncer même entieremenl au monde. Palladio eut houle de lui résister dans une chose si glorieuse, et eut moins de peine à le suivre, que de confusion de ce qu'elle ne l'avoit pas prévenu. Elle consentit donc à devenir la sœur de celui dont elle étoit l'épouse; et Salvien l'aima d'autant plus dans la suite, que J. C. se rendoit plus aimable en elle.
p, 198 ' Ce nouveau genre de vie des deux jeunes époux irrita
extrêmement Hypace , quoique déjà Chrétien , peutêtre par la considération que la continence qu'ils avoieiil
iiii. Lhid.p. i83. embrassée, tendoit à l'extinction de sa race. ' On ne sçauroit dire si ce fut pour se soustraire à sa colère, ou pour vivre dans la solitude , ou bien à cause des incursions des
Saiv. iimi. p. 198. barbares qui ravageoient les Gaules dès 407 ', que Salvien et Palladie s'en allèrent dans un païs fort éloigné d'Hypace. Us y furent près de sept ans entiers sans y recevoir une seule letre de lui, quoiqu'ils ne lui eussent donné
P. 197. -203. nul sujet de mécontentement. ' Salvien pour l'appaiser
lui écrivit, tant en son nom qu'au nom de sa femme et de sa fille , l'excellente letre que nous avons parmi ses ou-
Dupin, bib. t. 4. vrages, ' et qui passe pour la plus belle de celles qui nous
«Tm3'ibid. restent de cet Auteur. a Depuis ce temps-là l'histoire
ne nous apprend plus rien ni d'Hypace, ni de Quiète, ni de Palladie, ni même d'Auspiciole.
Il y a toute apparence que le païs éloigné où se reti-
Baiii.iMd.p.364. | ra Salvien, ' en quittant la Belgique, fut la Viennoise, qui
Saiv. Dot. p. 376. £tQ-t pjug florjssantej qUe nulle autre Province des Gaules, en hommes célèbres par leur vertu et par leur scavoir.
saiv.in ava.i.â.n. ' Il paroît y avoir embrassé la vie monastique, qu'il nom-
io.p.254. me ia phiiogopi^e de ]a religion Chrétienne; car il est vi-
sible qu'il se met du nombre de ceux qui suivoient cette
n.ii.i2. p. 255. profession. ' 11 n'est gueres moins clair par la véhémence avec laquelle il parle contre ceux qui, faisant une profession
25li
PRETRE DE L'EGLISE DE M \HSI.!M.I ,l'.i
particulière de pieté, ne laissent pas de conserver leur bien, ci par l'avantage qu'il expose j avoir à loul quitter pour Dieu, qu'il avoil donné lui-même aux pauvres qu'il possédoit. G'esl ce que semble confirmer la manière ep.i dont la Veuve sa parente s'adresse à lui, en lui recommandant son ûls dans sa misère. Elle a recours non aux richesses de Salvien; mais au crédit et au pouvoir qu'il avoitsur les gents de bien, et les personnes charitables.
Non- croïons avec Barrali que ce fut à Lérins, que Sal- unn. p vien embrassa la vie monastique. Quelque peine que té- nu. um. p. 746 moigne un Irès-habile homme à l'accorder, il nous parofl néanmoins que les deux laits suivants le supposent, et qu'il n'en faut pas davantage pour le persuader. 1 . 'Il est certain que Salvien avoit une connoissance très-par- au.de Hon. p. 20 ticuliere du monastère de Lérins, avant même que S. 2" Honorât en lut tiré pour remplir le Siège Episcopal d'Arles en 126. 2° Il n'est pas moins certain, que Salvien prit Ench.gTues.pr. p. soin d'instruire Salone et Véran fils de S. Euchei-, quifu- ~'"' rent élevés à Lérins dès l'âge de (.) à 10 ans, et qui paroissenl n'eu être point sortis que pour être faits Evèques. Nous pourrions ajouter ' que la letre de Salvien, écrite en fa- Saiv. ep. i. p. 193. veur du jeune homme son parent, fils de là veuve dont 1!'"' nous avons parlé, paroit visiWement écrite à une Sainte congrégation de vrais serviteurs de Dieu, desquels Salvien étoit aimé, avec lesquels il avoit eu des habitudes particulières, et même dont il avoit été membre : ce qui joint aux preuves précédentes, désigne manifestement les solitaires de Lérins. Il leur dit : cura meportionem vestri P. 195 existimetis , necesse esteum, qui meiportio est, vestri quoque aUquatenus portionem esse ducat is. Ainsi Salvien s'y sera retiré vers l'an 420 ou 421 , et y aura été chargé de l'instruction des enfants de S. Eucher, après que S. Honorât et S. Hilaire d'Arles eurent commencé à les former à la vertu. Ce fut dans celte solitude 'que Salvien fit une étroite liai- au. de Boa. u>id.| son avec ces deux derniers Evèques, avec S. Eucher de Euch' lljl'J' Lyon et tant d'autres personnes d'un mérite distingué.
Il quitta Lérins apparemment vers 426, ou 427, et alla s'établir à Marseille, où il fut ordonné Prêtre de Genn. iMd. eette Eglise, comme Gennade nous l'apprend. 'Il étoit aa. de Hon. iMd. revêtu de cette dignité, et déjà célèbre par son scavoir, lors qu'en 429 ou 430 S. Hilaire d'Arles faisoit l'oraison
\ s i i.ci.i:.
funèbre de S. Honorai son prédécesseur, dans laquelle il cite publiquement, el autorise par le témoignage des écrits du sainl el excellent Prêtre Salvien, les éloges qu'il
Euch. ibii. donne au S. Evèque. Quelques années après Salvien recul lui même les éloges de S. Eucher, qui le joignant à Vincent de Lérins par rapport à l'instruction, qu'ils avoient donnée à Salone, les qualifie l'un el l'autre des
Saiv.ep.2.p.i96. hommes aussi sages qu'éloquents. 'S. Eucher eut toujours pour Salvien beaucoup de respect, et lui écrivoit dans tou-
ep. s. p. M9. tes les occasions qui se présentaient. ' Aïant composé un livre pour l'instruction de ses deux ûls, il le lui envoïa
ep.2.8.p.i96.209. comme une marque de l'ancienne amitié qui étoit entreeux : el Salvien l en remercia par une letre pleine de tendresse, de reconnoissance et de respect. Ils s'y réjouit de ce que Salone' et Véran ses fils étoient déjà maîtres des Eglises ; et il témoigne espérer qu'aïant été ses disciples, ils seroientses intercesseurs auprès de Dieu.
ep i p. 19*. 'Salvien acquit par son mérite et par sa pieté, beaucoup
d'autorité parmi les Saints et les genls de bien de son temps. Il le reconnoit lui-même; mais avec une humilité qui n'est pas moins ingénieuse qu'édifiante. « Je ne le désce avoue pas, dit-il, pour ne me pas rendre ingrat de la gra-
p i95. « ce qu'ils me font. 'Mais en reconnoissant qu'ils me l'ac-
te cordent, je suis obligé de reconnoître aussi que je ne la « mérite point. S'il y a donc en moi quelque chose qui « plaise aux autres, cela ne vient point de moi. C'est un don « que j'ai reçu pour l'avantage des personnes' à qui je puis « être utile par ce moïen. Ainsi si je n'en faisois pas usage, « et que je voulusse le cacher, je craindrois de leur remet ser en cela une chose, qui leur appartient plus qu'à moi. » Mais il n'usoit de son crédit qu'avec beaucoup de moderation et de retenue, pour ne pas abuser de cette grâce. Nous ne connoissons point en détail toutes les autres actions de Salvien, durant le cours d'une vie qui fut très-
Genn. ibii longue. Seulement nous sçavons en général ' qu'il emploïa
une partie de son temps à travailler pour enrichir l'Eglise d'un grand nombre d'écrits, qui ne sont pas tous venus jusqu'à nous. Il s'occupa en particulier à composer quantité d'Homélies, ou instructions pastorales pour plusieurs Evoques, qui le consultoient comme leur oracle, et qui le regardoient comme un maître de la Théologie Chrétien ne.
V SIECLE
tienne. ' C'est pour cela plutôt que pour avoir instruit Sa- , „ ~~
,, . ' ... I i . ' ... I»u Pin, Lib. t. 4.
lone et Veran, qu il a mérite, quoiquiJ ne lut que Pie- p tre , de porter avec justice le titre de maître des Evéques. Gennade avoit dit que ces Homélies étoient laites pour des Evoques, Episcopis factas. 'Mais au lieu de ces paroles, saiv.not. p. sts.i les copistes ou par Inadvertance ou par bêtise ont mis dans [I',1,,1'1"; 'L'^- ' J'"quelques exemplaires, Episcopus foetus; et ce changement a été la source de l'erreur de ceux qui ont fait Salvien Evêque de Marseille; erreur qui s'est glissée jusques dans son ouvrage sur la Providence, à la tête duquel il est qualifié Evoque dans quelques éditions. ' Mais il est certain rai. ibid. p. 191 par la manière dont en parle Gennade, qui l'a le mieux 747' connu, qu'il ne l'a jamais été , et encore moins de Marseille que de tout autre endroit.
' Lorsque Gennade faisoit l'éloge de Salvien , il étoit Genn. ibid. encore vivant; mais dans une grande vieillesse. De sorte qu'à prendre les choses à la letre, il auroit vécu plus de cent ' ans ; puisque Gennade faisant mention de la mort e. 9*. du Pape Gélase dans le même ouvrage, il ne peut l'avoir écrit qu'en 490, qui est l'époque de cette mort. Mais nous ferons voir ailleurs qu'il y a des éditions et des manuscrits de cet Ecrivain , où l'article de Gélase , de Pomere , de S. Honorât de Marseille et de quelques autres ne se lisent point. C'est pourquoi on a lieu de croire qu'il pouvoit écrire plusieurs années auparavant. C'est ce que nous discuterons plus amplement à l'article de Gennade. Au reste, quand Salvien auroit vécu cent ans et davantage, il n'y auroit en cela rien de bien extraordinaire, et qui ne s'accordât avec Gennade même. 'M. du Saus- Tm.ibia.pi8i. say l'a mis au nombre des Saints dans son Martyrologe de 194' France, en lui assignant le 22e jour de Juillet, de quoi l'on ne voit pas qu'il ait eu de fondement particulier.
Une attention scrupuleuse à ne manquer à aucun devoir de l'amitié; un naturel bien-faisant et toujours prêt à faire plaisir; un désir ardent de rendre service à ses amis ; mais toujours accompagné d'une sage circonspection, pour ne pas importuner ceux qu'il emploïoit, faisoient le caractère principal du cœur de Salvien. ' 11 étoit per- Sair.ep.e.p.sw. suadé que bien que les gents d'honneur n'oublient pas leurs amis, nous devons néanmoins contribuer ce que nous pouvons de nôtre part à entretenir et augmenter