SON GENIE, SON ELOQUENCE, SON ERUDITION
Tin. h. E.t.ie.p. 'f< aint, Sidoine passoit presque sans contradiction , et 28°- © pour la plume la plus éloquente , et pour l'esprit le
plus judicieux et le plus élevé qui fût alors dans les Gausid. î. s. ep.6. P. les.' Nicet, l'un des meilleurs connoisseurs , et des plus 492- éloquents hommes de ce temps-la, ne pouvoit se lasser de
louer les ouvrages du Saint. Il ne faisoit pas même difficulté
EVÊQITE DE QLERMONT. 5W
v SIECLE.
eulié de dire, que dans an Age encore pou avancé, il suri assoit en plusieurs genres d'écrire la plus grande partie de ceux de son Age, el même beaucoup de vieillards. I a .■ u- i. .-,. »p. 17. tre ami do Sidoine relevoit ses vers avec desélogesi qu'Homère et Virgile auroienl à peine mérités;' et Tonance 1. 9. «p. 13. Ferréol homme de la première qualité dans los Gaules , ne craignoit point de le préférer à la plupart des P01 'De même Mamert Claudien sçavant Prêtre de l'Eglise pr.p. 1. 1 ci.M.da de Vienne, en lui adressant l'ouvrage qu'il avoit fait h sa prière, sur la nature do l'ame, le qualifie un homme très* docte, le premier pour l'art de bien parler, aussi bien que pour l'érudition , et le réparateur de l'éloquence des anciens. ' Gennade , après avoir loué la subtilité de son esprit Genn.vir.m.ci». et la purelé de sa doctrine, dit que ses ouvrages en vers ou en prose , nous montrent quelle étoit sa capacité dans les letres. ' S. Avite Evoque de Vienne, relevé avec îloge Avit- eP- 38les charmes de son éloquence, et cette abondance semblable à un fleuve, qu'il découvroit en lui.
'S. Sidoine a conservé la même réputation dans les sie- sa. rr-p- 3.5.7. clés postérieurs. Guibert de Gemblours , Helinard, Flodoard et Trithême le nomment le plus sçavant de tous les Prélats , un homme plein d'esprit , et d'une éloque ice aussi grande qu'élevée. ' S. Pierre le vénérable lui donne p- *■ les titres d'homme le plus docte de son siècle , de génie le plus pénétrant et le plus vif, et qualifie ses leires les plus élégantes et les plus polies , que l'on vit paroître alors. Pierre de Poitiers s'accorde avec Mamert Claudien , à nous le donner pour le restaurateur du style des anciens.
' De tous ceux qui se mêloient d'écrire en ce tem ;:s-là , Du Pin, m. t. 4. ajoute M. du Pin, il n'y en avoit point de plus habile dans p" G0J' les belles letres, ni qui écrivît plus élégamment, soit en prose soit en vers, que S. Sidoine. Ses écrits confirment ce jugement avantageux. Ils sont tous pleins d'esprit et de feu ; l'on y trouve des pensées curieuses , agréables , et bien tournées. Il y a une abondance et une varietj de discours qui surprennent, et qui charment. Il se sert de termes propres, significatifs, et extraordinaires; quoiqu'il en mêle quelquefois qui ne sont pas de la pure latinité. Il y a beaucoup de sel et de saillies. Son discours est vraiment épistolaire. c'est-à-dire concis, plaisant, plein de pointes et de pensées divertissantes et enjouées. Il ex- Tome //. G c c c
V si ECLE.
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celle dans 1rs descriptions et dans 1rs portraits, qui sont le principal ornemenl de ses écrits. Tel esl le Jugement
que 1rs autres ont fait de l'esprit, <lr l'érudition, et de l'éloquence de S. Sidoine.
sid. i. s. ep. 7. p. Pour lui il avoue qu'il avoitplusde facilité pour écrire, ]'•',% Bp |, que de capacité pour le bien (aire;" niais que s'il ne sçavoit pas faire de belles pièces, il étoit néanmoins capa- 1. 1. ep. i. p i. ble de juger de celles des autres.' Il convient que son style bien loin d'approcher de relui de Cicérôn, de Pline, i.8.ep.i6.p.555. de .Iule Titien, de Symmaque et de tant d'autres/ n'a ni élévation, ni éloquence , ni politesse , ni beauté ; qu'il est bas, sec , commun ; que l'on n'y trouve qu'une simplicité bourgeoise; mais que néanmoins il plaisoit à ses amis, ce qui étoit assez pour lui. Avec tout cela il ne laisse pas de donner à entendre, qu'il n'avoit point emploie d'exnu Ko, ibid. pression qui ne fût autorisée par quelque bon auteur : ' ce que l'on croit avec juste raison n'être pas absolument vrai. Sid. î. 7. ep. 6. p. Mais il a la justice' d'avouer encore que les plus élo- *95- quents de son siècle, ne l'étoient guéres en comparaison
de ceux de l'antiquité ; la véritable éloquence étant toutà-fait dégénérée, mi. ibid. p. 28i. C'est pourquoi ' il pou voit y avoir des personnes , comme il y en avoit effectivement, qui accoutumées à une éloquence plus pure et plus naturelle, trouvoient bien des défauts dans ce que l'on estimoit le plus en ce temps-là, p. 280. et dans les écrits de S. Sidoine même , ' comme il le recon-
p. 28i. noît en plusieurs endroits. ' Il pouvoit avoir autant de gé-
nie que les plus excellents Poètes et Orateurs : mais le goût de son siècle étoit bien au-dessous de celui des anciens ; et assurément il seroit difficile de justifier , que ses écrits ne se ressentent pas de ce mauvais goût , encore plus qu'aucun des autres Ecrivains de ce temps-là. Gyr. poe. diai. r». 'On y trouve un certain jargon gaulois et barbare, qui » vSte derat.die. ^es défigure beaucoup. a L'auteur s'y sert de mots hors i. 3. câp. depoet. d'usage, d'autres inventés de nouveau. Sa diction est du-
re, ses phrases obscures ; en un mot sa prose est msuppor-
Tiii. ibid. i du Pin, table. ' Il est absolument trop plein d'antithèses, de fi-
lbld- gures, de jeux de mots, et trop hardi dans ses expressions,
ses métaphores , ses comparaisons. Il donne un tour trop
forcé et trop subtil à ses pensées , et pèche , pour ainsi
Menag. t.i.p.385. dire, par trop d'esprit. ' C'est ce qui a fait dire à quel-
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