‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 307 sur 384 · V SIM M · texte numérisé non relu

V SIM M

ques-uns, qui B*en expliquent en sortant du respect qu'ils "

doivent à on Evoque aussi respectable, que l'on ne peut disconvenir que S. Sidoine n'eût de l'érudition ; mais que l'on doit convenir aussi qu'il écrivoit en fanatique, el que son style est extravagant. Et il ne faut pas dire, ajoutent-ils, que c'étoit le vice du siècle; puisque Cassien, S. Prosper, Vincent de Lerins, Mamerl Glaudien, S. Eucher, Sal- \ nu c! autres n'ont point donné dans ce style.

D'ailleurs' cette trop grande smbtililé jointe à une pro- DuPin,ibid. irai. fonde érudition , le rend quelquefois obscur et difficile lbld" à entendre. S. Rurice qui ne manquoit ni d'esprit ni d'érudition pour en juger, ni d'affection et d'estime pour S. Sidoine, ' a remarqua lui-même cette obscurité de ses Rur. 1. 2. op. ». ouvrages. ' Pétrarque dit aussi que souvent il n'y trouvoit su. pr. p. c. rien de beau, parce qu'il ne les entendoit pas. En effet on ne seroit pas éloigné de juger, que S. Sidoine a presque fait consister son éloquence à se rendre intelligible à peu de personnes.

' Comme cette obscurité est plus ordinaire à la poésie , rai. 111.1. pour laquelle il faut beaucoup de vif et de feu, ce qui paroit avoit été le caractère naturel de Sidoine, 'il passe pour Dnd|Gyr.ibid|Vir. avoir mieux réussi dans ses vers que dans sa prose. ' On ju- uâd. ge néanmoins qu'aïant beaucoup de facilité pour faire des vers, il ne se donnoit pas assez de soin de les polir et de les perfectionner. ' Il y l'ait même paroître de l'éloquen- Jug. <iesSav. po.;. ce poétique, mais c'est de celle de son siècle, qui dégé- p' v néroit déjà beaucoup de l'ancienne , par l'affectation dont il usoit dans les allusions sur les mots, et dans les rencontres des noms qui avoient de la ressemblance. Au jugement de Jules Scaliger, S. Sidoine est un écrivain exact, plein de mots choisis et de pensées fines, qu'il renferme dans un style concis. Mais aussi selon le P. Rapin, il est tombé dans l'impropriété en affectant de la grandeur d'expression, sans avoir pourtant le génie de la poésie; et suivant le P. Briet et M. Borrichius ' il fait souvent des P. 52-2. fautes de Prosodie.

V SIECLE

ÉDITIONS DE SES ŒUVRES

Bîb, eu. Ben. ' t a première édition des œuvres de S. Sidoine parut l-i en un volume in folio sans préface, ni commentaire, ni aucunes notes. Le volume est aussi destitué de toute marque propre à nous en faire connoître ou l'Imprimeur, ou le li ii de l'impression. On n'y trouve non plus aucune date; mais !(• caractères et le papier font voir assez clairement, que celte édition a suivi de près l'invention de l'imprime-

...Maj. mon. rie. ' En 1498 Jean-Baptiste Pius en donna une édition avec des commentaires de sa façon, laquelle parut à Milan en

Miss. Cen. un volume in folio. ' Cette même édition reparut ensuite

à Basle chez Henri Pétri, l'an 1542 avec les mômes com-

...mon. siiv. mentaires, en un volume in 4°. ' Elie Yinet en prépara une autre édition, qu'il publia à Lyon chez Jean de Tournes en un volume in 8° l'an 1552. Il marque à la fin que dans le manuscrit de Saintes dont il s'étoit servi, il y avoit d'autres poésies à la suite de celles de S. Sidoine, comme si elles eussent été du même auteur. Mais, quoiqu'il ne jugeai pas qu'elles en fussent, non plus que les Sçavants qui sont venus après lui ne l'ont pas jugé, il n'a pas laissé de les faire imprimer avec celles de S. Sidoine.

Syii.poë. chr. ' Sebastien Henri Pétri imprima encore à Basle Tan 1597,

Bib. u. prœd. Cen. les œuvres de S. Sidoine en un volume in 8°. ' L'édition qu'en donna Jean de Wouwer en fut faite sur les anciens imprimés. On la mit au jour l'an 1598 en un volume in 8°, avec les notes de l'éditeur, et celles de Pierre Colvius. Elle sortit des presses de Jean Pilchotte Imprimeur à Lyon ; mais elle fut débitée à Paris chez Ambroise Drouart.

Fab.bib.iat.p.207. ' Georges ou plutôt Gevehart Elmenhorstius fit réimprimer les écrits de S. Sidoine, avec les mêmes notes et en mê-

Le Long, bib. hut. me volume en 1617 à Francfort. ' Le P. le Long marque

»Cavej).292 1 Bib. ce^e édition comme faite à Heidelberg. a D'autres la met-

Bai. p. 643. tent à Hanaw. Est-ce qu'elle auroit paru en trois endroits différents la même année ?

Bib. s. vin. cen. ' En 1598, et non pas 1599, comme on le trouve en divers auteurs, Jean Savaron aïant revu sur quelques manuscrits les œuvres de S. Sidoine, les donna au public

EVÊQ1 E DE CLERMONT. 573

V SIECLE

avec les petites poésies étranj lonl qous avons pnr-

lé pins haut. Cette édition qui est sans noies, ' et que M. Pab. ba>. ut. p.

Fabricius paroît confondre avec celle de 1609 in 4% " pa- %>. s.vn. cm.

rut à Paris chez Adrien Perier en un volume in 8°, à la tète duquel Savaron a mis la vie de l'auteur tirée de ses propres écrits, pour la plus grande partie. Mais cet éditeur s'étant apperçu sans doute (pie Ton ne pouvoit lire avec plaisir et avec fruit un texte aussi obscur qu'est celui do S. Sidoine, s'il n'étoit accompagné de bonnes notes, il travailla à procurer cet avantage au public; ' et en 1609 il fit lui. paroitre sa belle édition avec de sçavants commentaires en un volume in 4°, imprimé au même endroit et chez le môme imprimeur. L'édition de Savaron, quelque estimée qu'elle fût, n'empêcha pas néanmoins' que le P. Sir- ibid. Fab.bib.p. mond n'en donnât une autre avec de nouvelles notes. "°7 ' BlbM,sCeu- Celle-ci fut faite à Paris dès 1614, ' et renouvcllée avec b&.s. s«g. And. de plus amples notes, chez Sébastien et Gabriel Cramoisy au même endroit l'an 1652, en un volume in 4°; 'puis Sir.op.t.i.p.837insérée dans la collection des ouvrages du P. Sirmond, im- 1310primés en 1696, ' et auparavant dans la Bibliothèque des uib. pp. t. g. p. Pères de Lyon. t07T- îi35-

'M. Du Pin et d'autres estiment beaucoup les notes de dd Pin, ba>.t.4.p. Savaron sur S. Sidoine, et encore plus celles du P. Sir- pol1 Pug522SSaT' mond, quoiqu'ils avouent que ces dernières n'ont pas rendu les autres inutiles, et qu'il est bon d'avoir les unes et les autres. On ne peut cependant s'empêcher de dire que celles de Savaron sont moins lumineuses que sçavantes. Cet éditeur en effet s'y est plus appliqué à étaler son érudition, qu'à éclaircir le texte de son auteur : ce que le P. Sirmond n'a pas négligé, comme étant la chose la plus nécessaire dans les éditions des ouvrages des anciens. (XXVI.)

\ SI li I I

Page 1