‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 308 sur 384 · CONTEMPORAINS DE S. SIDOINE · texte numérisé non relu

CONTEMPORAINS DE S. SIDOINE

DES Q i i: L s ( ) N s Ç A I T P E V 1) E CHOSES.

ors avons déjà observé, que tout ce qui s'est passé dans nos Gaules touchant les lefres on ces temps éloignés, nous doit être précieux, et mérite de n'être pas omis dans un ouvrage de literature. C'est ce qui nous porto à recueillir ici sous un même tilre divers hommes de letrcs, sur lesquels l'antiquité ne nous fournit pas une matière suffisante, pour leur donner des titres particuliers. Quoique l'on ne sçache que peu de choses de leur histoire, ils n'en méritent pas moins d'être connus. Ce nous est même un nouveau motif d'en parler, afin de ne pas laisser perdre le peu que l'on en sçait. D'ailleurs ils ont fait comme les autres, dont on a des éloges entiers, l'honneur et l'ornement de leur païs.

sid. s. car. 9. v. Le premier qui se présente à nôtre plume, ' est un célèbre poète nommé Quintien. Il étoit de Ligurie; mais il quitta ensuite son païs, et se relira dans nos Gaules, où il paroît avoir fini ses jours. Il y suivit l'armée du Général Aëce, sans que le tumulte et le bruit des armes fussent capables d'interrompre ses études. Durant même qu'il étoit ainsi à la suite de l'armée, il fit jusqu'à trois fois le panégyrique de ce Général, et mérita autant de fois les honneurs publics, que l'on rendoit aux plus célèbres Poètes en ces occasions. Quintien avoit pour la poésie un génie tout de feu, ce que S. Sidoine exprime en le qualifiant un génie foudroïant. Il vivoit encore, ce semble, lorsque cet auteur parloit ainsi de lui avant l'an 471.

1. 1. ep.7.p.856. Vers le même temps ' Thaumaste faisoit un des principaux ornements de nos Gaules, joignant à une grande éloquence une profonde érudition. En 468 il fut député à Rome, avec l'illustre Tonance Ferréol et Pétrone, de la part des Gaules, afin de poursuivre l'affaire d'Arvande accusé du

i.5.ep.7.p.974. i crime de Leze-Majesté et de Péculat. ' Thaumaste avoit

Car. 24. v. 84-89.

Dl VEH S HOMMES DE LETRES

un frère beaucoup plus jeune que lui, nommé Apollinaire. S. Sidoine leur par* nt, et de même âge que le j lus j une des deux frères, aimoit c lui-ci comme son frère propre, rt honoroit l'autre, comme s'il eût été son oncle. Lorsqu'il

eut recueilli -■ - ies i n un corps d'ouvrage, il voulut

que les deux frères fussent des premiers qui en eussent

communication. Il semble qu'ils Gssent alors leur dem lire

à Tricastin, aujourd'hui S. Paul trois Châteaux: au moins

nous ne connoissons point de lieu qui approche le plus

' de l'expression de S. Sidoine, Exin tende gradum, tribusque <•*>

Villis Thaumastum expete. 11 y a plusieurs letres du m»

Auteur adr à Thaumaste et à Apollinaire. - ?. i.

le qui s'adresse à Thaumaste, est sur-tout remarquable

pour le portrait qu'elle contient des Bourguignons, qui

dominoient dans Lyon.

Après le milieu de ce siècle, ' il y avoit dans la même Bp.iT.p.990. 1 not. Ville un Avocat nommé Philémace, * qui passoit pour une \'v source inépuisable d'éloquence. 11 avoit autant de politesse que de feu et de vivacité; ' mais il étoit encore plus P. 990. recommandable pour la probité dont il faisoit profession.

Après qu'il eut été Ass sseur d'un Vicaire, on lui offrit 1.1. ep 3. p. st.-,. la charge d'Assesseur d'un Préfet, apparemment des Gaules. Ce fut pour l'exhorter à accepter cette Charge, que S. Sidoine lui écrivit la 3' letre de son premier livre. ' Phi- i.5.ep.i7.p.99o. lémace avoit un gendre homme de letres et de mérite, qui étoit aussi de Lvon et ami de Sidoine comme son beau-pere. Ce gendre se nommoit Eriphe , et demeuroit tantôt à la Ville tantôt à la campagne . où il prenoit quelquefois le divertissement de la chasse. Mais cette occupation ne l'empèchoit pas de donner du temps à l'étude qui faisoit ses délices. Il aimoit particulièrement les écrits de S. Sidoine, qui dans une assez longue letre ' lui adresse un p. 991. 992. quairain qu'il avoit fait en faveur de Philémace, à qui il donne le titre d'Illustre. ' Le même S. Sidoine composa une 1. 2. ep. s. p.890. Epitaphe que nous avons encore, pour orner le tombeau 891' d'une nommée Philematie , ou Filimatie , qui étoit une Dame illustre par toutes sortes de belles qualités. Mais il ne paraît pas autrement qu'elle fût de la famille de Philémace dont nous parlons.

Cette Epitaphe nous fait connoître un autre homme de letres, à qui elle est adressée. C'est Désiré, qui paroît

v siècle 57° DIVERS HOMMES

s'être mêlé lui-même de faire aussi des vers. S. Sidoine en la lui adressant, lui dit que si cil*' peut avoir son approbation, un Libraire en sçaura (aire usage pour la joindre à srr.in.sid.p.ias. ses ;>ufivs poésies. ' Savarou prétend «pic Désiré étoit un Sénateur de Clermont en Auvergne, et qu'il est un des ancêtres du S. Evêque de même nom, qui gouverna cette Eglise après S. Avile. Il y a bien de l'apparence qu'il est Sir.in.Sid.p.iiii, aussi le même, ' à qui Sévérien adressa vers le même temps un traité Je rhétorique.

Nous sommes redevables à S. Sidoine, de la connoissance que nous avons de ces hommes de letres. C'est encore lui qui nous aprend ce que nous allons rapporter de quel- Sid.s.i.i.ep.ii. ques autres, qui ctoient ses contemporains. ' Il parle d'un p' 867" Montius comme d'un homme des plus éloquents de son

siècle. Ce Montius étoit de la province des Séquanois; et c'est à lui que S. Sidoine adresse l'histoire de la prétendue salyre contre Peone, qui lit tant de bruit en son temps. i.7.eP.i4.p.io42. ' Philagre, ami particulier du même S. Sidoine, qui lui S)r. iiot. p. 9i4. écrit la 14e letre de son 7e livre, pouvoit descendre ' du Patrice Philagre, dont l'Empereur A vite et le Consul Masid. ibid. gnus éloient issus. ' S. Sidoine nous représente son ami, com-

P. 1044. me un homme versé dans toute sorte d'érudition, ' et qui

avoit beaucoup de belles qualités qui le rendoient aimable. Mais S. Sidoine l'aimoit sur-tout pour la régularité de ses mœurs , qui étoient assez semblables aux siennes. car. 24. v 93.94. ' Philagre avoit une bonne Bibliothèque, a et faisoit ses plus »i.7.ep.u.p.io44. cjiereg délices de l'étude, et de la compagnie des gents de i.8.ep.5.p.ios7. lelres. ' S. Sidoine adresse encore une de ses letres à un Fortunal, homme de sçavoir, pour louer son éloquence, et faire passer son nom à la postérité. Il le qualifie un illustre ornement de l'Espagne, d'où il semble qu'il étoit sorti pour se retirer dans les Gaules. Entre les louanges que lui donne S. Sidoine, qui avoit lié amitié avec lui, il dit qu'il avoit soutenu de grandes afflictions avec beaucoup de constance, s. eP. 6. p. 1057. Nammace, ou Namace, ' autre ami de S. Sidoine, à qui il écrivoit quelquefois, étoit un Seigneur de Saintonge, qui avoit une terre dans l'Isle d'Oleron. Son occupation la plus ordinaire étoit la chasse, et quelquefois l'agriculture. C'est pourquoi S. Sidoine lui conseille la lecp .1065. ture de Yitruve et de Columelle. ' Mais il ne laissoit pas

de

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