DE LETRES
i kci.i:
de donner quelque temps à Pétude des sciences', el d'amasser de bons livres. S. Sidoine lui envoïa en une occasion Varroo et la chronique d'Eusebe, que Nammace lui avoit demandé. On trouve vers la lin <!<• ce siècle un Nu- ru.i. î. cp.*. mace, dont la fille épousa le fils de S. Rurice Evèque Limoges ; et nous ne voïons rien qui empêche que ce ne soit le même dont nous parlons. ' Mégethe Evêque dans les sid. s.i.7.ep.3.p. Gaules avoit aussi d'étroites liaisons avec S. Sidoine. C'étoit un Prélat éloquent , vénérable pour sa vertu , et d'un examen d'autant plus sévère., qu'il avoit plus de lumière et de sçavoir. ' 11 y a un Evéque de ce nom parmi ceux qui Conc.t.4. assistèrent au Concile d'Arles vers 47o ; mais on ne sçauroit assurer que c'est le même. On n'a point non plus de bonnes preuves pour le faire Evêque de Bellai, comme quelques-uns voudroient. Quoi qu'il en soit, ' Mégethe Sid.ibid: aïant demandé à S. Sidoine ce que celui-ci nomme ses Contestat'umadas , et que nous croïons être des Préfaces pour différentes Messes, suivant l'usage de ce temps-là, S. Sidoine les lui envoïa, en faisant beaucoup valoir son obéissance en cette occasion. Car il lui témoigne dans la letre qu'il y joignit, que c'étoit jelter de l'eau dans la mer, et porter du bois dans les forêts, que d'envoïer ainsi des écrits à une personne qui étoit encore plus capable d'en faire que lui-même.
Voici deux célèbres Avocats encore fort connus de S. Sidoine, quoiqu'il ne nous ait laissé que peu de traits de leur mérite. Ils soûtenoient l'un et l'autre une grande érudition par un plus grand amour pour la justice. ' L'un se i.î4.«-g.
• K, tt. ° i. ri mi car. 23. v. 464-474.
nommoit Marcellin , et etoit 1 une de ces personnes illustres que Sidoine se faisoit honneur de visiter à Narbone, durant le séjour qu'il y fit avant son Episcopat. Marcellin possedoit à fond la science des Loix, et avoit un si parfait attachement pour la vérité, que rien au monde n'étoit capable de la lui faire, non pas violer , mais même légèrement blesser. C'est ce qui le faisoit passer pour un homme extrêmement sévère aux yeux de ceux qui ne le connoissoient pas. Mais ceux qui l'avoient pratiqué, sçavoient lui rendre la justice qu'il méritoit. ' L'autre Avo- i.s.ep.io.p.9i9. cat se nommoit Tétrade, et paroît avoir été de la Ville d'Arles. C'étoit un homme d'un excellent conseil ; et l'on trouvoit en lui une source très-pure d'érudition. ' La pure- car. ». r. *o-83. Tome II. D d d d
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lé de ses mœurs et son équité le mettoienl au rang de ceux qui faisoient l'ornement des genls de bien de son siècle.
ECDICE,
l est peu de personnes qui aient plus contribué au progrès des letres dans leur pais, que le fit Ecdice , dont sid.s.i.3.ep.3.p. nous entreprenons l'éloge. ' Il naquit en Auvergne, et peulï'î". ep.ig.p.988. être à Clermonl même, d'une famille très-distinguée. ' Il
eut pour sœur Papianille, qui épousa saint Sidoine de- Tui. h. c.t.iG.p. puis Evoque de Clermont. ' Mais on croit qu'il n'en étoit frère que du côté de leur mère, qui auroit eu Papianille de ses secondes noces avec Avite, qui fut Empereur dans sir. in sid.. p. 875. la suite. ' Le P. Sirmond prétend néanmoins qu'Ecdice et 911 ' Agricole son frère, étoient réellement fils d' Avite. Quoi-
s..i. i. 3. ep.3.p. qu'il en soit,' Ecdice fut presque le seul de son siècle, dont la naissance eût été désirée de sa Patrie, avant qu'il vint au monde, et qui lui eût donné de la joie, après que sa mère l'eut enfanté. Si-tôt qu'il fut en âge, on vit en quelque sorte se réunir de toutes parts à Clermont tous les genres de sciences, pour concourir à son instruction. Ce fut sur-tout par ce moïen, et par les soins qu'il y apporta lui-même dans la suite, que la noblesse du pais quittant le jargon de la langue Celtique, s'habitua à parler le langage des Orateurs et celui des Muses. not. p. 8-0. nu. ' Ecdice fut d'abord Comte et Colonel, ou Général des Armées Romaines dans les Gaules. En cette qualité sid. P. 9i2. 913, ' il défendit avec beaucoup de courage la Ville de Clermont contre les attaques des Visigots, qu'il chassa de l'Auvergne, avec d'autant plus de valeur qu'il étoit accompagné de moins de troupes. Ce fut sans doute en cette ocp- 912. easion ' que tout le monde témoigna lui avoir l'obliga-
tion de ce qu'il avoit empêché que ceux qu'il souhaitoit ardemment d'entendre parler le pur laiin, ne devinssent barbares, en éloignant d'eux la domination des étrangers.
i.:..eo. ifi.p.o-o. Cette action jointe aux autres ' services qu'Ecdice avoit
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rendus aux Romains, lui mérita la dignité de Patrice, la pins honorable pour un particulier après le Consulat. 11 y lut élevé en 174, lors qu'il étoit encore en un âge p. ses.
peu avancé. Antheme lui avoit promis cette dignité, m mais la mort de cel Emp« peur aïant prévenu l'exécution de son dessein, Jule Nepos son successeur acquitta sa promi sse.
Vers ce même temps Ecdice fit un voïage à la Cour des Rois de Bourgogne, dont il paroit qu'il étoit fort aimé. ' S. Sidoine alors Evoque de Clermont, qui sçavoit i.s.ep.s.p.MJ. combien sa présence ('toit nécessaire dans l'Auvergne, toujours menacée des ravages des Visigots, lui écrivit pour l'exhorter à n'être pas long-temps à cette Cour, parce qu'il n>st jamais bon de se familiariser avec les Princes. Peut-être les Auvergnats altendoient-ils encore alors,' comme en une autre occasion sous Antheme, la t.i.eg.î.^v». présence d'Ecdice, ou pour se défendre des Visigots , ou pour se rendre à eux. Mais cela n'empêcha pas' qu'Eu- jom. ror. Got c. rie Roi de cette nation, ne se rendit maître de Clermont ' p" avant la lin du règne de Nepos, c'est-à-dire avant le 28 d'Août 475. Ecdice volant ce malheur, aima mieux s'en aller en Italie, où Nepos l'appelloit, que de voir plus long-temps son pais sous cette nouvelle domination. L'on ne sçait point ce qu'il devint dans la suite.
'Nous avons deux letres que S. Sidoine lui adresse; la sw.i.'.ep.i \i.s. première du second livre, dans laquelle il lui trace une ep' p' description des ravages des Visigots ; et la 3e du 3e livre, dans laquelle il nous a laissé un éloge pompeux de la personne ' et du mérite d'Ecdice.' Le même S. Sidoine en i.i.ep.si 12. ep. adresse deux autres à Agricole frère d'Ecdice : la première, aù^â». où il lui fait un portrait fort détaillé et fort agréable de Théodoric le jeune, roi des Visigots; et l'autre, pour s'excuser d'aller en un endroit où Agricole Tinvitoit. ' S. Gr. T.'hb.i.s! n. Grégoire de Tours parle d'Ecdice et relevé beaucoup les libéralités qu'il fit aux pauvres durant une grande famine.
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