‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 310 sur 384 · PU A G M A CE · texte numérisé non relu

PU A G M A CE

Assesseur d'un P b é f e t des G a in, e s. Sid.s. i.s. ep. io. , r\RAGMACE que S. Sidoine qualifie un homme illus-

B ire, fleurissent au même temps que Je célèbre Sapaude, dont nous avons déjà parlé. Ils passoient l'un et l'autre pour les deux plus grands ornements de la literalure p. 98?. dans nos Gaules; ' Entre plusieurs autres belles qualités,

Pragmace cullivoit les letres avec soin, et leur faisoit beaucoup d'honneur, tant par son érudition que par son éloquence. Lorsqu'il parloit en public , il s'en acquitoit si doctement et avec tant de grâce, qu'il s'attiroit les applaudissements de tous ses auditeurs. Ce fut sur-tout ce rare talent qui lui procura l'honneur d'entrer dans une

ibid. fcar.8. v.i. maison Patricienne; ' puisqu'il porta Prisque Valérien, autre homme d'érudition, parent de l'Empereur Avite,

i.5.ep.io.p.982. et allié de S. Sidoine, ' à donner à Pragmace sa fille en mariage.

ibid. ' Ce n'est pas que Pragmace ne méritât par bien d'au-

tres endroits, l'honneur que lui fit Valérien par cette alliance. Car sans parler ni de ses biens, ni de sa naissance, il étoit alors à la fleur de son âge, fort bien fait de sa personne, et joignoit à tout cela des mœurs très-chastes. Mais il n'auroit souffert qu'avec peine qu'on lui eût fait un mérite de sa bonne mine, aïant plus que suffisamment de quoi plaire par la beauté de son génie. Et en effet, remarque judicieusement S. Sidoine, un homme de bien n'a point de plus grand mérite que l'intégrité de ses mœurs; les plus belles qualités du corps ne faisant que passer et se flétrir avec le temps.

lbid> ' Depuis, Valérien étant devenu Préfet des Gaules, et

voulant confirmer le jugement qu'il avoit porté du mérite de Pragmace, en s'a! liant avec lui en vûë de son sçavoir, le choisit encore pour en faire son assesseur.

i,ij. ' L'amour que Pragmace avoit pour les letres, s'étendoit

jusqu'à ceux qui en faisoient profession. Ce fut pour cette considération qu'il s'unit par une amitié très-étroite avec

PRAGMACE, ASSES. D'UN PRÉF. DESGAUL. 581

V Ml.i.l I.

Sapaude, l'un des hommes le plus éloquent de son siècle. On jugeroil par-là que Pragmace n'était pas extrt ment éloigné de Vienne, qui étoil la pairie de Sapaude,

où il enseignoif lès belles letrcs. ' S. Sidoine rend ce lé- p. M3. moignage glorieux à la mémoire de l'un et de l'autre, que dans un temps où les Gaulois négligeoient l'étude, ils étoient les seuls qui la cultivassent avec plus de succès et plus d'honneur, et en qui l'on vit quelques traces de l'érudition et de l'exactitude des anciens. Il ne nous reste plus néanmoins aucun monument du sçavoir de ces deux grands hommes.

' Il y avoit en ce même siècle dans les Gaules un Eve- i.G.cp. s. p. 99s. que, qui se nommoit Pragmace, et à qui S. Sidoine adresse une de ses letres. Mais il n'y a nulle apparence que ce soit celui qui fait le sujet de cet article. Il y en a beaucoup au contraire' pour croire avec Baronius et Savaron, que cet Gaii. ehr.vet.t.1. E\ èque est le même que S. Pragmace Evêque d'Autun , p" qui assista au Concile d'Epaune en 517, ' quoique le P. Sir- sir. in sid.p.998. mond tâche de réfuter ce sentiment.

Jurisconsulte.

Pétrone célèbre dans les écrits de S. Sidoine, comme sa.s.i.i.ep.7|i.8. tant d'autres sçavants dont nous avons parlé, por- cP16-p-857i,KS7toit le titre d'Illustre, soit par le droit de sa naissance, soit par les bien-faits du Prince. ' Savaron prétend qu'il Say.isSjd.ep.pj». étoit de* la famille de Pétrone Evêque de Boulogne en Italie. Suivant cette opinion il seroit descendu ' de Sextus Genn.vir.ni.c4i 1 Anicius Petronius Probus Préfet du Prétoire, qui fut Bu'hp ' 5" Consul avec l'Empereur Arcade l'an 406? et qui avoit la réputation d'un homme très-éloquent et très-instruit dans les sciences profanes, et même Ecclésiastiques, puisqu'il a écrit un traité sur l'ordination d'un Evêque.' Mais ce Sym.1.9. ep.45. Petronius Probus étoit de Rimini , selon le témoignage de Symmaque. Au contraire Pétrone, dont nous entreprenons de parler, ' étoit Gaulois, et de la Ville d'Ar- sid.s. 1. î.ep.T.p.

V SM'.CLK.

„•„; | ,„„ ,, H.,(- les, où il exerça d'abord remploi d'Avocat et de Ju- •"sii- S . & riscoiisnlic. Ainsi il est plus croïable qu'il descendoit- do iMs'iTiu.a'.E.t.' Pétrone, Préfet du Prétoire ^^ Gaules au commencement '•'■ <'°"' de ce V siècle, qui paroll avoir été fort zélé pour l'honneur

de la Ville d'Arles, comme étant, ce semble, sa Patrie. Car il avoit travaillé a ce que depuis le 13" d'Août jusqu'au 13* de Septembre, on y tiendroit l'assemblée des sepl Provinces des Gaules. On a vu ailleurs que par ces sepl Provinces on entendoit la Viennoise, les deux Narbonoises, et les Alpes Maritimes, qui est la Province d'Embrun; ce qu'ITonorius et Théodose le jeune ordonnèrent en 418, conformément au projet de Pétrone.

Sid.s.u.ep.ï.i.2. Quoiqu'il en soit, ' Pétrone l'Avocat étoit très-habile «p^s. î. s. p. i. p. (jans jes }etrcSi ct faisoit en son temps un des plus grands

ornements des Gaules. 11 étoit homme d'excellent conseil, et joignoit la belle éloquence à la science des loix.

p. 856. sr,7. ' Tant de rares talents ' portèrent les Gaulois à députer Pétrone avec Thaumaste et Tonance Fcrréol en 4G8, pour aller à Home poursuivre la fameuse affaire d'Arvande , dont nous avons déjà parlé plus d'une fois. Ce fut peut- , (tre en cette occasion que Sidoine, qui étoit alors aussi à Rome, lia avec Pétrone l'étroite amitié qu'il lui conserva toujours dans la suite.

Quelques années après, étant pour lors Evêque de Cler-

P. 8ss. 969. mont, et Pétrone de retour à Arles, ' il lui écrivit à différen-

tes fois pour lui recommander ceux de son païs, qui avoient des affaires devant le Préfet du Prétoire. Comme Pétrone faisoit ses délices de la lecture des écrits de S. Sidoine, dont quelques-uns avoient déjà vu le jour, le Saint se servit d'une de ces occasions pour lui en envoïer quelques autres que Pétrone n'avoit pas encore vus. Il les accompagna d'une letre , dans laquelle il lui fait compliment sur ce qu'étant un homme de sçavoir, et versé dans les plus grandes connoissances, il ne laissoit pas néanmoins de ne rien négliger pour s'instruire des plus petites choses. Il le félicite de ce qu'il acqueroit beaucoup d'honneur, et qu'il faisoit paroître toute la beauté de son esprit, en

î. 3. pp. i. p. 1051. favorisant les productions de celui des autres. ' En effet Pétrone avoit pour maxime de faire valoir les talents de ses amis, et de leur procurer tout l'honneur possible. C'est pourquoi S. Sidoine disoit de lui, qu'il méritoit les éloges de tous les gents de bien.

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