‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 312 sur 384 · LOUP · texte numérisé non relu

LOUP

Poète et Rhéteur.

n vit revivre en la personne de Loup les Drépanes, sid. s.L«.«p. u.

les Alcimes , les Paulins , les Anthédius , ces cèle- p' 10,2' bres Poètes et Rhéteurs dont nous avons parlé en leurs lieux, tant sur ce V siècle que sur le précédent. Loup étoit né à Périgueux, et marié à Agen. C'est le sens naturel que présente le texte de S. Sidoine; ' quoique Savaron l'en- s*r. m. siu. eP.P. tende d'une manière différente , prenant Agen pour la patrie de Loup , et Périgueux pour celle de sa femme. 'Ces deux Villes avoient tant d'estime pour Loup, qu'el- Sid.s.iWd.p.1072. les se disputoient à l'envi la gloire de le pouvoir compter au nombre de leurs compatriotes. S. Sidoine son ami et dès-lors Evêque de Clermont , lui fait un mérite , et le félicite de cette pieuse émulation, comme il la qualifie lai-même. Mais il le juge encore plus heureux de ce que ces deux Villes souhaitoient avec ardeur de le posséder , et s'efforçoient de le retenir le plus long-temps qu'il leur étoit possible. Loup de son côté voulant satisfaire leur empressement mutuel, se prêtoit tantôt à l'une tantôt à l'autre , ' et paroit avoir donné des leçons de rhétorique en p. 1073. 1073. l'un et l'autre endroit. Lorsque ceux d'Agen joiiissoient

V SIECLE

584 Lu U P

de sa présence, ils croïoient revoir parmi eux ou Drépane ou Alcime; et quand ceux de rérigueux [e bossédoient, ils oublioient qu'ils avoient perdu et Anthedius

et Paulin.

ibid. 'Cet endroit où S. Sidoine compare Loup à ces quatre

sçavants hommes qui l'avoient précédé , ne permet presque pas de douter qu'il ne fût aussi bon Poëtei que célèbre Rhéteur. 11 est au moins vrai que ceux qu'il avoil la réputation de remplaeer , avoient exeellé dans la poésie comme dans la rhétorique.

p. io7;i. 'Loup avoit une nombreuse Bibliothèque, et une ar-

deur infatigable pour la lecture. Entre les autres sciences qui faisoient ses occupations ordinaires, il s'appliquoit beaucoup aux Mathématiques , dont il tàehoit de péné-

p. 1079 1 car. 2-2. trer ce qu'elles ont de plus sublime et de plus profond. ' 11

p' i"m' faisoit une étude particulière des écrits de Julianus Ver-

tacus, de Fullonius Saturninus , et de Thrasybule , qui passoient alors pour les plus fameux Mathématiciens.

p. îoso. 'Comme il étoit lié d'amitié avec S. Sidoine, il étoit

entré aussi en commerce de letres avec lui. Ils s'écri voient mutuellement l'un à l'autre ce qu'ils sçavoient de plus in-

p. 1073.1075. teressant. ' Loup aïant demandé en une occasion à S. Sidoine quelques-unes de ses anciennes pièces de poésies , celui-ci lui envoïa un Poëme , qu'il avoit adressé autrefois à Lampride ce fameux Orateur de Bourdeaux , dont nous avons parlé, et qui n'avoit pas paru dans le recueil de

p. 1072-ioso. ses poésies publiées vers 469. ' S. Sidoine y joignit l'éloge de cet Orateur, dont il venoit d'apprendre la mort fu-

P. io8o. neste , telle que nous l'avons rapportée. ' Et parce que cet-

te nouvelle lui causoit une extrême douleur, il finit sa longue letre , qui peut passer pour l'oraison funèbre de Lampride, en priant Loup de lui envoïer incessamment quelque pièce de literature, qui fût capable d'adoucir la juste amertume où son cœur étoit plongé. On voit parlà que cette letre de S. Sidoine à Loup fut écrite en 479 , que nous avons dit être l'époque de la mort de Lampride. L'antiquité ne nous fournit rien davantage pour pousser plus loin l'histoire de Loup : à moins que nous ne disions, comme il y a bien de l'apparence , que c'est le même à

Rur. î i. ep. îo. qui ' S. Rurice, depuis Evêque de Limoges, adresse une de ses letres , comme à un intime ami , en donnant beaucoup

POETE K II ETE r 11.

V 8IECL1

coup de louanges aux beautés de son éloquence.

'Nous trouvons sous le oom de P. Rutilius Lupus Rhé- ind.ifb.4R.suph, leur, un petit écrit intitulé, De figuris sententiarum ac verborum. Mais cel opuscule est d'un Auteur beaucoup plus ancien, ' dont Quintilien fait mention, et n'appartient point Qotnt.iMt.i.g.e au Rhéteur dont nous venons de faire l'éloge. p'8

Abbé de Lérins, puis Evêque de Riï:s.

§• I- HISTOIRE DE SA VIE

Fai'ste naquit , comme on en juge par la suite de sa vie, sur la fin du IV. siècle, quoiqu'il ait vécu près- Tm.H.E'.Y.i6.p! que jusqu'à la fin du V.' Il étoit Breton,0 non pour être s?<u. 9. ep. 9. P. né, suivant l'opinion de quelques modernes, dans la pe- jgs 1 Avit.ep. 4. P. tite Bretagne ou l'Armorique , b dans laquelle les Bre- > ôad.Sm. t. îlp. tons n'étoient point encore passés; mais dans la Grande t Tiii.a»id.p.T73.| Bretagne, aujourd'hui l'Angleterre. Que si quelques an- ^ii!"». 5a*.1" *' ciens, comme c l'Evêque Possesseur et Facundus d'Hermia- 'Con.cV.4P1%?J

,, r • r> 1 • •> 5-1 u - i FacinMoc. p.562.

ne , 1 ont lait Gaulois , c est qu ils 1 ont ainsi pense sur le long séjour que Fauste a fait dans les Gaules , qui ont été l'unique théâtre où il a paru, et le lieu où il a fini ses jours. Ses parents, que nous ne connoissons point d'ailleurs, paroissent non seulement avoir été Chrétiens; mais avoir même fait profession de pieté/ L'on parle de sa su. car. ig.v. si. mère en particulier , comme d'une sainte femme , com- 88' parable à Rebecca , et à Anne mère de Samuel.

'Fauste dans sa jeunesse étudia l'éloquence, et s'y 1. 9. ep. 9. p. 5-s. rendit si habile , qu'il surpassa même ceux qui la lui enseignèrent. ' On croit pouvoir tirer d'un endroit de S. Si- Nor. ihid. p. 243. doine , qu'il en fit usage dans le barreau , et qu'il plaida quelque temps. ' Il s'appliqua aussi avec beaucoup de soin su. il. p. 579.1 dès ses premières années, et même depuis qu'il eut quitté le monde , à l'étude de la Philosophie.

Avec ces avances' il sortit de son païs et passa dans tul um. p. 411. Tome IL E e e e

V SIECLE

les Gaules, on ne sçail pour quelle raison. Seulement il est certain qu'il se retira dans le monastère de Lérins, que la vertu de S. Honoratson fondateur, et de plusieurs

sm. îi.i.i. autres Saints rendoil alors très-célebre dans l'Eglise. ' Sa

retraite dans le désert ne l'empêcha pas de continuer l'étude de la Philosophie; mais il s'y appliqua de manière qu'il la sent dépouiller de ce qu'elle a de moins conforme à la pieté Chrétienne. Par ce moïen il sçut faire servir l'école de Platon à combattre un jour pour l'Église , et acquit une philosophie qui alloit encore au-dessus de Platon même. S. Sidoine ami de Fauste, qui parle ainsi de sa science, n'entend peut-être autre chose par ces Genn. vir. iii. o. expressions , (jue ce qu'en ' dit Gennade, en nous appre- 8V,,:1K- nant que Fauste donna une application suffisante aux di-

Sid.1.9. ep. 3. p. vincs Ecritures. ' 11 devint encore très-habile, selon le mê- 562, me Sidoine, dans réloquence et la science spirituelle , ou

Tin. ibid. p. 4« . ecclésiastique. 'Pour ses mœurs, on ne peut douter qu'il n'ait pratiqué toutes les vertus qui peuvent édifier l'Eglise.

Le choix que l'on fit de lui pour gouverner le monastère de Lerins, est une preuve convaincante de son mérite et de Nor. ibid. p. 244. la régularité de sa vie.' Ce fut l'an 433 ou 434 qu'il en t'li(';ll.l'4n 39(i'' fut ^taDli Abbé" en la place de S. Maxime, qu'on éleva Nor. ibid. i». 24$. sur le siège Episcopal de Ries. ' Fausie devenu par-là le père et le maître des Moines de Lérins , travailla et par ses exemples et par ses discours à y maintenir la discipline monastique, qu'il y avoit trouvée dans un haut dégré de perfection. It y prit soin aussi de l'éducation des enfants de naissance, que leurs parents y mettoient pour leur sid. car. ib. v. 7i- fa*re éviter les vices de la jeunesse; ' et S. Sidoine le re- 77- mercie d'avoir bien voulu prendre la peine d'élever un

Tiii.t. ic.p.411. de ses frères: ' On a lieu de croire que Fauste faisoit sou- Gcnn. ibid. p. 30. Yent des exhortations à ses Moines ; puisque ses discours

le vive voix lui acquirent le titre et la réputation d'un doc- Lerin. p. îos. teur illustre. ' La vie de S. liilaire d'Arles nous fournit un trait, qui montre quelle estime les plus grands Evêques faisoient de Fauste. S. Hilaire se trouvant à la mort Nor.pv2t3 1 Lerin. de S. Caprais , ' arrivée vers 447, obligea Fauste de s'asseoir entre lui et les deux saints Evêques Théodore de Fréjus et Maxime de Ries, qui étoient présents. Fauste étoit alors revêtu de la dignité de Prêtre.

ilii.1 | Till.p.412,

QUE Dfi RI] S

v [ i El .1.1.

Ofi ne sçauroit assurer positivement où cet Abbé puisa là doctrine, qu'il opposa à celle de S. Augustin sur la pré- tior. owt. p i destination el à la foi et à la gloire* ' Le P. Vignier de l'O- a . , ,- .... ,,,.,„ h h flatoire <|ni avoii entre les mains" d'excellents monuments ^«•p-*19-ii ' de l'antiquité, prétendoit avoir des preuves, que Julien le Pélagien aïâni été chassé uflé seconde fois d'Italie par le Pape Sixte en 439, se retira à Lérins; qu'il y fattfôp bien reçu pas Fauste durant plusieurs mois; que pi nr fôeompense de celte civilité, il laissa à ses hôtes le venin i ifson héfésie. Cela peut être fort vrai; mais il ne le seroit peut-être pas moins de dire, que Fauste en avoit déjà apporté le germe avec lui en quittant la Grande Bretagne. Il est au moins certain, comme nous l'avons vu à 1 article de S. Germain d'Auxcrre, que cette Fie étoif étrangement troublée par l'hérésie de Pelage avant Pan 420.

' Fauste étoit encore Abbé de Lérins, lorsqu'il écrivit Farot.èdGr.p.553. pour réfuter les erreurs d'un certain Diacre nommé Grec, M4ITUL p- ***■ ou Gratus, qui étoit proprement Eulychien. ' Il continua toi. p. *u. de gouverner ce monastère jusqu'après l'an 434, auquel il eut un grand différend avec Théodore de Fréjus son Evêque : ce qui fut l'occasion et le sujet de la convocation d'un Concile, dont nous avons parlé en son lieu. Enfin ' après avoir porté durant plus de vingt ans le titre d'Ab- Nor. ùm. bé de Lérins, il reçut celui d'Evêque de Ries, par l'élection que l'on fit de sa personne' vers le commencement tui. p.*u.fï5. de l'an 462, pour n mnlir le siège Episcopal de cette Eglise, vacant par la mort de S.Maxime.' De sorte que Faus- su. car. te. v. lis. te après avoir succédé; à ce Saint dans la charge d'Abbé de Lérins, lui succéda encore dans la dignité d'Evêque de Ries. ' Cette nouvelle dignité ne le changea point. 11 1.9. ep. 3. parut toujours le même, Evêque et Abbé. Au milieu d'une Ville et des travaux de l'Episcopat, il ne relâcha rien de la rigueur de son ancienne discipline; et il fit passer à Ries les prières fréquentes , auxquelles il avoit accoutumé de s'appliquer dans son désert.

Mais ni l'application à la prière, ni les charmes ' de la so- car. ig.v. 11-127. litude dont il joùissoit le plus qu'il pouvoit , ne l'empêehoient pas de veiller avec soin sur les peuples qui lai étoieat confies. Sa sollicitude pastorale pourvoïoi: avec zèle aux besoins de tous : tl< s malades, des indigents, des afiîigés, des utranga-s, des prisonniers, des morts mè-

E e e e ij

v M i CLE

ISS FAUSTE,

me, qu'il ne laissoil jamais sans recevoir les honneurs de la sépulture. Il s'appliquoit sur-tout à instruire 1<; peuple en lui expliquant les mystères de la loi de Dieu, afin qu'il y trouvât, non la satisfaction d'une vaine curiosité, mais le remède à ses maux spirituels. Il exhorloit ses auditeurs à ne se pas contenter d'imiter ceux qui les avoient précédés, niais à lus surpasser même par une vertu plus émir nente.

Genn. ibid. ' Ses prédications ne contribuèrent pas peu à lui acque-

sid. i.9.ep. 3. rir beaucoup d'estime dans le monde. ' On l'ûbligeoit quelquefois de prêcher même hors de son diocèse; et il le i'aisoit assez souvent sans préparation. S. Sidoine, qui l'entendit plusieurs fois, témoigne que l'on apprenoit dans ses instructions également à bien parler et à bien vivre, et qu'il étoit le seul qui parloit mieux qu'on ne lui avoit ap- Rur. i. 1. eg.i. pris, et qui vivoit encore mieux qu'il ne parloit. 'Ainsi il s'acquit une très-grande réputation dans l'Eglise, tant par ses actions et ses sermons, que par ses ouvrages. 11 passa cp. 2. môme pour un docteur admirable, ' pour un père des âmes,

et un excellent pasteur.

Conc.t.4.p.ioi2. 'En 462, l'année même de son ordination, il se trouva à Rome, et y assista, sinon comme député des Evoques des Gaules, au moins comme celui de Léonce d'Arles, au Concile que le Pape S. Hilaire tint la même année au mois p. 1044. de Novembre. ' A son retour il apporta une letre de ce Pa-

pe aux Evêques de la Viennoise, de la première Lyonoip. io43. se, des deux Narbonoises et des Alpes. ' Il est le neuvième

des vingt Evêques des Gaules, à qui le même Pape écri- Tffl. p. 4i6. vit sur l'affaire de Die le 24 de Février 464 ; ' ce qui marque que Fauste avoit déjà passé quelques années dans l'E- Faus. ad. paui. p. piscopat. Quelque temps après ' il fut consulté par un nommé Benoît Paulin sur diverses questions, comme nous l'avons dit ailleurs. Mais la réponse que Fauste lui fit, se Avit.eP.4.p.3o. | trouva si peu exacte, ' que S. Avite de Vienne se crut obli- Tiii. p. 4i8. g^ (yen marqUer les erreurs, à la prière de Gondebaud

Genn. vir. iii. c. Roi de Bourgogne. La même chose arriva ' au traité que p?m9!hô fci.M." Fauste composa, pour montrer que Dieu seul est incoran. p. io45-iû74. p0rel ; ce traité aïant été réfuté par Mamert Claudien, ainsi qu'on l'a vu à son article.

Vers le même temps que Claudien travailloit à réponse, car. i6. dre à Fauste, ' Sidoine, qui fut bientôt après Evêque de

EVÊQUE DE RIES. SH v S1I.(.LK

dermont, adressa à celui-ci sou 10'' poème pour le rc- ~

mercier, tant du soin qu'il avoit pris de L'éducation de

son frère, que de la manière gracieuse dont Fauste l'avoit

reçu lui-même chez lui à Ries. 11 le remercie sur-tout de

ce qu'il lui avoil procuré le bien de voir sa sainte mère,

qui paroit par-là B'ètre retirée à Ries, après que son fils

en eût été fait Evêque. ' 11 semble que Fauste eût aussi au- Faust a,i i\ur. P.

près de lui un frère nommé Mémorius, qui étoit Prêtre.

Mais rien n'a plus contribué à rendre fameux le nom de notre Prélat, ' que l'affaire du Prêtre Lucide, arrivée conr.t.t.p.1041. comme l'on croit vers l'an 47o. ' Ce fut à cette occasion P. imi. que Fauste composa son ouvrage sur la grâce et le libre arbitre, qui eut le sort que nous dirons dans la suite. Il fut apparemment suivi ' de l'écrit contre les Ariens et les Gcnn. ibid. Macédoniens, dont parle Gennade.

' Le Cardinal Noris croit que ce fut ce dernier ouvra- Nor.hUt.Pai.i.t. ge, qui Ht condamner Fauste à l'exil par Euric Roi des c- iG p "*• Visigots. ' Ce Prince Arien se rendit effectivement maître rai. ibid. p. -429. vers 481, de ce qui restoit à l'Empire dans la Provence. ' Fauste parle de cet exil en plusieurs de ses letres, com- Faust, ad Fei. p. me d'un effet de la miséricorde de Dieu, qui vouloit le gj; \\ — *"*** purifier de la rouille qu'il avoit contractée par la longue sécurité, et par la paix dont il avoit joui jusqu'alors. On ne sçait point en quel endroit Fauste fut exilé. Seulement ' il paroît que c'étoit en un lieu fort éloigné d'Arles, a et p. 552. t. que Fauste y choisit un monastère pour sa retraite. Il trou- ,p- 555, 2' va dans le païs, non des étrangers, mais de nouveaux compatriotes, qui se lièrent avec lui par un commerce de charité. ' Il y fut même assisté par de fidèles serviteurs ibid 1 p. 552. 2. de Dieu, gents de qualité, qui bien que fort éloignés de lui, crurent profiter beaucoup en le soulageant dans ses besoins, et s'enrichir en lui faisant part de leurs richesses.

De sorte que sans avoir de bien, il se trouva dans l'abon- P. 555. 2. dance, et qu'il crut non pas être hors de sa patrie, mais en avoir trouvé une nouvelle.

' Rurice, depuis Evêque de Limoges, et Félix dont ibid 1 p. 552. 2. nous parlerons ailleurs, furent de ceux qui assistèrent Fauste en cette occasion. Ils sçurent l'un et l'autre profiter de son loisir, pour lui demander avis sur ce qu'ils dévoient faire, afin de se donner entièrement à Dieu. Nous avons encore les letres que Fauste leur écrivit à ce sujet, ' l'une Genn. ibid.

v SIECLE.

800 PAUSTE,

desquelles est marquée par Gennade. Ce commerce de letres entre Pauste et Rurice, qui n'étoit alors que laïc, continua encore depuis qu'il fut élevé à l'Episeopat, ce

qui ne tarda pas d'arriver.

F.u.st. .1.1. Rur.p. ' Fauste reçu( sa liberté vers le môme temps, \ et cârm-

?Tiu?'iwa!'pÎ433. m(i l'on cro^ (;a ^&4> lorsque Dieu eut ôlé ta vie a Emir,

et brise" le sceptre de fer avec fequel ee Prince dominait

sur ses sujets. Depuis que Fauste fut rendu à son Eglise,

Faust, ibid. on ne trouve plus aUCUUeS de ses actions, sinon ' deux !e-

t.ii. ibij. très qu'il écrivit à Rurico alors Evoque de Limoges. ' On

suppose néanmoins qu'il a encore vécu jusqu'en 493, et

même au-delà. Ainsi il aura accompli la prophétie de S.

Sid. i. 9. ep.9.p. Sidoine, ' qui lui avoit promis qu'il passeroit l'âge de cent

17!)' ans. Cela peut être arrivé ; et il paroît au moins comme

Tin. ibid. certain ' qu'il vivoit encore lorsque Gennade parloit de

lui; parce qu'il ne dit point, comme il fait sur les autres

écrivains dont il donne le catalogue, sous quel Empereur

il est mort. Mais aussi de prétendre qu'il a vécu jusqu'en

493, sur ce que Gennade n'écrivoit son catalogue que vers

ce temps-là, c'est assurément s'appuïer sur une preuve fort

équivoque, pour ne pas dire fausse. On peut se souvenir

de ce que nous avons observé à ce sujet sur Salvien. On

conviendra même qu'à le bien prendre, on ne peut gué-

res prolonger les jours à Fauste au-delà de 490, ce qui

est encore beaucoup.

À la doctrine près, Fauste étoit digne d'estime; et il avoit Sid. car. ig. acquis une grande réputation par sa vertu/ S. Sidoine son contemporain, loue beaucoup sa pieté, son abstinence, sa charité envers les pauvres, son amour pour ses frères, et ne fait pas difficulté de le comparer à" S. Honorai et à S. Maxime ses prédécesseurs dans la dignité d'Abbé de Lérins. C'est sans doute sur cette idée, et en faisant abstrac- Lerin. p. o2. 53. tion de sa doctrine, ' que la Provence, et particulièrement l'Eglise de Ries, a accoutumé d'antiquité de faire Lerin. r. 53. sa fête et son office le 16e jour de Janvier. ' Cependant Ton assure que le Maître du sacré Palais ordonna dans le XVI siècle, d'ôter par-tout le nom de Saint à Fauste, comme à un homme qui en étoit toul-à-fait indigne. Barrali iiii. ibid. p. 435. trouve cette sentence sévère, mais j::ste ; ' et l'on remarque que lui-même, en parlant de Faust-, et ramassant les pièces pour son histoire, ne le traite jamais de Saint.

]'.\ ÊQUJE DE RIES. 591

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