‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 322 sur 384 · LÉON · texte numérisé non relu

LÉON

Ministre d'Etat.

Avoir sçu allier une pieté sévère avec un profond sçavoir, et soutenir l'un et l'autre au milieu d'une Cour hérétique et barbare, c'est ce qui fait en deux mots l'éloge de ce célèbre Ministre. ' Léon étoit de la Ville de Sid.s.L8.ap.i5. Narbone, où S. Sidoine Evêque de Clermont, son ami ï4Jj118 '.cari particulier, l'avoit connu et visité quelquefois. Il comp- i.s. ep.3.p. 1055 toit entre ses aïeux l'Orateur Fronton, dont nous avons parlé sur le second siècle. Léon avoit hérité de son éloquence, comme d'un bien domestique : ce qui rendit son nom très-célebre par toute la terre.' Il fit voir en bien des Bon vtt.«p .«3.

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V SIECLE

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occasions qu'il l'emportoil sur ions les autres Orateurs de son sw. iWd. temps. ' Les discours qu'il prononçoil en public, avoient toô-

jours un applaudissemenl universel.

A une éloquence si généralement reconnue, il joignoit la connoissance de presque toutes les sciences et des beaux ails. Il possédoil à fonds la poétique, la jurisprudence, la philosophie, el avoit toutes les qualités nécessaires 1.9. ep. 3.i). nio. pour bien écrire l'histoire.' Il étoit si excellent Poëte, que S. Sidoine ne fait pas difficulté de le qualifier le Prince i. s. ep.s.p. 1065. des l\ êtes de son siècle, Rex Castalii chori.' La versification, qui coûte toujours beaucoup aux plus sçavants i.9.ep.i5.p.m8.| hommes, lui étoit familière, et comme naturelle. ' 11 avoit car.23.-» «o *^. gur tQuj. pQuj. je p0(;mo €'.piqUe, les vers lyriques, et la satyre,

un talent qui le rendoit comparable et à Pindare et à Horace. De tous les'; Poètes de son temps, il n'y avoit que le seul Consence le jeune son compatriote, que l'on pût mettre en parallèle avec Léon, parce qu'il avoit pris à tâche d'imiter sa manière d'écrire. ' Ses pièces de poésie étoient si ingénieuses, que S. Sidoine voulant lui assigner un caractère distinctif, le nomme catumLeonem.

' Pour la science des loix, il la possedoit comme pouvoient faire les plus habiles Jurisconsultes, et même jusqu'à éclipser le célèbre Claudius Appius. On peut comcar 14 pr p 1249. prendre combien il étoit bon philosophe, ' par l'honneur 1250. qUe lui faisoit S. Sidoine vers l'an 465, de le prendre pour

juge avec le Consul Magnus et le Questeur Domnule, dans les matières les plus abstraites de la philosophie. On verra dans la suite plus en détail les preuves de ses autres rares talents.

i s ep. 3. p. 1054. Tel étoit Léon, ' lorsqu'Euric Roi des Visigots, qui 1055- commença à régner en 466, le choisit pour son Ministre.

On ne marque point ni en quelle année, ni à quelle occasion. Mais on ne doit pas douter que le motif, qui porta Euric à lui donner cette charge, ne fut la grande ré- Not. p. 1055. putation de sçavoir et de probité où étoit Léon. ' Léon Enn. ibid. devint par-là et le questeur et l'organe de ce Prince, ' le

Sid. ibid. p.io55. modérateur et l'arbitre de ses conseils. ' C'étoit lui qui faisoit ces fameuses ordonnances, qui portoient la terreur du Prince jusqu'au delà des mers; qui lui conservant le droit de victorieux, lui procuroient des alliances honorables avec les peuples étrangers; et qui dans l'étendue

car. 23. V. 447-449.

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