‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 323 sur 384 · V S1KC1 I · texte numérisé non relu

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de Éea Etats lui apprenoient le secret de réprimer les

innés par les l<>i\. comme il réprimoit les peuples par Les armes.

Mais ce qui est un plus grand suiel d'éloge pour Léon, c'est qu'il \i\oii au milieu des riches du monde . Bans nu.

BTOÎr ni aucune ambition pour les honneurs, ni aucun désir pour les richesses. Ennemi de la passion pour l'argent, il n'en avoit d'autre que de .-'avancer dans les sciences et dans la pieté. Abstéme dans les festins, vêtu d'habits les

plus vils en la compagnie de gents couverts de pourpn , négligé en tout son extérieur dans une cour qui ne respiroit que le faste, le luxe, et tout ce qui peut flatter les sens, n'usant ni de chair pour se nourrir, ni de laine pour se vêtir, il devint moins l'objet du soupçon des divers pais qu'il parcourut, que le sujet de leur juste admiration. Jouissant de toute la faveur des Rois ses maîtres, s'il s'en servoit pour demander des grâces, c'étoit toujours pour les autres, et jamais pour lui. Enfin Léon étoit tel, que S. Sidoine a trouvé quelque ressemblance entre lui et le fameux Apollone de Tyane avec cette différence glorieuse pour Léon, qu'il avoit sur ce Philosophe payen le bonheur de professer la foi Catholique.

On peut s'étonner avec justice comment Euric, qui avoit tant de zèle pour l'Arianisme, pouvoit retenir un Catholique d'une pieté aussi éminente, qu'étoit Léon. Mais on doit considérer que Dieu, qui a en sa main le cœur des Rois, et le pouvoir de les remuer comme il lui plait, ' vouloit conserver p. mm. 1055. ce Ministre fidèle dans cette Cour Arienne et Rarbare, pour la consolation de ses serviteurs.

En effet Léon rendit en diverses occasions de grands services à l'Eglise. En 474' lorsque S. Epiphane E\êque Enn. ibid. p.»*de Pavie vint dans les Gaules de la part de Jules Nepos, 3Si' pour ménager un accord entre cet Empereur et le Roi Euric, Léon fut d'un grand secours à ce saint Prélat, en répandant à la Cour l'estime de son mérite et de sa pieté. De sorte que quand le Saint arriva à Touiouse, alors la capitale des Visigots, il trouva que sa réputation y avoit déjà précédé son arrivée. Il eut aussi-tôt audience d'Euric; et ce fut sans doute à Léon qu'il en fut redevable. Ce Ministre y fit valoir l'éloquence du S. Evêque, comme son mérite ; car aïant assisté au discours que le Saint

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lit au Roi, il témoigna hautement qu'on ne pouvoii assez l'admirer.

L'année suivante 175, Euric s'étant rendu maître de

sid. iWd, p.iow. l'Auvergne, ' et ayanl relégué S. Sidoine Evêque de la capitale du païa dans les prisons de Liviane, enlre Narbone b! Carcaseone, ce fui encore Lion, qui obtint la liberté au sain! Prélat. Comme il avoit pour lui une estime et une amitié particulière, qui bannissoit toute cérémonie,

p. îoss. ' il l'engagea à lui copier, ou plutôt à lui traduire du-

rant sa prison la vie d'Apollone de Tyane par Philostrate :

p. îOM. ' ce que S. Sidoine exécuta volontiers en faveur de cet illus-

tre! ami.

i. 4.ep.«2.p. 960. Quelque temps auparavant,' Léon avoit fait ses efforts pour porter le même S. Sidoine à écrire l'histoire du règne d'Euric. Mais ce fut en vain. S. Sidoine s'en défendit sur de puissantes raisons ; alléguant que Léon avoit et plus de capacité et plus de talents que lui-même pour réussir dans ce grand dessein. Qu'il pouvoit à juste titre faire en cette occasion, ce que fit Tacite à l'égard de Pline le jeune, à qui il vouloit persuader d'écrire l'histoire, qu'il écrivit néanmoins lui-même, malgré ses instances pour y déterminer son ami. Qu'il avoit encore plus de talents pour exécuter heureusement cette entreprise, que n'en avoit Tacite même, qui seroit véritablement Tacite, e'est-à-dire muet, si vivant en leur siècle, il connoissoit toute l'étendue du sçavoir de Léon. Qu'il pouvoit avec justice entreprendre de traiter le sujet dont il le vouloit charger; puisqu'à une rare éloquence il joignoit une érudition presque immense, et des connoissances particulières sur l'histoire de ce puissant Roi. Qu'entrant tous les jours dans son conseil, il entroit aussi dans les négociations qu'il avoit par toute la terre ; qu'il connoissoit tous les ressorts de ses Etats, ses traités d'alliance, ses guerres, les differens lieux qu'il avoit honorés de sa présence, en un mot toutes les qualités bonnes et mauvaises de sa personne. Que nul n'étoit plus capable d'exécuter ce projet d'histoire que celui qui sçavoit , comme Léon , les mouvements des peuples, le nombre des ambassades, les actions

p. 96i. des Gouverneurs, les traités des Princes, ' enfin les secrets

de toutes les Républiques.

ibid. ' S. Sidoine, tant pour se défendre de mettre la main à

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