MINISTRE D'ÉTAT
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od ouyrage, que pour déterminer son ami à l'exécuter,
insiste sur ce que Léon dans la haute dignité qu'il remplissoit, ne seroit point oblige en écrivant, ou de taire la vérité, de peur d'offenser les Grands, ou d'inventer des choses fausses pour les flatter. Qu'il n'avoit point à craindre , comme les autres, et particulièrement oommi les Ecclésiastiques de son temps, la critique des marnais <-.sprits et des langues médisantes. Qu'une personne de son rang etoit au-dessus de loute critique. Ou'aïant acquis d'abord l'art de parler avec facilite, et y aïant ensuite joint la science des faits, personne ne pouvoit réussir à écrire avec plus de suffisance et de perfection que lui , ni d'une manière qui approchât plus de celle des anciens , quoiqu'il ne racontât que des choses nouvelles. Oue la postérité tireroit beaucoup de fruit de son ouvrage ; qu'elle le liroit avec délices, et le citeroit comme une autorité de poids ; atque ideo te in posterurn consuli utilitas, audiri voluptaSy legi autoritas erit.
On ne trouve nulle part que ces raisons aient été assez puissantes sur l'esprit de Léon , pour le porter à exécuter le projet d'histoire qu'il proposoit à S. Sidoine. Aussi semble-t-il que ce n'auroit pas été bien faire sa couràEuric, que de le tenter de son vivant , en se proposant de rapporter les faits avec fidélité. L'on en peut juger ' par ceux i.7.ep.6.p.io8que S. Sidoine nous en a conservés dans une de ses letres. 1026, Êuric y est représenté comme un Roi aussi passionné pour l'hérésie dont il faisoit profession , que pour le sceptre qu'il portoit. Il avoit ou chassé de leurs Sièges , ou mis à mort plusieurs Evêques des Gaules , sans vouloir souffrir qu'on leur donnât de successeurs. 11 sembloit qu'il se fût proposé d'y éteindre la religion Catholique ; et sous son règne la discipline ecclésiastique y étoit entièrement tombée en plusieurs endroits.
'S.Sidoine dans une letre écrite vers 483 parle de Léon i.y.ep.is.p.ins. comme vivant encore. Il vêquit même au-deLà de cette époque , comme il paroit d'ailleurs. Car il exerça encore sa charge sous Alaric, fils et successeur du Koi Euric. ' S. Gr. t. gi. h. m. Grégoire de Tours qui écrivoit environ cent ans après, c" 9"' p' 825' rapporte qu'une Eglise bâtie à Xarbonne , dans laquelle il y avoit des reliques de saint Félix martyr de Girone, empêchant par sa hauteur la vue qu'Alaric avoit de son
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palais dans [a plaine . ce Prince ordonna à Léon son conseiller dr faire abaisser le toîl de cette Eglise : ce que celui-ci aïant exécuté, il perdit aussi-tôl la vhë. On peul regarder cette peine comme une juste punition de la faute que fil Léon en celle rencontre , en exécutant les ordres du Prince, sans lui représenter le respect que les Souverains, comme les particuliers, doivent aux lieux saints.
GENNADE,