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HISTOIRE DE SA VIE
Léo, t. i. p. 731, /"YEst un préjugé bien favorable pour S. Honorât.' que Ijd' avoir eu pour son saint maître, et pour son père particulier un aussi grand Evoque que l'étoit S. Hilaire d'Arles. Ce titre est le seul dont il se glorifie dans ce qu'il nous apprend de lui-même: aussi fait-il un des beaux en- Genn.vir.iii.c.99. droits de son éloge. ' Ce fut donc sous la conduite de ce p" 46' saint Prélat, qu'Honorât dès son enfance fut élevé dans
la crainte de Dieu, et depuis exercé aux affaires Ecclé- Leo, ibid. p. iu. siastiques. ' Il fut souvent témoin de ses plus secrètes acp. '746-749. tions, tant il avoit de part à sa confidence, ' et se trouva
présent à sa mort et à ses funérailles. De sorte qu'il demeura à Arles au moins jusqu'en 449; et comme il avoit suivant toutes les apparences quelques années , lorsqu'il entra dans la communauté de S. Hilaire, nous pouvons supposer qu'il étoit né vers 420.
Genn. ibid. Gennade Prêtre de Marseille, ou un autre auteur,
mais contemporain , nous apprend qu'Honorât étoit naturellement éloquent, et qu'il avoit une grande facilité à s'énoncer, et à parler sur le champ dans les assemblées des fidèles; sa bouche étant comme un trésor des divines écritures. Son mérite Taïaut fait élire Evêque de Marseille, il se trouva en situation de faire un usage journa- Tiii. h. e. t. 15. lier de ses grands talents. ' Quelques sçavants placent le ?hr9no^6t.'i!ap1! commencement de son Épiseopat en l'année 476; mais il f<?\ est difficile de le mettre avant 483. a Car il semble que
» Sul. 1. 9. ep. 4. . i 1 • i ht -n ri» i.
p. 569. Grec occupent encore alors le siège de Marseille. C est ce
que fait juger la 4e. lettre que lui adresse S. Sidoine dans son 9e. livre, qui ne fut publié que vers ce temps-là comme nous l'avons montré en son lieu.
S. Honorât à ce compte étoit déjà avancé en âge,
S. HONORAT, EVÊQUE DE MARSEILLE. C45 v .,,
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Lorsqu'il lut élevé a L'Episcopat. Mais cela ue l'empêcha pas de s'acquit, r avec xele de tous les devoirs d'un bon Pasteur. Il célébroil souvent 1rs Litanies avec son peu- Gwn.UMd. pie, pour obtenir de Dieu les effets de sa miséricorde: en quoi l'on veut marquer son assiduité aui prières publiques, et peut-être en particulier la cérémonie des Rogations, qui de L'Eglise de Vienne commençoil à passer aux autres Eglises. L'occupation la plus ordinaire de S. Honorât, étoit de composer des homélies, tant pour L'instruction de ceux qui étoient à portée de l'entendre, lorsqu'il les prononçoil . que pour l'édification de ceux qui se donneroient la peine de les lire. Il s'y proposoit sur-tout d y expliquer les mystères de la loi, et d'y combattre les erreurs des Hérétiques. Il donnoit aussi une partie de son temps à écrire les vies des Saints, afin de laisser à la postérité des exemples de vertu qu'elle pût imiter. Lorsqu'il montoit en chaire, il annonçoit les vérités du salut avec tant de force et de liberté , que non-seulement le Cierge et le peuple des Eglises voisines alloient en foule l'écouter, mais que même les Evêques éloignés le prioient d'aller prêcher dans les leurs.
' Le saint Prélat vécut jusques sous le Pontificat de S. ibid. Gélase, qui gouverna l'Eglise de Rome depuis le mois de Mars 492, jusqu'en Novembre 496. Ce saint Pontife reconnut l'intégrité de sa foi, et lui donna par écrit des marques de son estime. On met communément la mort de S. Honorât vers l'an 494 . lorsqu'il en avoit passé dix à onze dans TEpiscopat , et vécu en tout environ 73 à 7i ans. ' Le Cardinal Baronius, et tous les autres lui donnent rai. ibid. le titre de Saint; et le P. Guesnay assure que son nom est dans le Calendrier de l'Eglise de Marseille, pour en faire tous les ans la fête.
S- IL SES ECRITS
De toutes les homélies, et de toutes les vies de Gean. ™ Saints que composa S. Honorât , il ne nous reste que nous sçachions. que la vie de S. Hilaire Evêque d'Arles, à qui il étoit redevable de son éducation. ' Cepen- n«i. Owi.
V SIECLE
646 HONOHAT,
dant le P. Chifflet, ci quelques-autres après lui, ont voulu douter que, cette vie lut l'ou race de s. Honorât. Leur plus fort raisonnement est que l'on n'a point d'autre preuve pour la lui donner, que oe que Ton en trouve dans (iennade, et que l'on suppose être une addition Jade à cet auteur, laquelle oe se Irouve point dans plu* sieurs manuscrits. D'ailleurs cette vie est, dit-on, attribuée à Révèrent successeur de S. Hilaire, par Pierre Saxi sur la foi d'un manuscrit assez ancien.
Mais quand l'article de S. Honorai, qui se trouve dans le manuscrit de Gorbie, de l'antiquité duquel nous avons parlé, ne seroit pas de Gennade même, il esl incontesta-
Tiii. h. l. i. 15. ble qu'il est d'un Auteur du même temps; puisque tout
p" 90, ce qu'il y dit suppose que S. Honorât vivoit encore. Ainsi
cette preuve qui établit nôtre saint Prélat auteur de la vie de S. Hilaire, remonte sans contradiction plus haut (jue le manuscrit dont parle le P. Chifflet sur la foi de
P. 845. M. Saxi. Nous pouvons ajouter, ' que ce Révèrent ou
Révérentius semble être le même que Ravennius successeur immédiat de S. Hilaire : au moins n'en trouve-t-on pas dont le nom en approche davantage. Or Ravenne étoit mort , lorsque cette vie fut écrite ; puisqu'il y esl parlé de ses successeurs. On peut voir ce que nous avons déjà dit à ce sujet sur Ravenne.
Léo, t. i. p. 730. 'Le P. Quesnel, qui avoit entre les mains le manuscrit où cette vie porte le nom de Révèrent , a cru que ce nom y avoit été mis par S. Honorât même, qui voulant cacher son nom propre sous un nom appellatif, comme nous avons observé que c'étoit assez l'usage de ce siècle , sur-tout en Provence, se seroit servi du nom de Révérentius pour celui d'Honoratus, qui selon la force du mot latin signifie la même chose. Quoiqu'il en soit , il paroît certain que l'ouvrage est de S. Honorât de Marseille , à qui tous les Sçavants s'accordent aujourd'hui de le donner.
Il seroit difficile de marquer précisément le temps au-
p* 780. c. 24. quel cet Auteur le composa. Seulement' il dit lui-même qu'il ne le fit qu'après que plusieurs années se furent
p, -49. c. 23. écoulées depuis la mort de S. Hilaire, ' et que ce Saint eut eu plusieurs successeurs de sa dignité. Ainsi ce fut apparemment sous Eone qui avoit succédé à Léonce suc-