partie de l'ouvrage de Verus. En effet ce fragment ;i tout
p. 700. i. n. s. l'air des écrits de la fin de ce V siècle. ' il y paroît beaucoup de pieté, et une attention particulière à ne poinl mêler la fable avec l'histoire, à ne point allier Je mensonge avec la vérité, et à ne rien ajouter par flatterie de ce qui ne seroil pas vrai, comme à ne rien omettre de ce qui méritoit d'être sçû. L'auteur témoigne avoir entrepris ••elle vie par le motif qu'elle pourroit servir beaucoup à l'édification cl «à l'avancement de ceux qui la liroient avec
„. ■;. dés dispositions chrétiennes. Mais il est bien fâcheux ' que*
ce fragment ne nous conduise que jusqu'aux premières années de l'épiscopat de S. Eutrope, qu'il nous représente comme un Prélat toujours occupé ou du travail ou de la prière, et très-souvent de l'un et de l'autre tout à la fois. Verus n'y rapporte rien qui ne s'accorde parfaitement
n. 3. avec l'histoire de son siècle. ' Ce qu'il y dit, par exemple,
du saint Abbé qu'Eutrope consulta à Marseille sur deux visions extraordinaires qu'il avoit eues assez long-temps
ibid. not. avant son épiseopat, ' peut s'entendre fort bien de l'Abbé
Cassien établi dans cette même Ville dès le commence-
n. 4. ment de ce siècle, comme nous avons dit. De même ' ce que
Verus ajoute de la désolation où étoit l'Eglise d'Orange,
sid.s.i.7.eP.6. lorsque S. Eutrope eu fut élu Evêque, ' s'accorde très-bien
p. i(h>3-KV25. ayec ce qUe g^ Sidoine nous apprend des ravages sanglants, qu'Euric roi des Visigots exereoit vers ce temps-là en diverses provinces des Gaules, peu éloignées d'Orange jusqu'où sa fureur put aussi pénétrer. Nous pouvons encore remarquer que Verus n'a rien inséré de fort extraordinaire
Boii.p.7oi.n.3. dans son ouvrage. Seulement ' il y parle de deux visions qu'eut le Saint; mais il le fait avec autant de précision que de simplicité, et sans affecter un certain air mistérieux assez en usage dans les écrivains des siècles suivants.
POMERE,
POMERE,
\ uni: a Arles.
HISTOIRE DE SA VIE
omere ('toit Maure de nation , c'est-à-dire natif de cenn.Tir.ui.c. 98. Mauritanie en Afrique. n S. Isidore de Séville, qui Îml&êA.1*'**. n'écrivoit qu'à la fin du VI siècle, ou même au commencement du VII, lui donne le prénom de Julien , sans que l'on voie sur quel fondement. ' Car il est simplement nom- Genn. ibid. i Cœs. mé Pomere par tous ceux qui en ont parlé avant cet écri- ep^'YuufTi'ep vain, et qui paroissent l'avoir connu d'une manière très- ». | i.s.ep.89. particulière , et même personnellement , tels que (Jennade , ou son continuateur, S. Rurice,et S. Ennode.
Quoiqu'il en soit, ' Pomere se retira dans les Gaules, Gwm. jimt. i c»*. étant encore jeune , comme l'on en juge par la suite de sa V1L lbld vie : peut être à cause des ravages que faisuient alors les Vandales dans son païs. ' Il fixa sa demeure à Arles, où c*>- vit. ibid. il enseigna les belles letres et la rhétorique avec beaucoup de réputation. ' Aussi l'on remarque qu'il sçavoit la langue Sir.inEnn.p.i403. grecque et la latine , et qu'il joignoit à une érudition profane une grande connoissance des letres sacrées. ' Il sem- Pom. vit. «m.i.s.
ble dire en un endroit de ses écrits , que ce qu'il sçavoit , il l'avoit appris de lui-même sans le secours d'aucun maître. ' Il eut l'avantage de donner à Arles quelques leçons Cas. vit. ibid. à S. Césaire , ' qui étant déjà Moine s'y étoit retiré pour n- 5rétablir sa santé, ' et qui fut dans la suite Evêque de la n. 9. Ville.
Pomere embrassa lui-même la vie monastique , dans un monastère que l'on ne nomme point, et dont il fut Abbé depuis. ' Car on est persuadé que c'est cet Abbé Pomere, sir. ibid. à qui S. Rurice Evêque de Limoges adresse deux de ses letres, ' et qu'il desiroit d'attirer auprès de lui, avec la Rur. 1. 2. eP. s permission d'Eone Evêque d'Arles , à qui il le demanda. Dans cette supposition , qui ne paroît pas souffrir de diffi-