‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 349 sur 384 · Tome IL R r r r · texte numérisé non relu

Tome IL R r r r

V SI I Cil

Ibid.

CONFERENCE DK LYON

Le Roi présenl à ce spectacle , attendit assez loi temps, pour voir si Boniface réprèndroit ses esprits avec l'haleine. Mais voïanl que c'était inutileirienl , il se leva enfin, montrant assez à son air l'indignation qu'il avoil conçue contre Boniface. Alors S. Avite pria Sa Majesté d'ordonner que les autres Ariens répondissent à ce qu'il avoil avancé, afin qu'elle put juger par elle-même quelle «Moi t la foi qu'il fa I loi t suivre. Mais ni ce Prince, ni les autres Ariens qui l'accompagnoient , ne répondirent rien à la justice de celle demande, !ant ils étoient en admiration du sçavoir et de la sagesse de S. Avite. ibid. Le saint Evêque voïant leur silence, dit au Roi : « si

« vos Ministres ne peuvent répondre à nos raisons, qui émet pèche donc que nous ne nous attachions tous ensemble à la « mè'ine foi? » Et comme les Ariens se prirent à murmurer, le Saint rempli d'une confiance en Dieu touchant la certitude de la foi qu'il professoit , ajouta : « Si nos raisons ne « peuvent les convaincre, je ne doute nullement que Dieu « ne fasse un miracle pour confirmer la foi que nous silice vons. Que vôtre Majesté ait la bonté d'ordonner que nous «allions tous ensemble eux et nous au tombeau de S. Just. « Là nous autres Catholiques prierons le Saint de s'expli- « quer sur nôtre foi; Boniface le priera de même de s' exce pliquer sur celle qu'il professe ; et le Seigneur déclarera ce par la bouche de son serviteur, laquelle ou de la vôtre , « ou de la nôtre lui est agréable. »

ibid. 'Le Roi surpris d'une telle confiance, sembloit accep-

ter la proposition : mais les Ariens commencèrent à faire des clameurs, et à dire qu'ils ne vouloient point mettre en pratique pour faire connoître la vérité de leur foi, ce que Saùl avoit fait et qui lui a^.oit attiré la malédiction de Dieu. Qu'ils étoient bien éloignés d'avoir recours aux enchantements. Qu'il leur suffisoit d'avoir pour eux l'écriture, qui est une preuve plus forte que tous les prestiges. Ils s'en tinrent là et répétèrent sans cesse les mêmes choses avec des clameurs effroïables.

ibid. ' Gondebaud qui s'étoit déjà levé de son siège , voïant

bien à quoi il s'en falloit tenir, sans oser le déclarer, prit par la main l'Evêque Etienne et S. Avite, et les mena

p. ii6. dans son cabinet. ' Là les embrassant tendrement , il les

cv conjura de prier pour lui. Les deux Prélats, «remarque

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