BOURGUIGNON
\ u même temps que Firmin, dont nous venons de ITL parler, ileurissoit à Arles, ' Bourguignon faisoit un su. s. 1.9 ?.u
des ornements de l'Auvergne sa patrie. C'étoit un jeune rIUi11" homme de mérite , qui faisoit sa demeure ou à Clermont
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\ SIECLE
même, ou dans le voisinage, el pour qui S. Sidoine son
p. 1115. Evêque avoit conçu une affection particulière. ' Il avoit
tant de passion pdur s'avancer dans les sciences, que même durant ses maladies il oublioit le soin qu'il devoit prendre de rétablir sa santé, pour ne s'occuper qUe de l'étude. Cet étal de langueur, dont l'esprit se ressent ordinairement comme le corps, ne diminuoit rien du zèle de Bourguignon, et ne l'empêehoil point d'écrire à S. Sidoine pour lui demander des instructions sur la poétique. 11 souhaitoit sur-tout qu'il lui apprit à faire des vers que les Latins nomment récurrentes, c'est-a-dire qui, sans y faire aucun changement, peuvent se lire en commençant par la lin, et retiennent néanmoins la même leçon, la même mesure et le même sens. C'est ce qui fait la principale partie de la letre que lui adresse S, Sidoi-
huq. reçu. i. 7.c. ne. ' Pasquier dans ses recherches parle assez au long de cette sorte de vers, qu'il nomme redoublés, et Diomede réciproques.
sid- ibùi. ' Bourguignon auroit bien souhaité de pouvoir aller à
Rome, pour se perfectionner dans les letres, selon la coutume des jeunes Gaulois. S. Sidoine qui connoissoit mieux sa capacité que personne, jugeoit qu'il y auroit brillé entre les fils des Sénateurs que l'on y instruisoit dans les sciences, et qu'il s'y seroit fait admirer et par son esprit et par ses autres talents. Mais les conditions de la paix faite avec les Visigots, qui s'étoient rendus maîtres de l'Auvergne vers 475, ne lui permettoient pas de sortir de son païs. Contraint d'y demeurer, ;1 tâcha de suppléer tant par l'application que par l'exercice, à ce qu'il auroit pu acquérir dans cette capitale de l'Empire, s'il y eût fréquenté les Sçavants, qui y étoient encore en assez grand nombre.
Ibld- ' S. Sidoine loue beaucoup un discours que Bourguignon
avoit prononcé en public avec tant de grâce , que bien qu'il eût été composé sur le champ, il emporta les suffrages de tous les auditeurs, sçavants et autres, affectionnés
p. me. un. et non affectionnés. ' Bourguignon en avoit préparé un autre qu'il devoit prononcer pour son examen public : apparemment avant que d'être admis au rang des Avocats, ou d'entrer dans quelque emploi. C'étoit l'éloge de Jules César , et par conséquent , remarque S. Sidoine,