‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 353 sur 384 · S. PORC AIRE · texte numérisé non relu

S. PORC AIRE

avec plusieurs de ses Moines par les Sarrasins qui ravageoienl alors nôtre France. C'est du premier de ces deux sainis Abbés que nous entreprenons de parler dans cet article.

M»'", ibid. ' Porcaire étoil un homme vénérable pour la sainteté

c»8.vit.n.5.8. s. de ses mœurs. ' La vie de S. Césaire qui parle assez souvenl de lui, ne le fait qu'avec éloge, et en lui donnant

Gaii. chr. nov. t. loujours le Litre de Saini.' Avant Tau 486, il gouvernoit déjà l<- monastère de Lénns en qualité a Abbé. Il en faut înettre au moins nu autre entre lui et Fauste, qui quitta celte dignité vers 461, pour remplir le siège épiscopal de

ibid. | Ces. vit. n. Ries. ' En 486, ou environ, Porcaire reçut dans son monastere au nombre de ses moines le jeune Césaire, qui fut fait Evêque d'Arles au commencement du siècle suivant. Il eut ainsi l'avantage de jetter en ce digne sujet les premières semences de cette pieté tendre et solide, qui parut

cas. vit. n. o. ensuite en lui avec tant d'éclat. ' D'abord il le fit cellerier de la maison ; mais il fut bien-tôt obligé de lui citer cet

n 6. emploi par l'importunité de quelques mécontents. ' Cé-

saire étant tombé dans une longue et fâcheuse maladie, le saint Abbé comme un père plein de tendresse, ressentit en son cœur tout ce que ce cher disciple eut à souffrir en son corps. Il n'oublia rien pour le soulager; et voïant que tous les remèdes étoient inutiles, il se servit de toute son autorité pour l'obliger d'aller passer quelque temps à Arles, afin de tâcher de rétablir sa santé , en respirant un

n- 8 air différent de celui de Lérins. ' S. Porcaire vivoit encore

en 498. Ce fut alors que le bien-heureux Eone Evêque d'Arles obtint de lui, quoiqu'avec une peine extrême, qu'il lui accordât S. Césaire pour l'attacher à son église. L'antiquité ne nous apprend rien davantage sur la personne de ce saint Abbé.

MelL ibid- ' Il laissa quelques écrits de sa façon , qui subsistaient

encore au XII siècle sous un titre qu'ils ne portent plus aujourd'hui. Il les avoit composés pour l'instruction de ses Moines, et les avoit intitulés, Mo/iita, Avis. Il y traitoit en particulier du mépris du monde. L'anonyme de Molk, qui les avoit lus, en fait beaucoup d'estime. L'ouvrage, dit-il, est court en lui-même; mais on le peut regarder comme fort long pour l'excellence des choses qu'il contient ; l'auteur aïant eu le secret d'y dire beaucoup de

choses

ABBE DE LERINS. * 689 y vm M

choses en peu de mots. ' Nous avons dans la Bibliothe- I;ib ,,,, t ^ que des Pères une letre sous le nom de S. Porcaire Ah- its.Y itii.

bé : et il n'y a pas lieu de douter que ce ne suit l'écrit que l'Anonyme de Molk vient de caractériser.

ANONYME

Auteur de ua vie de S. Paul, Évêque de Narbonne.

Nous ne croïons pas devoir finir ce V siècle, sans parler de cet écrivain, oui paroît y appartenir. En spécifiant, comme il fait, les lieux dont il parle, il 37û3llrf215m&r- p témoigne assez clairement qu'il étoit de la Aille môme de Narbonne. C'est là tout ce que nous sçavons de sa personne; et peut-être aussi tout ce que nous pouvons prétendre d'en sçavoir.

' Son style est grave, assez bon, et dégagé de diver- va. h. e. t.4.P. ses fictions, qui ont été inventées dans la suite. Tout cela joint ' au terme de Pape qu'il emploie en plusieurs Bon. ibid. n. 14. i endroits pour qualifier le S. Evêque, fait juger que cet p' auteur vivoit dans les premiers siècles de l'Eglise. Néanmoins certaines circonstances qu'il a insérées dans son histoire, empêchent qu'on ne le mette avant la fin du V siècle. Telles sont celles ' qui regardent les Eglises et les Mo- p. 373. n. 25. nasteres de Besiers, ' et le bruit des miracles du S. Eve- P. 374 n. n que. L'auteur prétend même que l'on en avoit dressé une relation, qui avoit été envoïée en diverses Villes des Gaules, et jusqu'à Rome, avant qu'il écrivit lui-même son ouvrage. Voilà ce que l'on peut conjecturer de plus raisonnable touchant le temps auquel cet Anonyme a pu écrire.

Quant au mérite de la vie qu'il nous a laissée, on voit assez par ce que nous venons de dire, qu'elle n'est pas originale; aïant été composée environ deux cents ans après la mort du Saint, qui gouvernoit l'Eglise de Narbonne, comme l'on croit, entre le milieu et la fin du III siècle. ' La députation de la Ville au Saint, qui aux ter- p 373 n. 15 mes de cette vie semble s'être faite au nom des Païens Tome II S sss

v siècle 690 V,K DE S PAUL' EVEQ. DE NARBONNE. p. 374. n. te. mêmes ; ' l'histoire de l'aigle qui y est si fort étendue, Taiibid et celle du corbeau, oui portoit à mander à l'aigle, ' pa-

i 489 [ Bail. 22. , 0 ,ii ' i i 1 / • 1

tiKu.iui.iit.ii. .s- poissent aux bçavants des choses peu probables, et leur loul dire que ers actes ne peuvent avoir toute l'autorité qu'il seroil à souhaiter. (l'est ce qu'en pensent Mrs de Tillemont H Baillet ; quoiqu'ils les reconnoissent pour assez graves, el assez anciens. On peut aussi ajouter qu'ils sont écrits avec beaucoup de pieté.

Bosq. r.î. p. lue. ' M. Bosquet est le premier qui les a donnés au public, °9, dans la seconde partie de son histoire de l'Eglise Galli-

Boii.ibid.p.373. cane. ' Après lui les Continuateurs de Bollandus les ont insérés dans leur ample recueil au 22e jour de Mars.

ANONYME

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