‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 38 sur 384 · SANCTE · texte numérisé non relu

SANCTE

Poète chrétien.

Paul. op. as. n; a i ' -j-, NTRF ies p]us intimes amis de S. Paulin, depuis Lj Evêque de Noie, on trouve un Sanctus, et un En-

Bib. pp. t. u. i». delecliius, ' à qui l'on donne aussi les prénoms de Severus Sanctus. Cette circonstance pourroit faire croire que Sancte et Endeleque ne seroient qu'une même personne, qui aïant

paui. vit. c. 25. différents noms, auroit porté tantôt l'un tantôt l'autre. 'Mais S. Paulin ne permet pas que l'on en porte ce jugement; puisqu'il nous les représente comme deux personnes diff 'rentes. En effet , parlant assez souvent de ses deux amis dans ses letres, il donne toujours à l'un le nom de Sanctus, et à l'au-

Tiii^Emp. t. s,. {re ce}uj d'Endelechius sans variation. D'ailleurs ' Endeleque enseignoit la Rhétorique à Rome en 395 , lorsque Sancte paroît avoir été dans les Gaules, d'où nous n'avons point de preuves qu'il soit sorti. C'est donc de ce dernier uniquement que nous entreprenons de parler dans cet Article.

Paui.ep.4o.n.2- ' Dès avant la conversion de S. Paulin, et sa retraite hors

SANl II . POETE CHRETIEN. ..:.

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«le- Gaules, il \ avoil une trèsugrande familiarité entre lui et nôtre Poeie. C'est ce qui, joint à Bes autres li.iliiiu.l--, f.ni juger qu'il étoit de rriême païs que S. Paulin, el aparerani'iit de la nlte rnême detipurdèaux. \usone nous a laissé in». par. c.w. p l'épitaphf d'un Flavius Sanctus; qui avoit épousa Pudentille lf~' sœur de sa femme, et qui eut au moins un fils de ce mariage, ' Il esta présumërque Sancte qui fait le sujet de cet éloee, c 19. p. 133. ('■toi! de la même famille, <'t peut-être même le, fils de Fia- ,

viiis San. 'tu-.

La retraite de S. Paulin a Barcelone, puis à Noie 'ne fut Paul. yu. c. as. n, point capable de rompre l'étroite amitié qu'il avoit coritrac- " tée avec Sancte, quoique dans ses commencements elle fût toute humaine, et qu'elle n'eût point son fondement en J. C. D'abord il- sïvrivoient fort souvent, jusqu'à ce que S. Paulin, dégoûté absolument du monde, s'aperçut que les letres de Sancte ne nourissoienl point son ame; et sur celte considération il cessa de lui écrire, sans cesser de l'aimer. Mais Sancte aïant changé lui-même de vie, ' prévint S. Paulin par ep. jo. a. 2 une letre puisée dans les saintes écritures, et qui ne respiroit que la douceur de la parole de Dieu. Ils renouèrent ainsi leur commerce mutuel, qui dura au moins jusques vers l'an

' Sancte étoit aussi fort uni avec un nommé Amand, que n. 9. S. Paulin qualifie son frère, et un entant de bénédiction, et qui par conséquent est différent de S. Amand, dès-lors Evèque de Bourdeaux, comme nous dirons dans la suite. Depuis cette union avec Amand , Sancte pour l'ordinaire n'écrivoit à S. Paulin que conjointement avec lui; ' et le Saint ep. 40 v. -n-i. leur répondoit de même par une letre commune à l'un et à l'autre. ' Il ne nous en reste plus que deux de cet heureux ep: kmu»p tm commerce, et toutes les deux sont de S. Paulin; il semble ~'; même qu'originairement elles ne faisoient qu'une seule qui étoit fort longue; mais dans la suite on a jugé à propos de la diviser en deux.

'S. Paulin y loue la charité de Sancte, comme venant ep. wn. 1. d'un cœur pur, d'une bonne conscience et d'une foi sincère. ' Ce qu'il y dit de ses autres vertus, et des letres qu'il en rece- n. 1-3. voit, montre que Sancte étoit un fidèle serviteur de Dieu, parfaitement verse dans la science des écritures. On ne peut pas apparemment dire que Sancte eût quelque degré dans l'Eglise, ' sur ce que S. Paulin , qui étoit alors Prêtre, lui p. 241.

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" donne la qualité de frère: parce que ce saint qualifie ainsi quelques personnes qui paroissenl a'avoir été que simples laïcs. Depuis l'an h)5 auquel on place les letres de S. Paulin ,i Sancte, l'histoire ne nous fournil plus rien sur celui-ci : rien n'empêche néanmoins qu'il n'ait vécu au-delà de ce terme. . .,. 4t n i ' Sancte et Amand avoient mis au dos de quelques-unes de

leurs letres, une liste de celles de S. Paulin, qui se souvenoit si peu de la plupart de ces letres, qu'il n'auroit pas scû qu'elles fussent de lui, s'il ne l'eût crû sur leur témoignage. On voit par-là que Sancte et Àmand avoienl soin de faire un recueil des letres de S. Paulin, et qu'ils peuvent avoir contribué à nous conserver le peu qui en est venu jusqu'à nous. ih"i ' Mais entre les principaux talents de Sancte, S. Paulin

loue en particulier celui qu'il avoit pour la poésie Chrétienne. De toutes les pièces néanmoins qu'il a pu composer en ce genre de literature , nous n'avons connoissance que deson poëme sur la parabole des dix Vierges de l'Evangile ; encore est-il perdu. Il l'avoit envoie à S. Paulin, qui semble le lui avoir demandé, et qui l'en remercie dans sa letre 41e en donnant à cette pièce le titre d'hymnes, comme s'il y en avoit eu plusieurs.

Bib.pp.t.6. p. ' Nous avons dans la Bibliothèque des Pères et ailleurs, p76t Vp.'si»'. une Egk>gue , réimprimée depuis à Leyde l'an 1715 en un 5S?' i Eliet «s' Pe^ v°lume in-8°. dans laquelle il est parlé d'une contagion, 452. ' qui après avoir ravagé la Pannonie, l'Illyrie et la Belgique,

ruinoit les troupeaux : mais elle ajoute que les Chrétiens en Bar. an. 376. ap. | préservoient les leurs par le signe de la Croix. ' Baronius Tin. Emp. t. 5. P. rapp0rte ce[[e Eglogue à la peste dont parle S. Ambroise

en écrivant, sur S. Luc, et que Mr. de Tillemont place en Bib. pp. t. 6. p. l'année 377. ' Cette Eglogue est faite assurément par un 377 2 Chrétien dans le temps que J. C. seul étoit adoré dans les

grandes villes : ce qui convient fort bien à ce temps-là, que le Paganisme n'étoit presque plus en vigueur qu'à Rome et p 376. 2. à la campagne. ' On l'attribue à un Severus Sanctus Endelei-

chus, en ces termes : Severi Sancti id est Endeleichi rhetoris : Tin. ihid. ' expression qui feroit penser, remarqne M. de Tillemont,

qu'Endeleque Rhétoricien, à qui on donne cette Eglogue, se seroit caché sous le nom de Severus Sanctus. Mais ne seroit-il pas au moins aussi naturel de dire sur cette inscription, que l'Eglogue est du Poëte Sancte, dont nous venons de parler, et que dans la suite quelque copiste aura ajouté k Severi

Sancti

POEtfe ciiiu/nr.v ;;?

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