VU
Saint Paulin. — Pages 179-189.
Il est parlé, page 188, de la traduction françoise des lettres de S. Paulin, évèque de Noie, imprimée à Paris chez Louis Guérin, l'an 1703, en lvol. in-8°. Il faut ajouter que la même traduction a été réimprimée en 1724, in-8°, chez la veuve Guérin et Hippolyte-Louis Guérin, son fils, à Paris, avec des remarques et des éclaircissements du traducteur, telles qu'elles se trouvent dans l'édition de 1703.
— Page 189. On a attribué à ce saint prélat, avec quelque doute néanmoins,
aug .. \, U't-iSc.
les actes de S. Geoès, martyr à tries, vik éditions de ces actes qui ont été
indiqu les, il Eaul en ;ij inter une do ivelle, 'pabliée par les c intinuateurs de ""||- **■ *»•■ **
idiw sur celle de D. Ruinait, qu'ils ont coUationnée avec d'autres manuscrits. Ils y ont joint un comm m lire el des n »tes. Les d luveam é liteo l'eaemplede D. Kuimrt, laissent indécis le procès qui est entre les critiques touchant le véritable auteur de ces actes, n'ayant rien trouv ■ qui pût les d terminer. C'est pourquoi ils les ont donc ;^ sous ! no n de Paulin, évèque, sans désigner quelle a été son église. (DD. Pomcet, Colomb, Cleme.ncet et Clf-ment. t. X. 17ÔT>; addit. et correct., p. x.)
— Page 191). Il faut joindre aux. éditions des œuvres de ce saint prélat celle qui a été publiée a Vérone l'an 1736, en un volume m -folio, sous ce titre : S. Pontii Meropii Pauiini Senatoris et Consulis Romani, deinde Solani episcopi opéra. ad mss. codiees GaUicanos, ltulicos, Anglicanos,Belgicos atque ad editiones antiquiores emendata et aucta, neenon variorum notU ac dissertationibus illustrata:nunc verà primum quatuor integris Poëmatibus, quoi ex Ambiosiana bibliotheca pridem eruta. modo secundis curis D. Ludovicus-Antonius Mura&orius recognovit auctiora demum utque absoluta. Veronœ, il36.Typis Dionysii Romanziui.
Cette édition est adressée, par une lettre de l'imprimeur, à l'illustrissime et révérendissime Antoine Corrario, qui avoit ét^ tiré de l'ordre des Capucins pour être placé sur le siège patriarcal de Venise. L'épître dédicatoire est suivie d'une assez courte préface, où l'on rend compte de la nouvelle édition des œuvres de saint Paulin, des raisons qui ont porté à l'entreprendre, et de la méthode qu'on y a suivie. C'est la même méthode par rapport à la distribution des ouvrages que celle de l'édition de Paris, publiée par M. Jean le Brun. L'auteur de la préface donne à M. le Brun la qualité de très-célebre Prêtre. Cest une méprise ; M. le Brun étoit seulement acolythe; la haute idée qu'il eut toujours del'e\.cellenceet de la sainteté du sacerdoce l'empêcha de s'engager dans les ordres sacrés. La nouvelle édition dont nous parlons renferme en un seul volume in-folio tous les ouvrages du saint évèque de Noie, partagés en deux classes. Dans la première sont les écrits en prose; dans la seconde, les poésies. Le nouvel éditeur y a ajouté quatre poèmes revus par M. Muratori, qui les avoit déjà publiés dans ses anecdotes, sçavoir trois sur saint Félix et un quatrième dans lequel l'auteur combat les payens.
Dom Rivet regarde ce Poëme comme faussement attribué à saint Paulin, et ne balance pas à le rejeter. « On peut assurer, dit-il, que ce poëme ne fut jamais de saint Paulin, d II en donne pour raison que « le véritable auteur « de Cette pièce est un nomm- Antoine, comme il paroit par le premier vers : Percussi, fateor, sectas Antonius omnes. » Cette raison n'est pas satisfaisante. En effet, ne peut-on pas dire, et avec fondement, que le nom propre
AfUonim esl un nominatif pour un vocatif, et qu'ainsiil désigne, non le vérilabie auteur du poème, comme l'a cru dom Rivet, mais celui à qtfi il est adressé. Vossiusa fait voir dans sa grammaire que les anciens se son! servi du nominatif pour le vocatif. On sçait que parmi les Utiques ces deux cas étoient toujours semblables, el que Chez les Latins mêmes, ils le sont encore presque toujours. C'est pourquoi on les joint souvent ensemble, comme là remarque Scaliger. Nous pourrions en citer une multitude d'exemples :
Nate rneiB vires, mea magna polentia solus.
Pline, parlant de Ciecron, dit : Salve, primus omnium païens patriœ appellute, primus in toga triumphum linguœquelaitream mérite. Virgile neditil pas : Bacchus povvBacche : adsis lœtitiœ Bacchus dator.2 Et Horace : bonus, pour bone : Des veniam, bonus, oro.
D'ailleurs, en supposant que Autonius est un nominatif pour un vocatif, le sens du vers est beaucoup plus naturel. Rien n'empêche donc qu'on ne mette ce poëme au rang des véritables productions de saint Paulin, d'autant plus qu'il se trouve dans le manuscrit d'où l'éditeur l'a tiré, à la suite de la treizième pièce sur saint Félix de Noie, qui est de lui. L'éditeur paroit persuadé que saint Augustin avoit en vue ce poëme de saint Paulin, lorsqu'il lui écrivoit ainsi : Advenus Pagunostescribere didici, ex fratribus, etc. Le même éditeur croit que saint Paulin composa cette pièce vers l'an 394, lorsqu'il renonça absolument au monde pour vivre dans la solitude à Noie.
La nouvelle édition dont nous parlons est enrichie de vingt-deux dissertations de M. Muratori sur les poésies de saint Paulin, dont les unes regardent les personnes à qui elles sont adressées; d'autres, saint Paulin lui-même, ses dignités, ses actions ; quelques-unes, des points d'histoire et de discipline sur la décoration des églises, l'usage dos cierges pendant le jour, la sépulture dans les églises dès les premiers siècles, les vœux, etc. (DD. Poincet, Colomb, Clément et Clemencet, t. XI, 1759; Avertiss., p. v.j
— Nos prédécesseurs avaient déjà donné une note supplémentaire sur saint Paulin, t. X, p. x, où ils ne nomment point l'auteur de la traduction française desLeitres, publiée à Paris, en 1703 et 1724, in-8°, par les soins du P. Frassen, cordelier, mais qui paroit être de Claude S mteuil, frère du poëte.
Les quatre poëmes publiés sous le nom de saint Paulin par Muratori, en 1697, à Milan, in-4°, et en 1736 dans la grande édition de Vérone, ont été soumis à un nouvel examen et augmentés de plusieurs vers d'après un manuscrit de Bologne, par J.-L. Mingarelîi, dans ses Anecdotes, Rome, 1756, in-4°; et ses prolégomènes et son texte ont été reproduits dans la Bibliothèque des Pères par Gallandi, Venise, 1772, in-folio, tom. VIII, pag. xm-xv, et pag. 211-227.
Depuis, aucun travail de quelque prix n'avait • té i lit sur sainl Paulin, i (juc M. Mai publia, on 1X27, à Rome, d'après nu manuscrit «lu Vatican, deux nouveaux poèmes qu'il attribue à l'évèque de Noie, et qu'il a transportés ensuitedani sa Collection latine, Rome, 1833, in-8°, t. V, p. 369-381. Le môme savant nous apprend, ibid., p. xlii, que l'on n'a encore inséré dans aucune édition des œuvres de Paulin un fragment de son iïùtédePœnitentia, publié autrefois par Holstenius à la suite de son Recueil d'anciennes rè monastiques [Codex Regubrum, Rome, 1661, in- i' ; Pans, 1663, in-4°; tagsbourg, ITI59, in-fol. ; et il no js fait espérer enfin deut sermons de saint Paulin de Quadragesima, que Gcnnadc parait avoir lus [de Viris iliustr., i • <'t qui so trouvent manuscrits dans une des bibliothèques de Rome.
D. Cellier, auquel il suffit de renvoyer une fois pour les articles sur les Pères de l'Église, paie de saint Paulin de Noie dans l'Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques, t. X, p. 343-631. Dans le long ouvrage du P. Jean-Étienne Remondini, religieux somasque, délia Nolana ecclesiastica istoria, Naples, 1747, 1751, 1737, 3 vol. in-fjl., se trouve, au second volume, outre une Vie de saint Paulin, une traduction italienne, en prose et en vers, de ses œuvres alors connues. (Victor Le Clerc, réimpression du tom. XI, 1841; notes des nouveaux éditeurs, p. 8.)
— Les anciens textes manuscrits des œuvres de S. Paulin ne sont pas communs. Nous en avons remarqué trois dans la Bibliothèque impériale de Paris qui sont antérieurs auxn0 siècle. Le numsro le plus précieux, qui semble remonter à la fin du ixe siècle, provient de Cl. Dupuy, et contient les pièces suivantes :
t. Epistola; tredecim ad Severum Sulpitium. 2. Qnmque Epistola; ad Delpliinum. 3. Sex epistolne ad Amandum episc. 4. Duae epist. ad Victricium. o. Très epistola; ad Aprum episc; et ad Amandum. 6. Quatuor epistole ad Floreutium episc. Caiurcensem; — ad AJetium episc ; — ad Desiderium; — ad Pammachium. 7. Epistola; duae ad Severum de basilicarum dispositions 8. Epistola et versus ad Jovium. 9. Epistola? ad Mâcharium. 10. De Gazophilacio. 11. Ausonii versus ad Paulinum et Paulini versus ad Ausonium. 12. Versus ad Cyilienium. 13. Versus de obitu Celsi, pueri. 14. Versus de reditu Nicets. 15. Versus de psalmis i. n et cxxxin. (N. E.)
vni.
Jeaj Cassier. —Pages 213-230.
A la page 223 , où l'on parle de la traduction des Conférences, il faut ajouter ce qui suit : Plus de soixante-dix ans avant M. de Saligny, Jean de
Lavardin, abbé de l'Estoile, de qui nous avofis quelques autres mauvaises ni!, s. Hei. Red. traductions, mit aussi en notre langue les conférences <i<- Cassien. *Sa traduction fui d'abord imprimée, à Pans, chez Guillaume Chaudière, l'an 1589, • •• s. Ben. Haci. m s-; ' puis ehcore, à Pans, chez Robert Fouet, l'an 1636, en môme volume. Ce traducteur n'a guère mieux réussi.
Ce volume étou déjà sorti des presses, lorsque nous avons appris qu'on a
renouvelle l'édition des Œuvres de Cassien, publiée autrefois par Dom Allart
Joum. deTrév. (';,/('1- religieux de l'aMiiïe de S. Vaasl d'Arras. ' Cette édition dernière a
|JT: *734.p.i9S7. para à Leipsick , l'an 1733, en un volume in-folio. ( I). Rivet. Tome U.
avertissement . p. m.)
— Outre les éditions des œuvres de Cassien, dont on a parlé dans l'article de cet auteur, il y en a une de Home, in-8°, de l'imprimerie de la Chambre
, apostolique, de l'an 1040. Celle-ci est l'édition renouvelée de Henri Cu\kius,
dans laquelle on a joint, Régula S. Pachonii, S. Hieronymo latini versa, régula et eollatioSS. abbatum, et liber S. Prosperi contra collatorem. (DD. Poiscet, Colomb, Glemencet et Clément. Tom. X, 1756, addit. et corr., p. x.)
— Un très-grand nombre de manuscrits des xe etxie siècles nous conservent aujourd'hui les ouvrages de Cassien. Le plus ancien qu'il nous ait été possible de consulter paroît remonter au ixe siècle. De la bibliothèque de S. Pierre de Corbie, il est passé d'abord dans celle de S. Germain des Prés, où il portoit le N° 278 , et de là dans la Bibliothèque impériale oh il vient de recevoir le N° 13384, au lieu de celui de 1293 qui le distinguoit depuis son entrée dans cette grande collection. Les autres manuscrits, d'une date un peu moins ancienne, portent dans la Bibliothèque impériale les n052125, 2135, 2136, 2137, 2138, 2157, 2768 anc. 'fonds latin; n° 40, fonds de S. Victor; n° 870, fonds de Sorbonne ; et 848 et 852, fonds de S. Germain. Le n° 2138 qui me semble remonter au xe siècle, a de l'importance au moins sous le point de vue de l'art. Les initiales présentent ces enroulements de branches et de feuillages, ces groupes d'animaux qui semblent animés de rage l'un contre l'autre, et que M. Viollet le Duc, dans son excellent Dictionnaire de l'architecture française, suppose, à notre avis, assez gratuitement, d'origine anglosaxonne. Ainsi, des anglo-Saxons, inspirés par les traditions et les souvenirs de leur origine mdo -germanique, auraient doté la France des ornements du style roman. Ce système soulevé assurément bien des objections. Pourquoi des fantaisies de dessin, répandues dès le vme siècle dans les manuscrits d'origine françoise aussi bien que dans les manuscrits anglo-saxons, appartiendroient-elles aux Saxons plutôt qu'aux François ? Mais surtout quel besoin d'aller rechercher l'origine de ces dessins dans le fond de l'Inde, quand il suffit pour les expliquer de se reporter aux tissus d'Orient, aux tapis et pailles de Syrie, de Perse, d'Alexandrie, de Constantinople et d'Almerie en Espagne,
NOTES. f49
qui offroient tantôt ces enroulements, tantôt ces animaul chimériques î Les riches tissus d'Orient ont eu plus d'influence but la peinture el sur l'ornementation trchitecturale do moyen âge qu'on ne l'a peut-être accordé jusqu'à présent. Les artistes françois n'ont pas dû von-. Bans chercher a les reproduire, ces vives couleurs, ces ingénieuses combinaisons de lignes que l'on admiroit dans les pallia orientaux; et de fort bonne heure ils ont dû chercher aies reproduire dans les miniatures des manuscrits, dans les verrièri dans la décoration des édifices. (N. E.)
Victor. — Pages 244-248.
Un manuscrit du xe siècle conservé dans la Bibliothèque Impériale sous le n°7oo8 et qui provient du cabinet de Colbert renferme le poème Tcepl'AXviOefoev, ou. comme on le trouve écrit, AléHas. Celte transcription n'est pas exemple de fautes grossières et de leçons excellentes que les éditeurs n'ont pas toujours, les unes corrigées, les autres admises. Le nom de l'auteur est constamment écrit Claudius Marias Victor, orator Massiliensis. Ce dernier mot semble lever les doutes de dom Rivet sur la véritable patrie de Marius Victor. (N. E.)
Consence I. —Pages 249-250.
' On nous reproche de nous être contentés de rapporter ce que saint Sidoine joum. de Trévou Apollinaire dit de Consence I, l'un de nos sçavans du ve siècle, sans y faire 1736' p' M5, quelques reflexions critiques. Mais on n'a pas pris garde qu'avant que d'entrer dans le détail de son éloge, nous prévenons nos lecteurs par cette reflexion générale qui dit beaucoup : Si le portrait, faisons-nous observer, que nous en a tracé S. Sidoine, qui d'ordinaire n'épargnoitpas les louanges envers sesamis, n'est pas flatté, Consence éto'xt poète, orateur, etc., quelles autres reflexions critiques pouvions-nous légitimement faire sur un savant dont il ne reste rien pour en juger par nous-mêmes ? Devions-nous contredire S. Sidoine sur chaque point de son éloge, lui qui paroit avoir connu particulièrement Consence et avoir lu ses ouvrages en tout ou en partie ? (D. Rivet, t. IV, 1738. Avertiss., p. xxxv.)
S. Germain. — Pages 256-263
Dans l'histoire de S. Germain évoque d'Auxerre, nous avons faifune faute que tout le monde ne peut regarder que comme fort pardonnable. Nous avons cru devoir lui attribuer un écrit qui ne lui appartient point ; quoique lous les traits sous lesquels le représentent les derniers éditeurs de S. Ambroise autorisent notre conjecture. Il est important de voir les choses par soi-même : faute de quoi l'on s'expose à être trompé, et a tromper les autres sans le vouloir.
M. l'abbé Le Beuf, souchantre et chanoine de la cathédrale d'Auxerre, déjà connu avantageusement dans la république des letres, et l'un de cessçavants qui désirent éviter l'écueil dont on vient de parler, s'est donné beaucoup de mouvements pour avoir l'écrit en question, comme important pour l'histoire de son église, à laquelle il consacre ses veilles et ses travaux literaires. Après l'avoir fait chercher inutilement parmi les papiers de ceux qui nous en ont donné la première connoissance, il a cru devoir remonter jusqu'à la source, et avoir recours à la bibliothèque de la célèbre abbaïe de S. Gai, où se conserve le manuscrit. M. le marquis de Bonnac, notre ambassadeur chez les Suisses, a eu la politesse de lui en avoir une copie.
H se trouve que cet écrit qui contient vingt-quatre pages d'écriture assez serrée, n'est point la production de S. Germain, mais de S. Victrice évoque de Rouen, à la fin du quatrième siècle et au commencement du cinquième. Suivant l'idée que M. l'abbé Le Beuf a la complaisance de nous en donner, il paroît que c'est un discours que ce saint prélat fit à son peuple, à l'occasion de diverses reliques qu'il venoit de recevoir de la part de S. Ambroise de Milan et de quelques autres évêques d'Italie. Il y en avoit de S. Jean-Baptiste, de S. Jean l'évangéliste, de S. André, de S. Thomas, de S. Gervais, de S. Protais, et de plusieurs autres Saints que l'auteur a soin de nommer dans son discours. Ce ne fut par conséquent qu'après l'année 386 que S. Victrice reçut ces reliques ; puisque c'est l'époque de la découverte des corps de S. Gervais et de S. Protais, comme nous l'avons dit dans l'histoire de S. Ambroise.
On ne peut se tromper en attribuant ce discours à saint Victrice, qui s'y nomme lui-même et sa ville épiscopale. De sorte que c'est par un défaut d'attention que les derniers éditeurs de S. Ambroise, qui témoignent l'avoir lu, le donnent à un évêque anonyme. C'est ce qui. joint à l'antiquité du manuscrit.
et au voyage que L'auteur dit avoir lait dans la Grande-Bretagne, pour p quelque secours aui ÔTôques de cette lie, comme le rapportent fort bien mêmes éditeurs, nous y avoil lait apercevoir S. GERMAIN d'Auxerre.
L'écrit est Tort honorable pour l'Église de Roui-n, dont l'auteur parle avec éloge. Il s'y étend particulièrement sur L'état des vierges et des veuves : a des. sein, ce semble, de marquer son unanimité de >enti aenl envers les Égl d'Italie touchant la virginité5, qu'elles venoient de défendre contre 11 de Jovinien. Il y l'ait aussi une longue profession de loi ^ur le mystère de la Trinité s'arrêtant en particulier à la divinité de Jésus- Christ, peut-être encore en vue de l'aire voir qu'il pensoit sur ces points de loi comme ces môme Églises, qui, de concert avec quelques évèques gaulois, avoient condamné en 381 Pallade et Secondius, fameux ariens, ainsi qu'on l'a vu à l'article de saint Ambroise.
A cela près, tout le discours, pour la plus grande partie, n'est qu'un enchaînement d'apostrophes, tantôt aux saints dont il avoit reçu des reliques, tantôt aux évèques de h libéralité desquels il les tenoit, tantôt enfin aux fidèles de l'Église de Rouen, devant qui il pareil qu'il le prononça de vive voix. On juge par la fin que S. Victrice et son peuple avoient déjà pris des mesures pour bâtir une église, et qu'on y travailloit mèm2 dès lors, afin d'y déposer les saintes reliques. Il y a beaucoup d'apparence que c'est là l'origine de Saint Gervais, qui subsiste encore à Rouen.
Il n'y en a pas moins à croire que l'auteur, après avoir prononcé son discours, en envoïa une copie à son bon ami saint Paulin de Xole. La manière dont s'exprime celui-ci dans une de ses letres à S. Victrice sur l'état de l'Église de Rouen en général, et en particulier sur le secours qu'elle liroit de la présence des apôtres, sur ses vierges et sur ses veuves, f.iit naturellement naître cette pensée. Ce discours, au reste, où il se trouve quelque éloquence, répand beaucoup de lumière sur divers endroits de cette lettre de S. Paulin, qui est la dix-huitiéme dans la nouvelle édition, et dont on met la date à la fin de 399, ce qu'on pourroit avancer de quelques années. Il semble au moins que ce fut en 390 ou 391 que S. Victrice reçut les reliques dont il s'agit ici; et il paroit, par la manière dont il parle de S. Ambroise, que ce saint docteur étoit encore au monde lorsqu'il prononça son discours. La pièce étant assez considérable pour mériter une place entre nos écrivains, il est de notre dessein de faire connoitre sa personne.
SAINT VICTRICE,
Evkque de Roi i s.
Paul, epist. i8. ' Victrice avoit pris naissance, comme il paroît par la manière dont en parle S. Paulin, à une des extrémités de
Bon. 7. aug. p. l'Empire, de extimo orbis : ' ce que l'on croit devoir entendre
192- "' 4' du pais de Terouanne ou de Boulogne-su r-Mer. Peut-être
aussi seroit-on fondé à l'interpréter de quelqu'une des Isles
Paul. ib. n. 7. 8. Britanniques. ' Sa première profession fut celle des armes, Dieu voulant le préparer aux travaux de l'épiscopat par les fatigues de l'art militaire. Un principe de conscience lui aïant ensuite fait quitter le service, sa désertion lui attira beaucoup de mauvais traitements. On alla même jusqu'à vouloir lui ôter la vie; et il l'auroit réellement perdue, si Dieu n'avoit fait plus d'un miracle pour la lui conserver. Ce qu'il eut à souffrir en cette occasion, lui mérita les titres de confesseur oii. ib. n. s. et de martyr. Il s'agissoit donc de la cause de la foi. ' Ainsi l'on est autorisé à croire que cela se passa sur la fin du règne de Julien l'Apostat. Victrice, comme on le voit par la fin de son discours, conserva toujours depuis le désir de verser son sang pour Jesus-Christ.
De si saintes dispositions ne pouvoient que contribuer à en faire un saint évêque. On ne sait ni quand ni comment l'Eglise de Rouen l'élut pour la gouverner en cette qualité.
Paul. ib. n. 9. Ce qu'il y a de certain, ' c'est qu'il étoit revêtu de l'Episcopat avant que S. Paulin renonçât au monde, par conséquent
n. 6. | eP.37.n.4. avant l'année 390. ' Victrice parut sur le chandelier de cette Eglise comme un flambeau resplendissant qui répand sa lumière de toutes parts. ' Rientôt sa ville episcopale, auparavant presque sans nom, devint assez célèbre pour mériter d'aller de pair avec les premières villes des Gaules. ' Ses instructions lumineuses y firent briller la piété chrétienne nonseulement dans le clergé et les troupes de vierges et de veuves, mais aussi parmi les personnes engagées dans le mariage, dont plusieurs embrassèrent volontairement la continence.
' L'enceinte de la ville de Rouen etoit trop étroite pour le zélé de Victrice. Il alla encore annoncer l'Evangile dans les pais des Morins et des Nerviens, aujourd'hui la Flandre, le Rrabant et quelques autres pais voisins : soit que ces contrées
ep. 18. n. 5.
fissent alors partie de son diocèse, don! les Limites étoient effectivement plus étendues qu'elles ne le sont à présent : soi! que la charité Beule le portât à aller tirer ces peuples des ténèbres où ils étoient. Ses travaux apostoliques j eurent tant de succès, qu'il eul la consolation de voir les déserta changés en églises et en monastères.
Ce fut de là apparemment que les évoques de la Grande- Bretagne i'appellerent à leur secours, pour les aider à rétablir la pai\ dans cette isle, ainsi qu'il nous l'apprend lui-même dans récrit qui nous reste de lui. 11 y fit quelque séjour; et il y étoit encore lorsque lui vinrent d'Italie les reliques dont on a parlé. Ce présent qui lui fut envoie par un exprès de la part de S. Ambroise et de quelques autres évêques ses voisins, suppose que Victrice étoit particulièrement connu et estimé de ces grands prélats.
Mais personne n'eut pour lui plus d'estime et d'attachement
?[ue S. Paulin de Noie.' Il ne l'avoit cependant vu qu'une seule ois à Vienne, sur le Rhône, chez S. Martin de Tours. Paulin l'honora dès lors comme un évêque , mais aïant appris dans la suite ce qu'il avoit souffert pour la cause de Dieu, et tout le bien qu'il avoit fait dans sa ville épiscopale et les autres lieux où il avoit annoncé l'Evangile, il conçut pour lui un respect et une vénération sans bornes. Il en a laissé des preuves non équivoques dans deux letres qu'il lui écrivit. Ce sont la 18 et la 37 dans la nouvelle édition de ses œuvres, et les deux monuments authentiques qui nous apprennent le plus de faits pour l'histoire de nôtre saint Prélat.
On ne voit point qu'il en ait écrit à S. Paulin plus d'une. Encore est-elle perdue,' et n'étoit point de longue haleine, ep. 37. n. i Mais quelque courte qu'elle fût, le saint évêque de Noie en fait un grand éloge. Les paroles lui en étoient plus précieuses que l'or et l'argent, et plus douces que le miel.
' S. Victrice écrivit en une autre occasion au Pape S. In- f^;^2' ' nocent, pour lui demander quelques éclaircissements sur divers points de discipline, à dessein de se conformer à la conduite de l'Eglise de Rome. Sa lettre est perdue; mais nous avons la réponse qu'y fit ce saint Pape. Elle est fort honorable à la mémoire de S. Victrice, dont S. Innocent loue l'érudition, la doctrine et le zèle, et contient treize articles qui regardent la discipline, par rapport à l'ordination des clercs et à rengainent des vierges consacrées à Dieu. La date en est assez incer-
taine; on la croi! cependant de l'année t05. Les sçavants n'osent pas décider si ce fui avant ou après cette époque, paui. •:.. h i que S. \ ictiuci: lit un voïage à Rome. Il y a quelque appa- „. i. -. pence qu il l'entrepril à l'occasion d'une calomnie dont on le
chargea mais qui ne servit qu'à perfectionner cl à mieux faire connoître sa vertu.
L'on ignore l'année de sa mort et l'espace du temps de son épiscopat. il paroît cependant qu'il vécût au moins jusqu'en 410. Ce qui en fait ainsi juger est le titre de la dernière letre que S. Paulin lui adresse, conféré au titre de la première. Dans celui-ci, S. Paulin, comme n'étant encore que simple prêtre, donne a S. Victhicf. la <jualité de père : au lieu que dans l'autre il le nomme son frère, parce qu'alors il étoit évéque comme notre Saint, ce qui arriva à la fin de Bon. ib. p 192 '. S. Victrice est honoré comme un saint confesseur au Iî>7- 7 d"a; ùt, jour auquel les savants continuateurs de Bollandus
rapportent ce qu'on a de plus certain sur son histoire, après l'avoir tiré du dernier éditeur de S. Paulin, et l'avoir illustré Tin. H. e. t. to. de nouvelles observations. ' M. de Tillemont avoit déjà publié p'6<yi en notre langue presque la même chose. (D. Rivet, t. IV.,
1738. Avertissement, p. xxxviiï-xlii.)
S. Hilaire d'Arles. — Pages 26-2~27o.
D. Rivet n'a point fait difficulté d'attribuer à saint Hilaire d'Arles l'homélie sur saint Cènes, imprimée dans Surius, quoique les modernes ne soient pas d'accord entre eux sur l'auteur. Les continuateurs de Bollandus ont encore inséré depuis la même* homélie dans leur commentaire sur les actes du même saint ; mais ils ne prennent point de pirti, et se contentent de rapporter les divers sentiments des savants touchant l'auteur de cette homélie.
Les mêmes éditeurs ont aussi donné au public, dans leur commentaire sur les actes de S. Genès, la relation d'un miracle arrivé à Arles le jour de la fête, et par les mérites du saint martyr, et ils ont embrassé le sentiment de D. Rivet, qui a cru saint Hilaire auteur de cette relation. Ils font mention au même endroit d'une édition des ouvrages de saint Hilaire, évéque d'Arles , publiée par Jean Salinas, chanoine régulier de Latran, quia paru en l'an 1731** La relation dont nous venons de parler s'y trouve revue sur les manuscrits e les éditions précédentes. Comme nous n'avons pas cette édition, nous ne som nos point en état d'examiner si l'éditeur a mis au jour quelques ouvrages de
saint Hilaire qui auraient échappé à i>. ftivet. i>i> Poncet, Colomb, i min. 1 1 el Ci i mi m. i. V 1786. \iid. etcorr., p. s
— Le manuscrit du v siècle, conservé -uns le n° 2772, dans la Bibliothèque Impériale, el provenanl du Gabinel de Colbert, esi un de ceux qui attribuent ii m» s;iii)i Hilaire le Carmen de Mackabœorum martyrio. N I
Mil.
S. Eucher. — Pages 275-294.
Outre ce qu'on a dit, page 2<Sl , des différentes éditions et traductions de la fetre de S. Eucher à Valerien, on ajoutera ici 'que Bartheleuù Ancan, au- Bib. Or. Nan. teurde quelque réputation en sou temps, la traduisit en françois, et la publia à Lyon chez Macé Bonhomme l'an 1552, en un petit volume in 4°, avec ce titre :S. Eucher à Valerian, exhortation rationale retirant de la mondanité... avec annonfiatio)! de l'artifice, rethorie et choses notables en icelle.EWc est en vers françois. Au bout de six ans, Leger-Bontemps, moine de S. Bénigne, à Dijon, en publia une autre en prose sous ce titre, qui se ressent du génie de ce siecle-là : l'Adresse de vertu, en laquelle sont contenus plusieurs beaux exhoftèments à bien et vertueusement vivre, et contemner les vanités du monde. Cette traduction fut imprimée en 1558. par Jean Saugrain.
Il faut encore ajouter la traduction qu'en a faite Jean Canaye, et qui a été imprimée à Rouen chez Laurent Maurry, en 1658, avec les lctres de S. Cyprien à Donat, de S. Jérôme à Helliodore et Demétrius, et de S. Augustin à Licence, le tout en un volume in-16. (D. Rivet, tome II, 1735. Avertissement, p. xxi ; tome IV, 1738. Avertiss., p. xliii; — et tome V, 1740. Avertiss., p. n.)
— Aux traductions de l'ouvrage de S. Eucher Sur le mépris du monde, il faut ajouter la suivante, imprimée à Rennes en 1636, in-16, chez Jean Durand, sous ce titre : Letre de saint Eucher à son cousin Valerian, Du mépris du monde, tirée des traductions d'un P. Jésuite. (DD. Poscet, Colomb, Clémencet et Clément, tom. X, 1756; addit. et corr., p. x.)