‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 383 sur 384 · NOT · texte numérisé non relu

NOT

donner raison contre II ville, contre les magistrats de la ville, contre II décision de la cour Pontificale. On voit ici la tendance regretable de nos savans Bénédictins à prendre toujours parti contre les papes en Faveur de leurs pieni adversaires Dora Rivet se règle ici sur Tillemonl dont il adoucil cependant beaucoup les expressions dans le récit de ce curieux démêlé. Remarquons, d'ailleurs, que l'Eglise entière consacroit aussi bien la sainteté du pape Hilaire que celle de l'evôque Mamert, bien que Tillemonl etdom Rivet affectent d'accorder seulement à l'evêque le bénéfice de cette consécration. Puis, miemont tin it par cette phrase qu'on trouvera peut être indigne de ce savant homme : » Quel qu'ait esté S. Mamert dans l'esprit d'Hilaire, ['Eglise aura « toujours plus de respect et de vénération pour sa sainteté, que pour celle « de ce pape, quoi qu'il ait pu mériter par d'autres actions le titre de Saint « que sa qualité et les martyrologes lui donnent. » L' Eglise! Qu'est-ce que l'église en dehors des décisions pontificales de saints papes, tels que Zozime, Léon et Hilaire, sur une question de limites diocésaines? Sa qualité ! Voltaire n'eût pas dit autrement ; mais Tillemont ! (N. E.)

S. Loup, evêque de Baveux. — Pages 417-418.

Dom Rivet semble dire un peu légèrement que l'on croit que l'Eglise de Baveux commença à avoir des evèques, « avec toutes les autres églises de la « Province, dès la fin du rv* siècle. » Il est incontestable que la série de ces evèques remonte jusque-là. Mais l'opinion commune, que nous ne prétendons ici justifier ni combattre, rapportoit l'arrivée ou le retour de S. Exupere ou Spire et son episcopat à la première moitié du second siècle. Les circonstances fabuleuses qui peuvent se trouver dans les anciennes vies de S. Spire et de S. Leu ne suffisent pas, d'ailleurs, pour en contester l'ancienneté relative.

L"année même de la publication de ce deuxième volume de V Histoire littéraire, Jean-François Beaupied, prêtre abbé de S. Spire, publia un opuscule parfaitement dénué de critique, sous le titre d'Abrégé des vies et miracles de S. Spire et de S. Leu, eresques de Bayeux, avec l'Histoire de la Translation de leurs reliques au château de Palluau en Gatinois, et de là à l'église Royale et collégiale de Corbeil. Paris, And. Cailleau, 1735, in 18°. Cet abrégé résume les anciennes légendes des deux saints de Baveux, légendes qui n'offrent qu'un rapport fort éloigné avec l'Histoire littéraire de la France. (N. E.)

ANONYME, \i liait DES MÎTES DE S. JULIEN, MARTYR. ~ Page 420-434.

Aux éditions des actes de ce saint marlyr, donl on a rendu compte, il faut ajonter celle que les Bollandistes en onl donnée dans leur grande collection au 8 d'août. (1)1). Poncet, Colomb, Clémencet el Clément, t. X. 1750. Addit. et correct, page xn.)

— Remarquons aussi que dom Rivel ayant occasion de citer dans la notice de DOMNICE ou Domice, p. 42i, sepl vers de Sidoine Apollinaire auroit pu prolonger d'un vers cette citation, pour justifier l'ancienneté du culte rendu à S. Julien :

Hinc le susoipiet benigna Brivas, Sancti (juse fovet ossa Juliani.

S. Salon e. — Pages 433-437.

A la page 436, nous n'avons fait qu'indiquer simplement l'édition particulière des dialogues où S. Salone evèque de Genève, et S. Vehan son frère expliquent les Paraboles de Salomon et l'Ecclesiaste , parce qu'elle ne nous Hil). s. And. Rot. étoit pas encore tombée entre les mains. ' Elle est in-4 °, faite à Haguenau, chez Jean Seeerius, en 1532, avant Paque, par les soins d'Alexandre Brassican, qui y a joint la dissertation de Bessarion, sur ces paroles de l'Evangile de S. Jean : Sic eum volo manere. (D. Rivet, t. V, 1740. Avertissement, p. n.)

Mamert Claudien. — Pages 442-453.

Outre les éditions du Traité de Mamert Claudien sur l'État de l'âme, que nous avons annoncées , il en est une autre dont nous n'avons rien dit : elle est de Paris, 1520, in-4°. (D. Rivet, t. IX. 1750. Avertiss., p. vi.)

p. 450< — Dom Rivet, parlant des écrits de cet auteur, cite une édition de son

traité sur l'Etat de l'ame, publiée l'an 1655, à Zuickaw. Voici le titre de cette édition, tel que nous le trouvons dans le catalogue de la bibliothèque de

T. î. P. 37. Charles Bulteau, ' imprimé à Paris, l'an 1711 : Claudiani Marner ti de statu

animn, lib. ///, Qregorti Thaumatwgi libellas de anima, latine Gerardu \ interprète. Incerti philosophé christiani célèbres opinionet de anima,

latine Joanne Tarino interprète; llermœ S. Pauli discipuli pastor et Paciani episcopi BarcinonensU paraeneticus animadversionibtu et gloaario, neenoti Andréa Scoti notis.Cyne,adpœnitentiam eum Gasparù Barthœ animadversionibus et glossario, neenon Andréa scoti notis. Cijneœ, Gopnen», IGoo. in-8°, 2 vol. Ce titre est différent de celui que 1). Hivet a donné, d'après le catalogue de la bibliothèque Angélique, ou d'Ange Rocca. (DD. Poncet-Colohb-Clékercbt et Clément. T. X, 1750. Add. et Correct., p. \n. — La Bibliothèque impériale de Paris possède trois textes précieux du de Statu anima. Le plus ancien , n° 13G8 , appartient au fonds de Sorbonne; n° 13(38. Le n° 2779 de l'ancien fonds de Colbert n'est guères moins ancien. Ils sont tous deux in-4°, et nous paroissent remonter à l'époque mérovingienne. A la fin de la table des chapitres, on lit dans es deux manuscrits : Hujns operis auctor ignoratur quia tacitu nomine ista conscripsit contra qua Claudianus très hos libres disseruit. L'auteur ignoré est celui qu'on reeonnoitici pour Fauste de Riez. — Le n° 2164, in-folio, provenant de Jueq.-Aug. de Thou, ne paroit pas antérieur au xi' siècle. (N.-E.)

coisstance. — Pages 543-548.

P. o47. ' Surius nous a donné une vie de saint Juste, evêque de Lyon, dont M. de Tillemont a cru que le prêtre Constance étoit auteur. D. Rivet adoptant le sentiment de ce scavant et judicieux historien, prononce après lui que le style en est grave, saint, majestueux, plein d'elegance; en un mot digne de ce célèbre prêtre de Lyon. Mais il faut avouer que D. Rivet n'a pas assez fait usage de ses lumières dans cette occasion, et que l'autorité de M. de Tillemont, si respectable à tous égards, lui a fait porter un jugement trop favorable delà vie de Saint-Just, publiée par Surius. L'éloge que lui et M. de Tillemont font de ces actes conviendroit mieux à une autre vie du même s.ùnt que les Bollandistes ont donnée au public dans leur grande collection. Ils en ont publié deux au second jour du mois de septembre, dont il est à propos de parler ici. Ces deux vies, écrites par deux anonymes, n'en sont proprement qu'une pour le fonds, et il est visible que l'un des anonymes a copié l'autre. La première, tirée d'un manuscrit de la reine de Suéde est plus courte, mais beaucoup plus pure que>us les autres actes de S. Just, tant imprimés que manuscrits. Les faits y sont dégagés de toutes les digressions inutiles qu'on trouve ailleurs. C'est de cette vie qu'on pourvoit dire avec quelque fondement, Tome H. D d d d d

m m» ii. s.

ce que M. de Tillemont a dit de celle de Surius, que le Btyle eu evf grave, saini. majestueux, el plein de d'elegance. L'auteur etoil presque contemporain du saint evêque, puis qu'il avoil appris d'un témoin qui avoit vu sainl Jusl dans son désert, tout ce qu'il rapporte de sa retraite dans la solitude d'Egypte. Ce témoin oculaire étoil un sainl prêtre âgé de quatre-vingt-dix ans, lorsque noire anonyme ecrivoil : par conséquent, il ;i du écrire dans le cinquième siècle. En vain diroit-on que ce qu'avance l'anonyme touchanl la relation du témoin oculaire, de qui il avoil lui-môme appris ce qu'il écrit, n'esl que l'addition d'un imposteur, qui a voulu par là se donner du relief, el concilier une plus grande autorité à son histoire. Cette prétention seroil démentie par le stile, qui est ici le même que dans toul le reste. Ce trail manque dans 1rs actes de Surius, qui l'ont la seconde vie de sainl Just, revue, sur les manuscrits, et publiée par les continuateurs de Bollandus.

Celle seconde vie est tirée de la première, comme nous l'avons déjà remarqué : ce sont dans l'une et l'autre les mêmes faits, mais plus courts dans la première et plus diffus dans la seconde, oii ils sont remplis de minuties et de raisonnemens frivoles. Tels sont ceux que l'ait l'auteur, pour prouver que S. Just a été un vrai martyr; d'autres sur son nom, sur sa ressemblance avec Elie, etc. L'auteur de ces actes ou plutôt le declamateur qui n'a fait que grossir et surcharger la véritable vie de saint Just par ses reflexions et ses p°365-376~ SPPt raisonnemens,' est beaucoup plus récent que le premier anonyme. On en trouve la preuve dans ce qu'il dit du prétendu séjour que le saint fit à Tournon (séjour dont il n'est point parlé dans la première vie), pour mieux cacher le dessein qu'il avoit de se retirer et pouvoir le faire plus facilement. Il y a apparence qu'il entend par là la petite ville de Tournon sur le Rhône, dans le Lyonnois : or nous apprenons par l'histoire du Languedoc, que les plus anciens monumens qui fassent mention de cette ville, ne remontent pas au delà du neuvième siècle. De-là, il est naturel de conclure, que l'auteur anonyme de la seconde vie de saint Just n'a écrit pour le plutôt que dans le neuvième siècle.

C'est là néanmoins l'ouvrage que D. Rivet, après M. de Tillemont, a attri- - bué à Constance, prêtre de l'église de Lyon, auteur de la vie de saint Germain d'Àuxerre. Les continuateurs de Bollandus ont combatu ce sentiment dans leur commentaire sur les deux vies de saint Just ; et ils ont refuté assez au png les raisons dont on l'appuyé. Ce n'est point assez dire; ajoutons qu'ils l'ont fait avec succès, et en même temps avec des égards et une politesse qui pourroient servir de modèle.

Ce qui a contribué à tromper D Rivet et à lui faire regarder cette vie de Saint Just comme l'ouvrage du prêtre Constance, c'est ce que dit l'anonyme des sollicitations, (vraies ou fausses) qu'on lui a faites, pour l'engager à écrire la vie du saint evèque de Lyon. Constance dit la même chose dans la préface sur la vie de saint Germain d'Auxerre, dont il est certainement, l'auteur. Mais

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qu on comparé I. b deux \ ies en» mble, celle ii«' saint .lus! el <•<•]'

main; et l'on sera bientôt convaincu, qu'il n'est ; I m ecriu

si diffi nt la production d'une même plume. La vie da

il \ti\criv es! une histoire intéressante, bien circonstanciée, dans i iquelle o i

trouve grand nombre de laits depuis la na ssanoe «lu saint prélat jusqu'à a

mort. Celle de saint Just au contraire ne présente que <i<

ts. L'auteur n'y parle ni de sa naissance, ni de sa mort, i

ses miracles, ni de son culte. On n'y voit aucune époque : le temps même où

il a rôcu n'y esi point marqué! Constance auteur si samnl et si éclairé, qui

etoil membre de l'i - ise de Lyon, et Borissoit moins d'un sied,' après la mort

de saint Just, aurait assurément trouvé dans a mémoires pour

écrire une vie mieux circonstanciée, s'il l'avoil entrepris, L<' succès qu'il a en

en écrivant d'Ile de saint Germain suffit pour en convaini

Quoique la première vie de S. Just soit préférable à la seconde, parlesraisons que non- en avons données on y trouve cependant les mêmes défauts que

dans la seconde, quant au détail des faits. L'auteur semble n'avoir eu d'antre but que de faire l'histoire de sa retraite et de ce qui y donne occasion. Il est surprenant que l'anonyme, auteur de cette vie. qui écrivoit, comme il paroil, dans le cinquième siècle, c'est à dire dans un temps où la mémoire d'un saint si célèbre etoit encore toute fraiche, se soit borné à si peu de chose. Cria pourroit faire naître quelques doutes sur le temps oii nous avons dit qu'il écrivoit. (DD.PoNTET-CoLnMD-CLEMEXŒTet Clément. TomeX, 1756. Additions et corrections, p. XII.)

— Les raisons données contre l'attribution de la seconde vie de S. Just à Constance,, paroissent en effet décisives, maison peut être étonné queles continuateurs de D. Rivet ne se soient pascontentés de dire que c'étoit la première des deux vies de S. Just données par les Bollandistes qu'il etoit permis d'attribuer à Constance. D. Rivet et Tillemont en auroient probablement, ainsi jugé s'ils avoient eu connoissance de cette première vie. dont les continuateurs de Bolland dévoient plus tard révéler la conservation. (N. E.)

S. Sidoine Apollinawe. — Pages oo0-o73.

La vie et les écrits de Sidoine Apollinaire ont été l'objet d'une excellente étude de M. Germain, depuis historien de Montpellier. Ce fut la thèse pour le doctorat qu'il présenta, en 18i0. à la Faculté des Lettres de Paris. L'habile auteur a parfaitement analysé les lettres, les poésies profanes et sacrées de

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