‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 54 sur 384 · ALETHE, EVÊQUE DE CAHORS · texte numérisé non relu

ALETHE, EVÊQUE DE CAHORS

rôle de Dieu arec une bouche sainte, el dont les prières étoienl aussi capables de guérir la sécheresse des cœurs, que ses letres d'en adoucir l'amertume ; tanl sa foi étoit vive, et ses

" ' discours pleins de suavité. 'S. Paulin et Alethe s'écrivoient

au moins Ions les ans, se faisant tenir leurs letres par Victor, qui étoit aussi l'un des messagers, dont se servoit souvent S. Sevére Sulpice.

S. Jérôme, quoique très-éloigné d'Alethe, ne faisoit pas moins d'estime de son mérite et de son sçavoir, qu'en faisoit

Mer eP. ad. ai g. S. Paulin. ' Algasie, Dame Gauloise, lui aïanl envoie en Palesline quelques questions sur l'Ecriture, pour le prier de les lui éclaicir, le S. Docteur la renvoie au S. Prêtre Alethe, comme à un homme qui avoit autant de capacité que de sagesse, pour résoudre de vive voix toutes les difficultés qu'elle lui proposoit. Il lui témoigne même sa surprise, de ce que laissant cette source très-pure qu'elle avoit dans son voisinage, elle alloit chercher si loin le courant d'un petit ruisseau : c'est pourquoi S. Jérôme lui conseille d'adoucir l'amertume qu'elle pourroit trouver dans ses écrits, par le miel et le nectar qui couloient de la bouche d'Alethe, et de tempérer la pituite de sa vieillesse, par l'âge florissant de ce saint homme.

ibid. ' C'étoit en 407 que S. Jérôme parloit ainsi d'Alethe, qui

Paul. eP. 48. i n'étoit pas encore Evêque. Mais en 409 au plus tard' il avoit

vit. ô, iu. n. 3. succédé à son frère dans le Siège épiscopal de Cahors. ' Car il n'y a presque aucun lieu de douter qu'Alethe Evêque de cette Eglise, que S. Paulin loue entre plusieurs autres illustres Prélats des Gaules, dans le fragment d'une de ses letres que S. Grégoire de Tours nous a conservé, ne soit le même que

ep 48. celui qui fait le sujet de cet article. ' Il est loué dans ce frag-

ment comme un digne Pontife du Seigneur, et un très-fidéle dépositaire de la Foi et de la Religion.

C'est-là tout ce que les anciens monuments nous apprennent de l'histoire de ce grand Evêque, sans nous rien dire ni

Gain chr. noV. t. de la durée de son Episcopat, ni du temps de sa mort. ' Quelques modernes ont avancé sans fondement, qu'Alethe avoit épousé Rufine, fille de sainte Paule : mais S. Jérôme disant que Rufine mourut fort jeune, sans faire aucune mention de son mariage prétendu, suffit pour détruire cette nouvel^ opinion. Au reste les siècles postérieurs à ce sçavant Prélat^ nous ont rien conservé de ses écrits, dont S. Paulin relève si fort le mérite.

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