DIDIER
Prêtre d'Aquitaine.
'histoire de Didier se trouvant liée en partie avec celle de Ripaire, nous avons jugé que nous ne devions pas mer. in vig. p. éloigner leurs éloges l'un de l'autre. ' Didier étoit un saint Prêtre qui gouvernoit une Eglise dans le voisinage de Ripaiibid. ep. 48. p. re, et la troisième Aquitaine, vers Cominges. ' Il avoit contracté des liaisons fort étroites avec S. Jérôme ; et nous ne voïons rien qui empêche de croire que ce ne soit le même Didier dont ce S. Docteur parle avec éloge dans plusieurs
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de ses écrits. Noua somme- Cachés de nous voir obligés de " bous éloigner en cela du senumenl d'un très-habile homme nu. a. a. i. is. qui sur une légère preuve, a cru devoir distinguer plusieurs personnes de ce nom, tous amis el en relation avec S. Jérôme.
Mais il est certain que la variété des faits et le chang ment de résidence, qui paroissent avoir donné lieu à cette custinetion, ne sont point i\r> fondements légitimes pour établir une diversité de personnes. S. Jérôme nous fournit luimême une preuve incontestable de cette vérité. On le voil naître en Pannonie ; il va étudier à Rome, puis à Trêves ; il passe ensuite en Orient ; il paroit à Antioche, en Egypte, à Constantinople, dans le désert de Calcide ; après quoi on le voit à Rome Secrétaire du Pape S. Damase ; enfin il reparoit en Palestine à la tête d'une communauté de Solitaires, sans que néanmoins personne, que Ton sçache, se soit avisé de prendre occasion de ces différents états, de distinguer plusieurs Saints de ce nom. 11 faut porter le même jugement de Didier qui fait le sujet de cet Article ; et l'on va voir que tout ce que S. Jérôme dit de divers amis de ce nom comme il a semblé à quelques -uns devoir les distinguer, se rapporte naturellement à la même personne.
11 paroit que Didier alla passer quelques années à Rome, apparemment pour perfectionner ses études, suivant la coutume de nos anciens Gaulois, et que ce-fut là qu'il lia amitié avec S. Jérôme, qui y étoit encore en 385. ' Lorsque celui- Hier. ep. 48. p. ci fut passé en Palestine, Didier lui écrivit assez long-temps après, pour lui demander les ouvrages qui sortoient tous les jours de sa plume. Il donnoit dans sa letre de grandes louanges à l'éloquence de S. Jérôme, qui y répond par de grands traits de modestie. Celui-ci invitoit Didier et sa sœur nommée Serenille, tant en son nom que de la part de sainte Paule, de les honorer d'une visite, en prenant occasion des lieux saints pour faire ce voïage . S. Jérôme parle de Serenille comme d'une sainte Vierge, qui exprimoit par sa conduite la signification du nom qu'elle portoit. Quant à ses écrits que Didier lui demandoit, il l'avertit qu'il ne lui en envoie aucun, de peur de lui envoïer ceux qu'il pourroit déjà avoir entre les mains : mais qu'il attend son arrivée en Palestine, et qu'alors il lui donnera tout ce qu'il souhaitte. Que si quelques obstacles l'empêchent de faire le voïage, il aura soin
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de Lui faire tenir ce qu'il lui marquera. Qu'il peut voir son catalogue des hommes illustres, où il a mis une liste de ses
écrits, et lui marquer ceux qui lui manquent ; l'assurant qu'il les lui fera transcrire peu à peu, s'il n'aime mieux emprunter lui-même les exemplaires qu'en ont sainte Marcelle et Domnion.
Tui.ibid On met celle letre de S. Jérôme à Didier en l'an 393.
11 paroît presque certain qu'on ne la peut mettre guéres plus
Hier, i i. p. ses. tard, quoique ' le dernier éditeur de S. Jérôme la renvoie à l'année 306 ou même 397. Car S. Jérôme y parle de son catalogue des hommes illustres , comme d'un livre nouveau qu'il avoit poussé jusqu'à la lie année de l'Empire de Théodose, ce qui revient à Tan 392. Didier pou voit être encore à Rome , lorsqu'il reçut cette letre ; on a quelque lieu de le croire ainsi, sur ce que S. Jérôme le renvoie à Domnion et à sainte Marcelle qui y faisoient leur demeure, pour avoir communication de ses écrits. Il faut néanmoins avouer qu'une personne qui écrivoit de Palestine, pouvoit fort bien ainsi parler à un autre qui demeuroit dans la troisième Aquitaine, et qui par-là se trouvoit assez à portée de faire venir de Rome ce que S. Jérôme lui indique.
Quelque temps après, et peut-être dès la même année
Hier, in Gen. Pr. 393, ' Didier écrivit à S. Jérôme pour le porter à traduire en
p *• latin le Pentateuque sur l'hébreu. Quelque difficile et péril-
leux que parût ce travail, S. Jérôme ne laissa pas de l'entre-
p.o. prendre à la sollicitation de son ami. ' 11 commença par la
Genèse qu'il lui dédia. La letre qu'il lui écrivit à ce sujet, sert aujourd'hui de Préface à la traduction de ce livre. Le Saint exhorte Didier à lui obtenir par ses prières la grâce de pouvoir traduire ces livres saints avec le même esprit qu'ils
p. i.|eP.4s.p 562. ont été écrits originairement. ' Faisant allusion à son nom latin, il le compare à Daniel, pour avoir mérité comme lui, d'être appelle un homme de désirs. Il lui fait le même compliment dans sa letre précédente, dont nous avons parlé. Ce fut en 394 que "S. Jérôme fit cette dédicace à Didier: car de tout l'Octateuque, c'est-à-dire des cinq livres de
Tiii. iwd. p. i58. Moyse et des trois suivants ,' ce Père n'avoit encore traduit que la Genèse en cette année-là.
S. Jérôme s'étant ainsi rendu aux sollicitations de Didier, il étoit juste que Didier se rendît aux siennes. Il y a donc
mer. ep. 48. P. toute apparence ' qu'il fit le voïage de Palestine , et qu'il
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l'alla visiter à Bethléem, comme ce Père l'en avoil prié. Il
put entreprendre ce rolage en 394 ou 395; el il j a toul
sujet de croire que c'est ce même Didier' parla voie duquel .,, ,..i idvîi p
S. Jérôme envoïa quelques petits présens au Prêtre vital '''
vers Tan 395 ou 396. Ce Vital étoit un homme Grec : ce
qui peut faire juger que Didier à sou retour de Palestine
Rome ou dans les Gaules, prit sa roule par terre, en passant
par la Thrace , la Macédoine, etc. 11 navoit apparemment
alors aucun degré dans l'Eglise , puisque S. Jérôme dans tous
ces endroits où il parle de lui, ne lui donne d'autre qualité
que celle d'ami.
Didier se trouvoit dans son pais, ' lorsqu'on 39G, ou mieux tui. ii.m. p 288 en 397, a S. Sévère Sulpice lui adressa la vie de S. Martin, S ,,';„.. m .,„. Evêque de Tours, qu'il avoit composée depuis quelque ^' «*• temps. Il avoit résolu de ne la montrer à personne. Néanmoins il ne la put refuser à l'amitié de ce très-cher frère, comme il le qualifie. Didier la lui avoit demandée plusieurs fois, et lui avoit promis de ne la point communiquer : mais comme il étoit difficile qu'en la donnant à une personne , elle ne tombât entre les mains de beaucoup d'autres , S. Sulpice le prie, que s'il vient à la publier, il ait soin d'en effacer le nom de l'Auteur, afin qu'il ne parût pas qu'elle fût de lui.
' Vers 406 Didier gouvernoit une Paroice en qualité de aïer. in Vig. p. Prêtre dans le voisinage de Vigilance. De concert avec Ripaire son voisin et son collègue dans le Sacerdoce , il écrivit à S. Jérôme contre les erreurs de cet hérétique. Ces deux Prêtres en lui envoïant son livre par Sisinne , prioient le Saint d'y vouloir répondre, à cause de quelques séculiers et de quelques femmes trop crédules, qui suivoient les blasphèmes de Vigilance pour favoriser leurs passions. ' S. Je- p. isa rôme malgré ses grandes occupations, ne put se refuser aux prières de ces saints Prêtres, ni se dispenser de dresser la réponse qu'ils lui demandoient : mais il n'y put donner qu'une seule nuit, de peur de retarder Sisinne qui se hâtoit extrêmement d'aller assister les Solitaires de l'Egypte.
Outre S. Jérôme et S. Sévère Sulpice, 'Didier avoit Pani. ep. «.n. i encore d'étroites liaisons avec S. Paulin de Noie. Ils s'écrivoient assez souvent par une nommé Victor qui semble avoir appartenu à Didier et à S. Sulpice. ' Didier par une de ses n. 3. letres avoit prié S. Paulin de lui expliquer les bénédictions que Jacob en mourant donna aux douze Patriarches. ' La p. are