‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 65 sur 384 · Tome IL N · texte numérisé non relu

Tome IL N

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592. biles même n'osenl rien décider sur ce sujet. ' Seulement

on juge que ce fie lui qu'assez tard ', et que jusqu'en l'afw4l 3 il n'avoit point d'autre qualité que Celle dé Serviteur de '"SM- -• Dieu, qui en ce temps-là étbit ^i*ôpre aux M6lné& lâïeS: ' Il

se trouve néanmoins un mahusern, où dans l'inscription de sa première letre écrite, comme l'on croit, en 397àtm IVêtre nommé Eusebe, il le qualifie son frère; 'et on l'a ainsi mis dans les imprimés. "Il donne la mémo qualité au Diacre Aurele, à qui il adresse sa seconde letre vers le même temps : ce qui feroit croire que Sulpice étoit dès lors revêtu ou du Diaconat ou même du Sacerdoce.

Il y avoit déjà longtemps que S. Paul avoit annoncé que

tous ceux qui veulent vivre selon la pieté Chrétienne, seront

sujets à la persécution. S. Sulpice en renonçant au monde,

de voit s'attendre à voir en sa personne l'accomplissement

i'iau %n':«i' aid de ce* orac'e '> et il l'y vit en effet. ' Sa vie étant opposée à

toi. ibid. p. 593. celle des gents du siècle, lui en attira les railleries. 11 fut moc-

qué et haï des méchants, parce qu'il haïssoit le mal, et qu'il

ne pouvoit s'empêcher de déclamer contre le vice et la cor-

|j5P33d' Clau" p" ruPuon du siècle. ' Il avoit une sœur nommée Claudia, qui se

trouva enveloppée avec lui dans le même mépris et les mêmes

railleries de la part des hommes charnels, parce qu'il l'avoit

portée à renoncer au monde, afin de ne vivre dans la sui-

p- 329- te que pour J. C. ' Ils demeuroient éloignés l'un de l'autre :

p- 33°- ainsi ce fut par ses letres qu'il la gagna à Dieu, ' et il eut la

consolation de la voir établie dans une solide pieté. toi. ibu. P. 598. 'S. Paulin après sa conversion s'étant retiré à Barcelone, puis à Noie, fit tous ses efforts pour attirer S. Sulpice près de lui. S. Sulpice paroît l'avoir fort désiré; mais la maladie qui le saisit à deux différentes fois qu'il étoit sur le point de partir pour ce voïage, lui en fit perdre le dessein, et le retint p- 602- dans les Gaules. ' Il semble qu'il faisoitsa résidence ordinaire

Paul. ep. 3i. n.i. ' à Primuliac, où il fit bâtir une Eglise plus grande que celle »ep. 32. n. i. 2. qui y étoit déjà. ' Il plaça le baptistère entre les deux, afin qu'il pût servir à l'une et à l'autre, et y fit peindre S. Martin et S. Paulin de Noie. Il entretint toujours avec ce dernier l'étroite amitié qu'ils avoient liée ensemble dans le siècle. eP. 29. n. i. ' Quelquefois ils se faisoient mutuellement de petits présens, convenables à leur état de Moines. S. Sulpice aïant envoie n- 5- une fois des manteaux de poil de chameaux à S. Paulin, ' ce-

lui-ci en reconnoissance lui adressa une tunique de laine qu'il

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avoit reçue de Mélanie alors si illustre pour sa pieté.

l'.n 105 S. Sulpice écrivit encore à S. Paulin, qui l'an- Tui.ibid.eor. nt'c suivante lui adressa deux letres que nous n'avons plus aujourd'hui. Depuis ce temps-là nous ne trouvons plus rien dccetjui' lit S. Sulpice Seulement Gennade nous apprend Genn.ibid. qu'il vécut jusqu'à la vieillesse; mais qu'il se laissa alors surprendre par les.artifices des Pélagiens :' ce que néanmoins suip. pr. Guibert Abbé de Gemblours ne se peul persuader, ' et que Genn. e. 19. n<*. quelques modernes regardent comme une addition étrangeîv laite à l'ouvrage de Gennade. Mais comme la vertu ap- Tffl. ibid. parente de ces hérétiques, qui commencèrent à se séparer de l'Eglise en Tan 418, lorsque S. Sulpice pouvoit passer l'âge de GO ans, avoit été estimée et honorée de beaucoup de Saints, il ne seroit pas étonnant que S. Sulpice s'y fût laissé prendre comme tant d'autres. On seait qu'avant que Pelage eût fait connoître son hérésie, ' S. Paulin de Noie i'aimoit com- Aug. ep. isg. n.i. me un Serviteur de Dieu, etétoit même en commerce de letres avec lui, 'et que S. Augustin avoit conçu d'abord de l'estime t'est. Pei. n. *c. pour cet hérésiarque.

Ainsi il se put aisément faire que S. Sulpice eût quelques liaisons avec les Pélagiens. 'Il put même parler en fa- tui. ibid. p. cos. veur ou de leurs erreurs, ou de leurs personnes. Car les plus grands Saints sont capables des plus grandes fautes , lorsque Dieu les laisse à eux-mêmes. Leur gloire n'est pas de ne pas tomber, puisqu'ils sont hommes, mais de reconnoître leurs fautes avec humilité, et de s'en relever par la puissance de la grâce. ' C'est ce que fit S. Sulpice. 11 se condamna à un si- Genn. ibid. lence qu'il garda jusqu'à la mort , afin d'effacer par-là le péché qu'il avoit commis par sa langue. ' Ce fut aussi peut-être pour suip.pr. i tui. ibid. cela, que plusieurs années après la mort de S. Martin , il passa cinq années à Marmoutier dans la cellule de ce S. Evêque, suivant la tradition de cette Abbaïe attestée par l'Abbé Guibert qui assure l'avoir lu de la sorte dans les monuments de ce monastère, lorsqu'il y fit unvoïage.

On ne trouve rien ni du temps ni du lieu de la mort de S. Sulpice. Mais il n'y a presque pas lieu de douter qu'il n'ait vécu au moins jusqu'en 420. 'Sa chute n'a point empêché que ibid. l'Eglise ne l'ait honoré comme un Saint. Il y a plus de 500 ans que l' Abbaïe de Marmoutier fait sa fête au 29e jour de Janvier. Elle est marquée au même jour dans divers martyrologes, qui le qualifient disciple de S. Martin. ' Tiro Prosper lui don- Pros.t.chr.p.211.

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mi) s. BEiViEBE

ne la même qualité; et assurément S. Sulpico la mérite encore plus pour avoir retracé dans sa conduite Les veptU6 de ce grand Evêque, que pour Le peu die tempe qu'il paasa près de sa 8uijNpr.iTiu.ibid. personne. ' Les mairtypologea qui parlent de nôtre Saint le font p. 608.690. 691. Ey^qUe (|r Bourges, parce qu'on l'a confondu depuis quelques siècles, mais sans nul fondement , avec S. Sulpice dp Bourges, qui ne vivoit qu'au VI ou VII siècle. 11 y auroit peut-être plus TiiLp. coi. c9ii. de raison de dire, ' que notre Saint est le même que S. Séverin de Bigore, dont S. Grégoire de Tours rapporte plusieurs choses et quelques miracles.

Quoi qu'il en soit , S. Sulpice méritera toujours nôtre rép. 608. nération, 'et nôtre respect, comme un homme qui a honoré

l'Eglise Gallicane par sa conversion, par sa vie pauvre et mortifiée, par son silence rigoureux, par une pieté à laquelle les Saints ont donné de grands éloges , par une pénitence extraordinaire pour une faute assez ordinaire , et par des écrits qui font l'édification des Fidèles, et l'admiration des Sçat. 4. p. 439. vants. ' Il fut illustre dans le siècle par sa noblesse et ses richesses ; mais il le devient encore davantage dans l'Eglise par sa science et sa pieté. L'on assure que Bellarmin a cru qu'on devoit tellement déférer à son autorité, que quand on parloit de quelque histoire qui ne s'y accordoit pas ou il la rejetloit comme fausse, ou il la rapportoit aux siècles postérieurs.

On ne faisoit pas moins d'estime et de lui et de ses écrits dès pauKvit.Mar.i.5. le V siècle, quelques années après sa mort. ' C'est ce que Paulin de Périgueux exprime assez bien dans les vers suivants, qui peuvent servir d'épitaphe à nôtre Saint.

Testis adest docto mirabilis ore Severus, Et tota Christum cordis virtute secutus, lnsignis mundi titulis, sed clarior illa Qua mundum temsit, sancta? virtute fidei. Nobilitate potens, sed multo extentius idem Nobilior Christi cultu quam sanguinis ortu. Hic sacrum canonem, distentœ et scripta coarctans Historiœ geminis conclusit cuncta libellis, Quœcumque a primis percurrerat édita sœclis. Idem Martini titulos vel gesta retexens, Scrutator cautus veri, fîdusque relator, Protulit in médium tam claree msigaia vita3.

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