SULPICE. KM
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Sic justam retinens, cequato examine, Ifbram,
Nf (Initia astrucivl dirent, nrc cefta taceret.
Hic Bancto perssepe, pie sociatus, adhœsit,
1 1 sotet in speculo cordifi perepectio mentis
Cognate similis morum sociare figuras.
Q«o mage credendum esl testem magis i sse probatum,
Qui coram comperta docet, cum visa loquatur.
S- il-
SES ECRITS
Les écrits de S. Sévère Sulpice sont encore plus connus que sa personne. Tous ceux dont parlent les Anciens, à quelques letres près, nous ont été heureusement conservés. C'est ici le lieu d'en parler en détail; et nous Talions exécuter avec toute la précision que pourra nous permettre la fécondité de la matière.
I. Le premier selon l'ordre des tems est ' la vie de S. Suip. p. 437. 4-7. Martin Evêque de Tours. ' Il forma le dessein de l'écrire n. a& dès la visite qu'il rendit au S. Evêque à la fin de l'an 302, ou au commencement de 393. Dès lors il s'informa fort particulièrement de ses actions. ' Il en apprit plusieurs cir- ad Bass. p. 493. constances par la relation des disciples du Saint. ' Il en sçut vit. m. n. 5. quelques autres par le Catécumene que S. Martin avoit ressuscité dans son monastère de Ligugé près de Poitiers. ' Enfin n. 25. 2c il en apprit une autre partie de la bouche même de S. Martin. ' Car le Saint lui parloit avec plus de familiarité et plus de <iiai. 2. n. liberté qu'à personne; et il n'y avoit rien de si secret, que Sulpice .ne l'obligeât de lui déclarer, malgré le désir qu'il avoit de cacher sa vertu à tout le monde.
Avec de telles instructions ' il mit la main à la plume, bien vu. m. 0. 1. éloigné de rechercher à s'acquérir une vaine gloire, en publiant un ouvrage de cette nature. C'est ce qu'il blâme luimême hautement dans ces écrivains de l'antiquité Païenne, qui n'ont entrepris d'écrire les vies des hommes illustres, que pour se faire connoître eux-mêmes. Il étoit persuadé que dans cette sorte de dessein, on doit rechercher non à vivre longtemps dans la mémoire des hommes, mais à mériter auprès de Dieu une gloire qui n'aura point de fin. L'unique but qu'il se proposa dans son entreprise, fut donc d'édifier l'Eglise
v su: ci. r
pr. p. 4;tS. .
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en lui laissant la vie d'un si sainl Evêqufl , 'ut d'empêcher par-là que tant de vertus aussi instructives qu'adorables, ne
n. i. demeurassenl ensevelies dan9 l'oubli ; ' attendant/de Dieu seul
î-r. p. 43s. la récompense de son travail. ' Poussé par ce désir, il prit la
résolution de ne point rougir de ses solecisrties^et d'iexécutetf un si louable dessein; quoique l'étude quîil avoij faite autrefois des belles Letres, se fût comme rouiller par Ja négligence qu'il avoit apportée à les cultiver depuis si long-temps. On peut remarquer ici d'une part son âge déjà avancé, et de L'autre un grand fonds de modestie; car Cette vie est écrite avec toute la politesse et tout l'agrément possible.
». i 'Des l'entrée de l'ouvrage il commence à prolester de sa
sincérité ; assurant qu'il n'avance rien qu'il ne seache certainement, et qu'il aimeroit beaucoup mieux se taire, que d'é-
"■ 26. crire des faussetés. ' Que tout ce qu'il rapporte est exacte-
ment vrai, et connu de tout le monde. Que c'est la certitude des faits et l'amour de J. G. qui l'ont porté à les écri-
»• i. re. ' Que néanmoins de tout ce qu'il a sçû de la sorte, il
a choisi ce qui lui a paru le plus propre à son dessein; omettant bien des choses, de peur d'être à charge à ses Lecteurs.
pu. h. e. t. io. ' H semble qu'il ait voulu suivre dans cette vie quelque ordre des temps ; ce qui n'empêche pas qu'il n'y garde aussi un ordre des matières. Les Sçavants toutefois y remarquent quelques fautes considérables de chronologie.
snip vit.M.n.26.| ' S. Martin n'avoit jamais étudié l'éloquence; et Dieu voulut que son histoire lut écrite par 1 un des plus éloquents hommes que le Christianisme ait produit. Mais S. Sulpice étoit encore plus digne de travailler à cet ouvrage, par sa pieté extraordinaire qui le rendoit un digne disciple de S. Martin, et par le mépris qu'il faisoit de sa noblesse, de ses richesses, et des autres avantages qu'il avoit pour se faire aimer et estimer du monde. On peut dire qu'il ne falloit pas un homme d'un moindre mérite, pour persuader les hommes d'une vie aussi remplie de merveilles incroïables, que l'est celle de S. Martin. Après tout cela, comment refuser d'ajouter foi à ce qu'écrit un homme relevé dans le monde par tout ce que l'on y estime de grand, autorisé dans l'Eglise par la qualité de Prêtre, de Saint, d'ami intime de S. Martin et de S. Paulin, et qui a pris toutes les précautions pour s'instruire de source de ce qu'il rapporte, et ne rien rapporter qu'il ne juge exactement vrai? C'est ce qui fait que l'on ne peut assez
Till. ibid . p. 341.