ME CLE
I in GALUJS, DISCIPLE DE S. MARTIN.
dial. 3. h. 13.
dial. I. h. 20.
siiji i. eu présence de plusieurs autres personnes <|ui n'avoienl pas assisté à la première conférence, et dont quelques-uns
" ■"• avoienl été, comme lui, disciples de S. Martin. ' Il seul pro-
fiter de cel avantage pour autoriser ce qu'il rapportoit, par des témoins oculaires, et fermer par-là toute voie à l'inoré-
diai.s. n. n. i2. < 1 n 1 i i «'* , ci la bouche ;i la calomnie, (iallus nous a conservé dans ses discours plusieurs sentences édifiantes etspirituelles de S. Martin. Il y cite quelquefois les Poètes profanes, mais il ne l<' fait qu'avec beaucoup de modestie, ci. sans affecter un air de sçavanl ou de beau parleur. 'Car quoiqu'il eût de l'éloquence, il avoit appris de S. Martin même à mépriser tous les ornements du uiscours. I! parle en quelques endroits du premier dialogue, et y témoigne n'être pas content d'un livre de S. Jérôme qu'il avoit lu depuis cinq ans, et dans lequel ce Père décrioit la conduite de tous les Moines.
I']i1 - "• l6- p- 'Lorsque Gallus parloit de la sorte de S. Martin chez S. Sulpice, c'était la huitième année depuis qu'il avoit oui de sa bouche une partie des choses qu'il rapportoit. Il veut dire sans doute, que c'étoit la 8e année depuis la mort du S. Evêque : ce qui nous conduiroit à l'an 405, auquel on croit que ces dialogues se sont tenus, et ont été rédigés par écrit. Comme l'on y qualifie la plupart de personnes dont on y parle, les uns Evoques les autres Prêtres, et que l'on n'y donne aucune qualité à Gallus, il est à croire qu'il n'étoit que simple Moine, et que son humilité l'avoit empêché de prendre aucun degré dans l'Eglise. Au reste, quoique S. Sulpice ait prêté sa plume à ces dialogues, et qu'il leur ait donné la forme, on ne laissoit pas néanmoins au V siècle de leur faire porter les noms de Posîhumien et de Gal-
f™°*4-5-?- lus. 'C'est en le leur attribuant, que le Concile de Rome en 494, les met au rang des livres apocryphes.
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V SIR CLE
EVAGRE,
P \\ i. \ r. i: i: r Dis c ! pi. e d i: S. M \ R t i \
p. 550. VU.
HISTOIRE DE SA VIE
Nos Gaules ont eu leur E agre, comme la Syri le l'ont ont eu 1rs leurs, et dans le même temps, c'està-dire, à la lin du IV siècle et au commencement du Y. es Gaules étoit un Prêtre, qui avoil été Moine sous S. Martin do Tours. a II se trouva en la compagnie du sàip.diai.8. «.! Saint Evèque, lorsqu'il guérit miraculeusement une muette a Chartres. S'il éloit certain qu'il eût été revêtu du Sacerdoce dés 1' vivant de S. Martin, il y auroit bien de l'apparence qu'il seroit lui-même ce Prêtre qui accompagnoit ordinairement le Saint dans ses voïages. Ainsi ce seroit Evagre qui vit. m. n. &. p mangeant avec S. Martin à la Table de l'Empereur Maxime, 4 se trouvoit placé entre l'oncle et le i'rere de ce Prince, ' et à qui ce Saint après avoir bu présenta la coupe, que Maxi- p. 467. me s'attendoit de recevoir immédiatement de la main du S. Evèque.
Evagre après la mort de S. Martin se retira, comme quel ques autres disciples du Saint, chez Sévère Sulpice. ' Il est au moins vrai qu'il y étoit en 403. et qu'il assista à la se- liai. 3. n. i. p coude conférence qu'y fit Gallus sur les actions de ce grand Evèque, omises par S. Sulpice dans la vie qu'il en avoit déjà publiée. ' Gallus l'y prend même pour témoin oculaire de ce qu'il avance sur ce sujet. C'est-là tout ce que nous sçavons n. i>. P. •>:>--». 553 de plus certain touchant Evagre.
Mais nous croïons avoir d'ailleurs des preuves suffisantes pour montrer que c'est ' cet Evagre dont parlent Gennade et le Comte Marcelîin après lui, comme Auteur d'un écrit qui Genn.vir. ai. c. porte pour titre Dispute entre Simon Juif et Théophile Chrétien. p. 33s. 'r' Les raisons qui nous le rendent fort probable sont :
1°. Les caractères de cet Auteur, qui étoit un écrivain Latin , revêtu du Sacerdoce , et Moine de profession. C'est
v s i fi c 1. 1:.
IlO BV IGRE
ce qui paroit manifestement par les ouvrages qui oousrestenl de lui, comme on le verra par la suite.
2°. Le temps auquel Gennade mei cet Auteur, qu'il a soin de distinguer de l'Evagre du Pont, appuie merveilleusemenl ttôtre sentiment. Car il faut observer que l>nn que Oenâade ne soil bas exacl dans la èhronologie qu'il suit, en placiiii les écrivains dont il nous donUe le [Catalogue, il & néanmoins voulu, comme ndUS (liions [tins amplement en son lieu, les diviser en trois classes. Il est visible qu'il mel dans la premier»1 les Auteurs qui ont fleuri dès la (in du IV siècle : dans la seconde ceux qui ont paru avant le nu lieu du fcieele suivant, et dans la troisième ceux qui sont venus depuis. Or Evagre dont nous parlons, se trouve entre les premiers écrî-
Harcei. ibid. vains de la seconde classe; ' et le Comte Marcellin le place
en 423. '
Genn.ibid. 3°. ' La manière dont Gennade parle de l'écrit d'Evagre,
en disant qu'il étoit entre les mains de presque tout le monde, insinue, si même elle ne le prouve pas positivement, que cet écrit avoit pris naissance dans les Gaules. On pourroit fortifier
Apoi. des pp. p. cette preuve ' par le témoignage de l'Auteur de l'Apologie des Pères, qui soutient que la plupart des écrivains dont parle Gennade, sont Gaulois.
4°, Enfin, comme cet écrit est en forme de dialogue, ce
suip. diai. 3. n. i. genre d'écrire convient parfaitement ' au Prêtre Evagre, qui
p. S50. œi. avc)-j gous jes yeux }'exemp]e ^ut récent de S. Sévère Sulpice,
son condisciple et son hôte, qui venoit de publier ses dialogues pour suppléer à ce qu'il avoit déjà écrit sur la vie de S. Martin.
Après tout si ces raisons ne rendent pas certaine l'opinion que nous établissons, elles montrent au moins qu'il n'est nul auteur du nom d'Evagre, à qui l'on puisse plus légitimement rapporter l'endroit cité de Gennade, qu'à Evagre qui fait le sujet de cet article. On verra par l'histoire de ses écrits, que c'étoil un homme fort instruit de la science ecclésiastique, et qui dans le secret de sa retraite travailloit pour la religion, sans vouloir être connu que de Dieu.
Fris. bib. pli. p. | < Fri-ius le met aussi au commencement du V siècle entre -400 et 410. 68. 1.
SES ECRITS
A prés ce que nous venons de. dire, on ne peut pasraisonnablemenl douter que la dispute entre Théophile Chrétien, et Simon juif, n'appartienne à Evagre disciple de S. Martin. 'Cet ouvrage étoit fort répandu au temps de Gennadeet <...,„. m. iu. c. du Comte Marcellin, comme l'on vient de le voir. Dans 1. - **•
siècles postérieurs on ne le voit paroître ' que dans La hiblio- spic. i.*. , theque de S. Riquier, où il se trouvoit encore au XI siècle. On le croïoit perdu depuis long-temps, 'lorsque Dom Mai- >'^'- Th. Aneed tene et Dom Durand nous l'ont donne à la tète du 5* volume de leur Tlnésor d'Anecdotes, après l'avoir tiré d'un ancien manuscrit de la bibliothèque de l'Abbaïe de "\ en dôme. Quelqu'ancien que soit ce manuscrit il ne laisse pas de s'y être glissé quelques fautes par la négligence des Copistes : mais elles sont de peu de conséquence.
L'antiquité du manuscrit est une preuve de celle de l'ouvrage , qui en contient lui même quelques autres, gui remontent beaucoup plus haut. Telle est la pureté du style qu'y emploie l'Auteur, et qui montre que l'écrit est antérieur, à l'introduction de la barbarie dans la langue Latine. Telle est encore l'ancienne version de l'Ecriture qu'il y suit par tout. De sorte qu'il n'est pas permis de révoquer en doute que ce ne soit le même ouvrage marqué par Gennade et le Comte Marcellin.
On ne doit pas au reste s'attendre que l'on y trouvera un Traité entier de Controverse contre les Juifs. Ce n'est proprement qu'un essai de ce que l'on pourroit faire sur ce sujet. Evagre s'y attache à une grande brièveté. 11 ne laisse pas néanmoins d'y conduire son Juif à une entière conversion, et de répondre assez bien à ses difficultés, quoiqu'il ne leur donne pas toujours toute la force qu'elles pourroient avoir, et qu'il ait quelquefois recours au sens figuré pour les résoudre. Il y établit assez-bien la Filiation, la Divinité, les deux avènements, la naissance, 3a mort et la passion du Messie. Mais il passe légèrement sur les autres mystères', et ne fait aucun usage contre son Juif de l'état où se trouve sa Nation depuis la destruction du Temple de Jérusalem, ni du terme des semaines de Daniel, qui prouvent si clairement la venue