‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 73 sur 384 · Tome If. Q · texte numérisé non relu

Tome If. Q

V SIECLE

122 EVAGRE,

du Messie promis par la Loi el les Prophètes, En lui citant l'endroil du 2 1 ■ Pseaume Foderunt manus meas, etc., il ne lui fait poinl répondre comme répondenl les Juifs moden que ce n*es1 point là la véritable leçon de ce verset. Qparoît par la que l< sJuifs n'avoii ni pas encore alors inventée* Ue mauvaise subtilité.

p- 10. 'L'Auteur du Dialogue j compte S. Matthieu l'Apôtre

au nombre des Gentils qui crurent en .1. C. avant sa Passion.

p.». «©t. Tertullien avoit été dans le même sentiment, qui fui depuis

p- 13- combattu et détruit par S. Jérôme. Evagre suppose aussi que

J. C. après son Baptême n'annonça l'Evangile que pendant

"ol- un an, et qu'ensuite il souffrit la mort; ' c'est encore nue opi-

nion particulière à Tertullien. Mais on ne voit pas qu'elleail été suivie par les autres anciens Pères, si l'on en excepte

p- «3- Lactance. ' Il reconnoît et cite le Livre de la Sagesse sous le

nom de Salomon, conformément à la tradition attestée par plusieurs Pères de l'Eglise, dont nous avons parlé surlessie-

p- ,6, clés précédents. ' Evagre qui dans ce Dialogue fait le per-

sonnage de Théophile , y marque clairement son Sacerdoce, puisqu'il baptise et impose lui-même les mains à son Juif converti.

p- ie-18. ' La prière qu'il met en la bouche de ce Prosélyte , est

pleine de pieté et d'une sainte reconnoissance envers J. C. qui l'avoit fait passer des ténèbres de l'erreur à la lumière de la vérité.

S'il ne paroît y avoir aucun doute, comme nous l'avons montré, que la dispute ou Dialogue précédent appartienne à Evagre disciple de S. Martin, il ne doit pas y en avoir da-

Spic. t. io. p. i. vantage qu'il ne soit aussi l'Auteur ' d'un autre écrit publié par Dom Luc d'Achery à la tête du 10e volume de son Spicilége. Cet autre ouvrage est divisé en trois livres, et porte pour titre : Les Livres des consultations ou délibérations de Zachée

pr. P. 12. i3. Chrétien et d Apollonius Philosophe. 'Ilaété tiré de trois manuscrits, deux desquels avoient appartenu autrefois à M. de Thou, et le troisième étoit de l'Abbaïe de S. Arnoul à Metz. Comme ces manuscrits étoient fort défectueux , quoique l'un parût

1. 13. app. p. 185. i avoir 800 ans d'antiquité, ' le texte a été depuis collationné

Mart. th. Anecd. t. j • l .. ,, -, i,1. . i ■• j -17

5. p. is46. sur deux autres anciens manuscrits, 1 un de 1 Abbaie de Ven-

dôme, et l'autre de la main d'Adémar de Chabanois, ou au moins fait par son ordre avant l'an 1010. Or voici les raisons qui nous persuadent que l'Auteur du premier ouvrage a aussi composé le second.

v SIECLE.

I". Le titre de l'un <-t de l'autre est le même. I Sar quoique le

■ml écril soit intitulé Des Consultations, néanmoins à la spjc. t. 10. v. m. lin du premier et du troisième livre dans L'imprimé, el à la liurt.ibid.p tête «lu texte dans les manuscrits de S. Martial de Limoges el de l'Abbaïe de Vendôme, il porte pour titre : Dispute d'Apollonius Philosophe et de Zachée Chrétien. D'ailleurs l'ouvrage dans ce dernier manuscril est immédiatement suivi du premier, comme si celui-ci en faisoil le quatrième livre.

. C'est le même génie, c'est la même manière d'écrire i>. 2.3. el de raisonner dans les deux ouvrages. L'un et l'autre' est en forme de dialogue. Dans l'un le Philosophe, et dans l'autre le Juif proposent de telle manière leurs difficultés, que le Chrétien qui les résoud, convainc et persuade le Juif et le Philosophe.

3". ' Le style de l'un de ces écrits est le même que le style i>- 3. 4. de l'autre, comme il est aisé de s'en convaincre par la lecture, particulièrement en comparant les chapitres IV, V et VI du second livre de la Dispute entre Zachée et Apollonius, avec le Dialogue entre Théophile et Simon. Seulement dans la dispute avec le Juif il est plus concis et plus serré, parce que l'Auteur s'y est étudié à être court; au lieu que dans la dispute avec le Philosophe il est plus diffus, parce que l'Auteur y a donné plus de carrière à son esprit.

Outre ces raisons, il y en a d'autres prises de l'ouvrage même contre le Philosophe, qui déposent spécialement en faveur de l'opinion qui l'attribue à Evagre. ' Il est certain que Spic. t. 10 p. 119. cet écrit fut composé au commencement du V siècle, temps auquel il fleurissoit. C'est de quoi l'on ne peut douter en lisant la description qu'il fait au livre 3e des ravages qui désoloient alors son pais, et en la comparant avec ce que les Ecrivains du même siècle nous apprennent du triste état auquel nos Gaules en particulier étoient alors réduites. ' C'est pr.p. 4. 5. ce que prouvent encore plusieurs autres traits de l'ouvrage, nommément rénumération que l'Auteur y fait des Hérétiques qui avoient paru jusqu'alors dans l'Eglise. Il nomme les Manichéens, les Marcionites, les Photiniens, les Sabelliens, les Patropassiens, les Ariens, les Novatiens, et ne dit pas un mot des Pélagiens ni des Nestoriens, quoiqu'ils fussent si fameux après les premières années du V siècle, et que l'Auteur eût occasion d'en parler sur-tout au chapitre XI du second livre.

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Il h'esl {yfta moins certain qtte l'Auteur /• t « > i i .Moine de profession : ce < j < i i convient personnel iemën( à ETHgre. On le tiré \ i>il»lrmnii de presque tout ec qu'il <lii ^url'etal Monastique «huis son !V' livre Car si pour eti parier Bçavamnjenfy

.■Minnic le remarque l'Ahhé Oàssiert^ il faut avûïf suivi cet /•ht, on ne (iciii do li ter qùê l'Auteur qui en <lii lani de bjidsesj.

ne l'eut embrassé lui-même, (l'est ec que la lécl un* de cet endroit persuadera sin- peine.

Nous ne voïons rien que Ton [Aiisse légitimement Opposer au sentiment que nous venons d'établir, sinon le silence de (iennade, qui donnant à Lvagro la Dispute de Théophile Chrétien a\ee Simon Juif, ne dil rien de l'aulre Dispute de Zaeliée Chrétien avec Apollonius Philosophe. Mais qui doute que (iennade n'a pas connu tous les écrits des Auteurs dont il nous a laissé un catalogue?

La Dispute ou Dialogue entre Zaehéo et Apollonius est un ouvrage autrement intéressant, que la Dispute entre Théophile et Simon, tant pour la grandeur du volume, que pour les choses qu'il contient. L'Auteur a eu soin d'y semer plusieurs traits de la doctrine de l'Eglise. Mais quiconque ent. i3. p. 183-200 j treprendra de le lire, doit consulter' les variantes du texte Mort. ib. p. 1845- ^UQ yQU a données depuis l'édition de l'ouvrage, sur les manuscrits que nous avons marqués, spk. t. io. p. i-4s. On a déjà dit que l'ouvrage est divisé en trois livres. ' L'Auteur sous le nom de Zachée emploie le premier à instruire son Philosophe *Païen des premières vérités de la Religion Chrétienne. Il lui fait proposer des questions et des difficultés qui le conduisent à lui expliquer la création de l'homme, le péché originel, l'histoire du déluge, l'origine des Juifs, ce que Dieu a fait en leur faveur. Mais il s'arrête plus particulièrement à développer le mystère de l'Incarnation du Verbe, et à éclaircir les objections que le Philosophe lui fait sur les divers points de ce mystère. Il entremêle plusieurs autres instructions touchant d'autres vérités importantes, la nature de l'ame, la résurrection des corps, la vanité des Idoles, l'impossibilité du destin, tel que les Païens l'entendoient, la nature des Anges, la chute du Diable et des autres Anges apostats. La Théologie de l'Auteur est exacte sur tous ces points. Il y établit clairement le libre arbitre de l'homme et le mérite des bonnes œuvres. 11 y suppose son Philosophe instruit de l'existence et de l'unité d'un Dieu, sur quoi il ne

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