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lui donne aucune instruction. Enfin il le conduit de piQpie- ]c qu'il lui persuade I;» vérité de la Religion ( Ibrélienne-
Zachée après avoir ainsi amené Apollonius à la foi dans p '-"-,|Kson premier livre, entreprend dans le second de lui inspirer le désir de vivra pour Dieu el de renoncer à tout ce qui peul lui déplaire j Ppwf cet effet il l'instruit exa^temeftt , quojqui'en peu de mois, du mystère de la Trinité, et lui dècÂuvre les principales erreurs, dans lesquelles les Juifs, les Manieliecns ci les autres plus fameux Hérétiques, qui avoienl paru .in~qU'aJors, étaient tombes, pour lui en donner de l'horreur et les lui faire éviter. 11 y insère à propos divers éclaircissement qui lui ont paru nécessaires. Il lur explique ce que si^nifioit la oircdncision des Juifs, pourquoi la plus grandi- patftif de leur Loi a été abolie : pourquoi il etoit permis aux Patriarches d'avoir plusieurs femmes, çt lui donne quelque notion du grand mystère de la réprobation des Juifs et de la vocation des Gentils. Comme dans le premier livre il ne disputoit qu'avec un Païen, il n'y emploie que les raisonnements naturels et quelquefois l'autorité des Philosophes et celle des Sibylles. Mais ici ce Païen se trouvant converti à la Foi, Zachée se sert du témoignage des Livres saints pour appuïer les instructions qu'il lui donne.
' L'aïant conduit par ces degrés à la connoissance des mys- p. 99-125. teres de la Religion , et des erreurs qui leur sont opposées, il passe à la morale , et emploie presque tout le 3e livre à former son Proselite aux bonnes mœurs. Il commence par lui tracer un abrégé de la morale Chrétienne, dans lequel il fait entrer un détail succinct des principales pratiques d'une conduite toute sainte. Il met à la tête le double précepte d'aimer Dieu de tout son cœur, de tout son esprit, de toutes ses forces et son prochain comme soi-même. 11 vient ensuite à recommander les jeûnes fréquents, l'assiduité à la prière, la pratique de l'humilité accompagnée de douceur, le mépris de soi-même, la patience dans le mépris que les autres font de nous, la frugalité dans le vivre, la pauvreté dans le vêtement, où il veut néanmoins qu'il y ait de la propreté, mais sans luxe. Continuant son sujet, il marque l'assujetissement de la chair à l'esprit, l'éloignement de la colère, de l'envie, de la vaine gloire, de l'arrogance, de l'ostentation , de la médisance , la circonspection et la vigilance pour éviter de voir et d'entendre tout ce qui peut nous
• iiv un sujel d'offencer Dieu par pensée ou par action.
p 106-115. Il passede-là à la profession derétal Monastique, qu'il repré-
sente à Bon Philosophe converti comme l'étal le plus pariait, où non-seulement on évite plus aisément le péché, mais encore l'occasion du péché, il ne parle que de deux sortes di Moines : des Ermites ou Anachorètes. et des Cénobites. Tout ce qu'il dit do leur gemv de \i<\ de leurs austérités et de leur Psalmodie du jour et de la nuit, il le prouve et par L'autorité il»' l'Ecriture et par l'exemple d'Elie, de S. Jean-
p. io8 loi Baptiste et des Apôtres. 'Il touche en passant la raison pour-
quoi plusieurs personnes dès ce temps-là, même entre les Fidèles, n'aimoient pas les Moines, il dit d'abord nue une injustice, et ajoute que e de haine pouvoit venir de ce que quelques Moines sortant de leur état , ne vivoient pas conformément à leur profession.
p. iii-n.-?. 'Cette matière le conduit tout naturellement à parler de
la continence et de la virginité. Après avoir fait l'éloge du mariage comme bon et établi de Dieu, il montre que l'état des vierges et des continents est incomparablement plus excellent; mais qu'il n'est que de conseil et nullement de précepte.
P. us-la*. ' Il emploie le VII et le VIII chapitre de ce 3e livre à
parler delà venue de l'Antechrit, du temps et de la durée* de son règne. Il dit que rien n'est plus certain que l'Antechrit, c'est à dire, comme il l'explique lui-même, que le Diable en la personne d'un homme viendra avant la fin du monde; qu'il prêchera la Circoncision, rétablira l'ancienne Loi, et sous ce prétexte séduira d'abord les Juifs. Cette opinion est
Suip. Diai. -i. n. remarquable, puisqu'elle est en partie la même ' que celle que Gallus attribue à S. Martin, comme on Fa vu ailleurs. Nouvelle preuve pour découvrir dans l'Auteur de cet ou-
Spic. ib. P. us. vrage un disciple de S. Martin. ' A l'égard du temps de la venue de l'Antechrit , L'Auteur assure , conformément à ce qu'en dit J. C. lui-même, que personne n'en sçait rien, non
p. ii9. pas même les Anges qui sont au Ciel. ' Il auguroit néanmoins
de ce qui se passoit sous ses yeux, que le temps de cet avènement n'étoit pas loin. C'est ce que lui faisoit conjecturer le renversement général où l'on voïoit alors toutes choses dans l'Empire : les guerres sanglantes et cruelles , de légitimes Empereurs dépouilles de leurs états, les fréquents tremblements de terre , les signes extraordinaires qui paroissoient
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dans l'air, le règne tyrannique d'une avarice insatiable qui exposoil au péril continuel de perdre e! ses biens el sa vie, l'extinction delà charité, l'abandon entier de la justice, l'a* néantissemenl de la pieté , qui se voïoil exilée de la terre, el donl un monde de scandales el de crimes avoil pris la
place.
Pour ce qui esl de la durée du règne de l'Antechrlt, l'An- p. us. i«o. leur témoigne qu'elle ne sera pas longue; puisque .1 C. ne lardera pas ensuite à paroître. Il ajoute qu'Elie v tendra auparavant. Qu'il annoncera pendant trois ans el demi la venin"' de l'Antechrîl el le dernier avenemenl du Fils de Mien, et qu'il mettra par là le dernier sceau à la prédication de l'Evangile.
' Cette matière lui fait naître l'occasion de parler de la ré- p. tai-iaa. surrection des corps, de la récompense des justes, e1 de la punition t\i'> méchants. Après quoi il exhorte son Prosélyte à persévérer jusqu'à la lin dans la doctrine el la pratique de la morale qui! vient de lui enseigner, parce que c'est à la persévérance que la couronne est attachée. [1 l'exhorte encore agoûter le bonheur de sa conversion à la Foi, àsesouvenir auprès de Dieu de celui qui avoit pris soin de l'en instruire, à ne se laisser point affoiblir dans sa généreuse résolution ni par les menaces des hommes charnels, ni par la crainte d'autres maux semblables, mais à porter même sa constance jusqu'à confesser la Foi devant les Tyrans, si l'occasion s'en présente, et à mettre en Dieu toute sa confiance, persuadé qu'il lui accordera el la vertu de patience et la gloire du martyre.
L'Auteur de la Dispute avec Simon Juif, termine son ouvrage, comme nous Pavons remarqué, en mettant en la bouche de'son Prosélyte une prière à Dieu. ' De même Za- i>. 124. 1*5. chic finit son dialogue avec Apollonius, en mettant aussi eu la bouche de ce Philosophe converti une prière, qui est comme l'Epilogue de son 3e livre. Il y cite, comme Théopluie dans sa dispute, la Sagesse sous le nom de Salomon. Deux nouvelles preuves que Zachée et Théophile ne sont qu'un môme Auteur.
11 y anroil plusieurs autres remarques à faire sur l'ouvrage de Zachée. Nous nous bornerons aux suivantes. ' En parlant p. 84. des cérémonies légales, il dit qu'elles avoient été ordonnées aux Juifs plutôt pour humilier ce peuple rébelle que pour le
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justifier. Qu'à ces sacrifices sanglants a succédé dans la nouvelle Loi le sacrifice pur, où saccomplit la Prophétie faite de la personne de l'homme Dieu : Vous êtes le PontifèEter* nel selon F ordre de Melchisedech ;le sacrifice où nous trouvons une protection spéciale contre les embûches de nôtre enne-
p- si. mi, où en recevant Dieu, nous devenons , pour ainsi dire,
une partie de lui même : œterni insuper sacrifiai particeps foetus immo Dcum sumendo pars ipsius. On voit clairement ici le sacrifice de l'Autel et la présence réelle de .). C.
P*98, 'Ailleurs il établit contre les Xovaliens le pouvoir accor-
dé à l'église pour remettre les péchés même les plus griefs. Mais afin que la sentence que le Prêtre prononce sur la terre soit ratifiée dans le Ciel, il exige que la pénitence soit accompagnée d'une sincère conversion.
p- uu- ' H condamne expressément l'opinion touchant l'impossi-
p- -■"• bilité des Commandements de Dieu. ' 11 dit que l'on voïoit
encore en son temps les impressions des pieds du Sauveur au
'"•r-10* lieu d'où il étoit monté au Ciel. ' Il semble en certains en-
droits ne pas assez s'éloigner des erreurs du Pélagianisme. Mais cela ne vient que de ce qu'on n'avoit pas encore alors
p- !i- discuté ni condamné ce qui regarde cette hérésie. ' Car en
d'autres endroits il reconnoît sans détour le péché originel , la nécessité du Baptême et de la grâce du Rédemteur. (V.)
DARDANE,
Préfet des Gaules.
flïi.Emp^^p.1 /^ laudius Postumus Dardanus , homme 'd'esprit et 6io. \j d'érudition , est fort célèbre dans les letres de S. Jé-
rôme et de S. Augustin. Il étoit Seigneur de Théopolis aujourd'hui Rochetaillée en Provence. Il avoit un frère nommé Claudius Lépidus qui portoit le titre de Comte, et qui fut Gouverneur de la première Germanie, et Intendant du Domaine. Dardane épousa Nevia Galla, comme nous l'apprenons d'une ancienne inscription dressée en l'honneur de l'un et de l'autre , et fut lui même Gouverneur de la Viennoise , et Questeur. Cette dernière charge lui imposoit le soin de dresser les Loix , comme nous l'avons déjà remarqué
DARDANE, I * 1 1 1 : 1 I : I DES GAULKS. 129
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marqué, et supposoil la Science du droit, el un fonda d'érudi- "-*
tion. A cea qualitéa ' Dardane joignoil beaucoup d'éloquence; wm <p. crit. P. et S. Jérôme ne fait pas difficulté de le qualifie!- un nomme 811, très-éloquent. Depuis il fui élevé à la dignité de Patrice, et s,r iud. eut deui fois l'honneur de la Préfecture dans les Gaules sa l'a- "'" ,l'"1trie, in duplicis Prœfecturœ honore transacto' . Ce fui en cette cod. Th. proi. p. qualité que l'Empereur Honorius lui adressa la Loi du 79de r'7 ' ' Tl" lb Décembre de l'an, non 409 auquel Honorius ne possedoit rien dans les Gaules, mais 412 ou 413, touchant les Décurions, ou Chefs du conseil des Villes.
11 paroît par la fin d'une des lettres de S. Jérôme écrite à Hier. ibid. Dardane même, qu'il étoit né dans le Paganisme. Mais il se convertit si sincèrement à la foi de J. C. ' que le même Père en p. 6os. lui donnant le titre de plus noble entre les Chrétiens, le qualifie encore le plus Chrétien entre les Seigneurs de son temps, Chrùtianorum ttohilissime , nobilium Christianissime ; ' le ep. 33. p. 255. comparant ainsi au célèbre Pammaque, à qui il donne les mêmes titres. ' S. Augustin ne parle pas avec moins d'éloge que Aug. ep. ist. n. S. Jérôme, de l'esprit, du sçavoir, de la naissance et de la vertu 1"22' de Dardane.
Tous ces éloges qui nous représentent Dardane, comme une personne qui faisoit profession de pieté, et d'être ami de Saints, sont bien opposés ' au témoignage que lui rend S. Sidoine, sa. s. 1. s. ep. 9. lorsqu'il assure qu'il rassembloit en lui seul tous les vices par- p- m" tagés entre les Tyrans Constantin, Jovinet Géronce. Mais S. Sidoine parle sans doute des temps qui avoient précédé la conversion de Dardane. Il est au moins vrai,, et l'on ne le sçauroit nier, qu'il fut très-fidéle aux Romains; ' puisqu'il fut le seul m ibid. p. 607. qui ne céda point au Tyran Jovin, ou Jovien. Il faut cependant avouer, ' que l'on ne voit point qu'il ait pu avoir de bonnes h. e. 1. 12. P. 325. raisons de tuer ce Tyran, au lieu de l'envoïer à l'Empereur p26ibPhot' c" 80' Honorius.
' Dardane lisoit les ouvrages de S. Jérôme et de S. Au- mer. ep. cnt. p. gustin, et s'étoit fait un mérite de lier commerce de letres ^"J-a?.8' epavec eux. Dans une des siennes il avoit demandé au premier, quelle est cette terre si souvent promise aux Hébreux? Et cette demande lui attira la belle réponse que lui fit S. Jérôme, et que nous avons encore. ' S'adressant en une autre oc- Aug. ibid. casion à S. Augustin, il lui proposa deux autres questions beaucoup plus difficiles que la précédente. 1° ' Où étoit n. 3. Jésus Chrît? S'il étoit par tout comme homme aussi-bien que