‹ Histoire littéraire de la France (volume 2)Chapitre 76 sur 384 · I. v fi Q U E DE B E S IER · texte numérisé non relu

I. v fi Q U E DE B E S IER

,.u un premier du nom, gouvernoit au commence- Gaii.Chr.Tet. t.!

ment de ce siècle l'Eglise de Besiers dans l'ancienne p-4081- Viennoise seconde, aujourd'hui le bas Languedoc' M. Du- Dupin, bibi. t. >>. |)iu avance assez hardimenl que cet Evêque est le même que '' "J! Paulin disciple de S. Ambroise, dont il nous a laissé la Vie. Mais l'autorité seule d'un moderne ne suffit pas pour établir une opinion de cette nature.' Après les premières années de ce iïu.h.e. 1. 1-2. p. siècle, il arriva en plusieurs endroits du monde Chrétien divers prodiges et signes extraordinaires. La Ville de Besiers lut un des lieux où il en parut de plus terribles' en l'année 419. Mai. chr. p. »8. Paulin evêque du lieu en dressa une relation qu'il inséra dans nue letre circulaire, pour en donner connoissance à toute. les Eglises de la terre. C'est ce que nous apprenons de la Chronique d'Idace, qui ne spécifie point quels étoient ces prodiges.' Il n'en parle non-plus qu'en général dans ses Fastes, Fast. p. 343. où il dit simplement que Jean Evêque de Jérusalem en prit aussi occasion d'écrire une letre circulaire. Nous n'avons plus la relation qu'en dressa Paulin, et qui nous donneroit sans doute de grands éclaircissements sur ces événements dignes de notre curiosité.

Apparemment ces prodiges étoient de la nature de ceux 'dont parlent S. Augustin dans un de ses Sermons au peuple .\u?. serm. 19. n. de Cartage, et le Comte Marcel lin dans sa Chronique sur S^S.' ' la même année 419. Selon le rapport de gents dignes de foi, il étoit arrivé alors dans l'Orient et dans l'Afrique de furieux tremblements de terre; J. C. s'étoit fait voir sur le Mont des Oliviers ; le signe de la Croix avoit paru empreint par miracle sur les habits tant des Juifs que des autres, qui épouvantés par ces prodiges, avoient reçu le saint Baptême.

'Rosweyde dans ses notes sur S. Paulin de Noie, doute Kir. anet. c. 63. si l'Homélie sur S. Genès d'Arles, qui se trouve dans quelques éditions entre les ouvrages de ce S. Evêque, et que Surius rapporte au 25e jour d'Août, ne seroit point de Paulin Evèque de Besiers.' D'autres, comme Papire Masson c. us.

v sikcu:

m PAULIN, BYÊÛME DE BBSIERS.

dans l.-i ilcsi*i'j|»liiiji qu'il nous a donnée des rivières de France, attribuent celle Homélie à S. Patient Evêque de Lyon au

nièine siècle.

Genn. vir. iii. c. '( îcn n;nli- |i;nlc d'un Paulin^ à qui il ne donne aucune ' p" qualité, et qu'il assure avoir composé des Traités sur le com-

mencement du Carême. Cet écrivain ajoute, en s'oxpriinant d'une manière fort en\eloppée, qu'il en avoil lu deux sur le jour du Dimanche de Pâque, sur l'obéissance, sur la Pénitence, sur les Néophytes. Comme Gennade place cet Auteur entre ceux qui ont fleuri avant le milieu de ce siècle, et qu'il le distingue de plusieurs autres de même nom, nous n'en connoissons point à qui ce qu'il en dit, convienne mieux qu'à Paulin Evêque de Besiers. Il n'importe que Gennade ne lui donne point le titre d'Evêque. Il ne le donne point non plus à S. Eucher, que l'on sçait certainement avoir été Evêque de Lyon. D'ailleurs il aura pu aisément se faire que ces Traités aient paru dans le public sous le nom de Paulin, dénué de toute qualification, quoiqu'ils fussent l'ouvrage d'un Evêque ; ce que Gennade n'aura pas sçû.

DISAIRE,

Médecin.

Sym. i. 9. op.4i. '-pwisMRE Médecin de Profession, étoit d'Aquilaine. US'étant affectionné à une personne de très-grande distinction, il la suivit à Rome, résolu de passer ses jours au-

i. 3. ep. | Macr. prés d'elle/ Il parut avec beaucoup d'éclat dans cette Capi-

sat. i. 2. c. 7. p. taje jg l'Empire , et y acquit à juste titre le premier rang entre les personnes de sa profession. C'est ainsi qu'en parlent Symmaque l'Orateur, et Macrobe : le premier qui étoit in-

sym. î. 9. ep. 44. time ami de Disaire, lui donne le titre de Clarissime,' et dit ailleurs qu'il méritoit celui d'Illustre. Après de si heureux commencements Disaire perdit son patron, que la mort lui enleva, et qui le retenoit à Rome. A la nouvelle de cette mort, le père de nôtre Médecin pressa son fils de revenir en soii pais. Disaire ne put se refuser à la tendresse d'un père, et reprit le chemin des Gaules. Il étoit encore jeune; et il y a tout lieu de croire qu'il auroit poussé fort loin et sa fortune

niSAIRE MEDECIN 133

V SIECLE

et la réputation :' puisqu'il avoii déjà acquis une estime si eé- , ., 37|Macr néraie. ■ Symmaoîue oui paroit avoii* été sensible à son dé- iwd.

in" r • •. !» ' [..il- i . *S)U». 1.9. «p. 41.

part de nome, écrivit a une personne établie en charge, et fils du Patron de Disaire, afin qu'elle donnât les ordres nécessaires pour la commodité de son voïage. 'En une autre i. 3. ep. 37. occasion le même Symmaque écrivit aussi à Ambroise Macrobe, en faveur d'un parent de Disaire de même nom que lui.

Ce Macrobe étoit un homme élevé aux premières dignités de l'Empire ; mais il est encore plus connu par les écrits qu'il nous a laissés. Il faut qu'il fût lié d'une manière particulière ' avec Disaire ; puisqu'il le fait paroître avec honneur et beau- Ma». Sat. 1.1. e. coup de distinction dans ses sçavantes conférences, a où il fait a'c.pi. p. i«. 193. rassembler tous les grands et les plus habiles gents de Rome mdurant les vacations des Saturnales, dont ers conférences ont ris le nom.' Dans celle où l'on agite la question, sçavoir si 1. 7. e. 4. p. sa*, a digestion se fait mieux en ne prenant qu'une nourriture simple, qu'en usant de diverses viandes, les Sçavants, qui composoient l'assemblée, convinrent tous que Yettius Prœtextatus ouvriroit les opinions, et que les autres opineroient ensuite à leur rang.' Mais Prétextât s'en excusa, et céda à Disaire p. 587. l'honneur de la parole, parce, dit-il, qu'il connoît ce qui convient au corps humain, comme la nature qui l'a formé, le connoît elle-même.

'Sur cela Macrobe fait parler Disaire avec beaucoup de p. 587-591. suffisance, en faveur de l'opinion qui établit que la nourriture simple est plus facile à digérer, que celle qui est composée de viandes différentes. C'est ce qu'il prouva, au rapport de Macrobe, d'abord par des exemples fort naturels et pris de l'expérience, puis par le raisonnement, et enfin par l'autorité.' Disaire aïant ainsi établi son opinion, en parlant en Mé- p- 592-597. decin, Eustathe fils de Macrobe parla à son tour en Dialecticien, et tâcha d'établir l'opinion contraire : après quoi Disaire renvoïa à l'expérience pour en apprendre ce qui sera le plus utile à la santé.

Tous les grands hommes que Macrobe introduit dans ses conférences, fleurissoient et à la fin du IV siècle, et au commencement du V. Ainsi Disaire fleurissoit lui-même en ce temps là.' Mais comme il étoit alors encore jeune, selon le Sym.i. 9. ep.41. témoignage de Symmaque. il aura pu vivre sans difficulté au delà de Tan 420.

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