PROTADE
Préfet de Rome.
Svm. 1.4. ep. is. '-0ROTADE joàgnoit à un rare mérite Une grande élo- ■ àï ,,. \. 549. -*- quenee. a il étoit Gaulois do dation, et b faisoit d'a- »Sym.i. i.ep.30. bord sa résidence ordinaire à Trêves, lieu de sa naissance: ce qui n'empêchoit pas qu'il ne fit souvent des voïages de plaisir dans les pais que les Romains nommoient les cinq m .m- i.4. p. 12a. Provinces.' Ce sont la première et la seconde Aquitaine, ep. 23. la seconde et la troisième Lyonoise, avec la Sénonoise.' il
descendoit d'une famille illustre selon le monde , comme il paroît par Symmaque l'Orateur, son ami particulier. Protade soutint son extraction par une probité digne de louange, et par de grands honneurs auxquels il fut élevé. Hut.it. v. 5so. L'on croit qu'il fut Préfet de Rome;' et la manière dont
en parle le Poëte Rutilius, ne laisse presqu'aucun lieu d'en sym. î. 4. eP. 17. douter.' Symmaque lui écrivit aussi-tôt pour le congratuler ep. 23. de son élévation.' Ailleurs il lui dit que bien qu'elle fût pro-
portionnée et à sa naissance et à sa probité, la fortune néanmoins ne lui avoit pas encore rendu tout ce qu'il méritoit, et que tous les honneurs qu'il en pourroit recevoir, seroient eP. 19. toujours au-dessous de son mérite/ En lui recommandant un
nommé Flavien, qui étoit une personne illustre, mais presque ruinée, afin qu'il la protégeât, il fait juger que Protade étoit en grand crédit. On ne sçait pas précisément en quel temps il exerça sa Préfecture ; quoiqu'il paroisse comme certain que ce fut avant que Florentin son frère plus jeune que lui, y entrât en 395, comme nous dirons. Il y a bien de l'appaep- 35. rence que Protade étant allé à Rome ' avec Minerve son au-
tre frère, pour y suivre le Barreau, et s'y exercer dans l'éloquence du Palais, en nous servant de l'expression de Symmaque, il y fut dès lors revêtu de la Charge de Préfet de la Ville, ep! sÏT3i ' l" 9' N revint ensuite dans les Gaules sa patrie, ' où il conti-
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nua toujours les étroites liaisons qu'il avoil avec Symmaque. ' Celui-ci parle par-tout avec beaucoup de cordialité, et témoigne nii'' estime extraordinaire pour ses letres, comme remplies des fleurs de la belle éloquence, Nous en avons encore dix-neuf de Symmaque à Protade, sans y comprendre
deux autres adressées en commun à lui et à ses deux frères i.«. ep.57. m Minerve et Florentin, qui étoient aussi deux hommes d'érudition. Nous en comptons dix-neuf, quoique le nom de Protade ne paroisse qu'à la tête de dix-huit. Mais il est certain
que la 51e du 9e livre, laquelle porte le nom de Poëmius dans 1. ,s. ,,.. 51. les imprimés, à été écrite originairement à Protade, et qu'ainsi ce titre est erroné. Pour s'en convaincre à n'en pas douter, il n'y a qu'à la conférer avec la 57e du 4° livre adressée aux trois frères.
' Nous apprenons de ces deux letres que Protade avoit deux ibid 1 1. i. . ,,. ■,-. fils, qu'il avoit envoies à Rome perfectionner leurs études sous les auspices de Symmaque. On n'en nomme qu'un qui s'appclloit Némese. L'autre mourut à Rome durant le cours de ses études; et les deux letres dont nous venons de parler, font mention de cette mort, qui obligea Némese de quitter ses exercices, et de revenir dans les Gaules. Symmaque en le ren volant à ses parents, en fait un très-grand éloge. 11 dit que son père pouvoit le regarder, comme lui tenant lieu d'une nombreuse postérité. Qu'il pouvoit juger lui-même quels progrès auroit fait ce cher fils et dans la politesse et dans les letres, si la crainte de blesser l'ardent désir qu'avoit le père de le revoir, eût permis de le retenir plus long-temps à Rome. ' C'est 1 4. ep. 20. sans aucun doute au sujet du même Némese, que Symmaque dans une autre letre congratule Protade d'avoir un fils parfaitement digne et de lui, et des soins qu'il avoit pris de son éducation, il le qualifie un jeune homme très-éloquent, qui suivoit de près par son sçavoir les glorieuses traces de son père.
' Protade aïant perdu de grands biens qu'il possedoit dans Rut. u. v. 342. les Gaules, plutôt durant les ravages qu'y firent les Barbares oo0' au commencement de ce siècle, ' que durant la tyrannie qu'y Sym. mise. 1. 4 p. exerça Maxime sur la fin du précédent, a il se retira dans une /"Rut ibid petite terre qu'il avoit en Ombrie. Là usant également de la mauvaise comme de la bonne fortune, il vivoit, selon le témoignage d'un païen, avec la même satisfaction qu'auparavant ; parce que les richesses n'avoient jamais tenu une gran-