ET LAZARE
EvÊQUE D'AiX.
Il n'y a pas moïen de séparer ces deux grands Evoques. Leurs actions sont tellement liées ensemble, que l'on ne sçauroit donner le détail de l'un, sans faire en même temps l'histoire de l'autre. Ils eurent la gloire d'être des premiers qui attaquèrent avec succès la doctrine pernicieuse de Pelage et de Célestius ; et après s'être réunis pour la défense de la même cause, ils furent assez heureux pour se voir enveloppés dans la même persécution.
' Héros étoit un homme d'une sainte vie, qui avoit été Pros. chr. p.739. élevé sous la discipline de S. Martin Evêque de Tours, d'où sortirent tant d'autres illustres disciples à la fin du IV siècle. Il fut ensuite placé sur le Siège épiscopal d'Arles, ' ou plutôt Tin. h. e. à la fin de l'an 407, si cela arriva au temps du Tyran Cons- p' 680' tantin. Dès l'année 412, ' sous le Consulat d'Honorius pour Pros. a>id. la 9e fois et de Théodose le jeune pour la 5e, il fut indignement chassé de son Eglise par le peuple même de la ville quoiqu'il fût innocent,' et qu'il n'eût commis aucune faute, p. 740.
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lis S. HEROS,
i\..r. i.ist. ivi.T Seulement on ct'ôîl <|u'il s'étoil attira la haine du peuple,
'■ '-'■ i' "'' ^pouravôir drdohné Prêtre Conôtanttn, qui né pouvanl plus soutenir ië Siège d'Arles, où il étoit enfermé, quitta la pourpre, i-i se réfugia auprès* de nôtre Prêlaï.
Prik. ftëa, ''A la place d'Héros bti ordonna Evêétre d'Arles Patroéte
ami et coiiIhIi'iiI du Général Constances dont ou pretenddit parce nioïrii dé ^àghèr les bonnes grâces1. GeAe conduite, rJ mai't|iii' S. Prosper, fut la source de beaucoup de lâcheuses disputes, qui s'éléVereni entre les Eiêqùes dé la IVovin-
Pros. t. Chr. p. ce. ' ( lar Patrbcïe ne se signala dans sa dignité, que j>ar un trafic inlanie di s cliese.s les jtlus saintes, et par une ambition démesurée: Ce fui peut-être un effet de la justice de Dieu, qui permit t[ùf Un "peuple qui a\oit rejette un aussi digne Pasteur qu'étoit S. Héros, fût gouverné par un autre qui ne méritoit pas même le nom d'Evêque.
Nor. ibid. p. -s. ' Pour Lazare, le Cardinal Noris croit qu'il avoit été comme S. Héros disciple de S. Martin, et Prêtre de l'Eglise de Tours, à cause de ce qu'il accusa S. Brice dans le Concile
Bar. an. ii7. n. de Turin vers l'an 400.' On n'en trouve rien dans l'histoire; mais il faut juger de lui par S. Héros. Il y a lieu de croire dit le Cardinal Baronius, qu'aïant été enveloppés dans une même calomnie, ils étoient relevés par la même vertu. Car les méchants n'ont accoutumé de haïr que les bons; et les
Tin. h. e. t. 10. hérétiques ne persécutent que les orthodoxes. ' Lazare fut or-
p' donné Evêque d'Aix métropole de la seconde Narbonoise,
vers Pan 408 par le célèbre Procule Evêque de Marseille, dont nous avons parlé en son lieu. Il put fort bien se faire,
Nor. ibia. p. 79. ' comme le veut le Cardinal Noris, qu'après la mort de Constantin au mois de Septembre 411, Lazare qui pouvoit avoir quelques engagements avec lui , se démit velontairement du gouvernement de cette Eglise, de peur que l'amitié de ce Tyran ne lui attirât l'indignation de l'Empereur Honorius.
Tiii. 1. 13. p. G8i. Quoiqu'il en soit, ' Héros et Lazare ainsi déchargés du fardeau de l'épiscopat, l'un par la violence du peuple, l'autre ou par une démission volontaire, ou par une maxime d'Etat, ils allèrent comme beaucoup d'autres chercher leur re-
Jicrc.com. c. 3. p. pos et leur édification dans les saints lieux. ' Pelage, qui s'y étoit aussi retiré après le sac de Rome par Alaric en 410, Aug. eP. ne. n. 4. ' y semoit son hérésie, et séduisoit beaucoup de personnes à Jé- Merc. ibia. rusalem même. Nos deux ' Evêques zélés pour la vérité, aïant
Aug. gest. Pei. n. eu coimoissance ' de cette doctrine corrompue, en furent
ET LAZARE. li'.t
scainlaii/i'.-. h se résolurent de la combattre. [\a l'examine- ,,, l:,, . „.4. n-iit avec soio , »■! se déclarèrent ensuite contre Pelage, en feveur de lagracede J. C. et de la vérité delà foi orthodoxe.
Pour j procéder avecordre et plus de Mien'-, ils recherclirivni lés li\ rea de ce! Hérésiarque; eten aïant rencontré h deux, l'un intitulé Des Témoignages, et l'autre A une veuve ,171' nommée Livanie uu Liviane, ils en choisirent ce qu'ils c. *.P. ». jjugejrenta propos, Ensuite ils dressèrent un mémoireenla- *og. ge>t. pei. ». lin des erreurs dont ils soûtenoient que Pelage étoit coupable ; y insérant plusieurs de celles que Célestius sou disciple a\ uit avancées dans ses écrits. ' Us joignirent à tout cela tes n. 2:$. articles pour lesquels le même Célestius avoit été condamné par le Concile de Carthagc en il 2, et ceux qu'Hilaire avoit' envoies de Sicile à S. Augustin, comme ils le marquaient nommément. ' N 'aïant pu alors mettre les passages tout au a. ». long, ils avertissoient que ce n'étoit que des extraits qu'ils avoient abrégés. Quelquefois même ils n'en prenoient que le sens, et n'en rapport oient pas les paroles.
' Ce Mémoire ainsi dressé, nos deux généreux Evêques n. 9. le présentèrent à Kuloge, ' que l'on croit avoir été Métro- Kar. ann. 4i.i. n. politain de Palestine. a On assembla à Diospolis depuis nom- i9"Allg. ?e„ |>„L mée Lidde, le 20 Décembre 415, un Concile, où cette n-..1- ('-j, ' ?i'!-
'. , , ' A îhid. p. fc8l. 082.
grande allaire lut portée. 11 s y trouva quatorze Lveques,
' à la tête desquels S. Augustin met Euloge, comme y aïant au?. inJui. 1. 1.
présidé. S. Augustin le nomme toujours le Concile de Pa- n' 3"'
lestine, aïant plus d'égard à la Province qu'au lieu où il se
célébra.
'Pelage y comparut, et y répondit en Grec aux 'chefs Gest. Pei. n. 4. d'accusations. ' Mais Héros ' et Lazare s'excusèrent de s'y n. 2. 62. trouver, sur ce que l'un d'eux étoit tombé grièvement malade.
On y lut leur Mémoire sur la doctrine de Pelage, a qui n. 2. avoua une partie des propositions qui y étoient contenues; J^i**?. «■ mais en prétendant les avoir entendues en un sens différent de celui que ses accusateurs leur donnoient. Il en désavoua d'autres, les remettant comme extravagantes; et même anathématiza ceux qui les tenoient. ' Il se plaignit aussi Aug. gest. Pei. n. de ce qu'on lui en objectoit qui n'étoient pas conçues en mêmes termes dans ses écrits : ce que S. Augustin rejette sur T inexactitude du manuscrit dont s'étoient servis ceux qui
1 II s'est glissé une faute ' dans le texte de Photius où c:t évoque est mal nommé Phot. il^id. >sr:opo;.