‹ Histoire littéraire de la FranceChapitre 390 sur 613 · I. Iti: liing«gc en g<^nér.<>l · texte numérisé non relu

I. Iti: liing«gc en g<^nér.<>l

— Origine du langage. Unité du langage avant la confusion des langues à Babel, i», 63. — Ju.squ'au XIV° s., on s'applique fort peu en France à l'élude des langues ; aussi les langues étrangères sont-elles pour ainsi dire inconnues, vu, 113; ix, 151.

Hl. liangtiO)^ oricnCaIcM.

— 1" L'AnABE. — Malgré la facilité qu'ont les Français à l'époque des Croisades d'étudier celte langue, on ne rencontre que trois hommes qui s'y soient rendus habiles : Guillaume de ïyr, Philippe, évèque de Tripoli, et Adélardde Bath, vu, 113; ix, 153.

— 2" L'hélueu. — L'étude de l'hé-

breu au moyen âge est exclusivement abandonné aux Juifs. Il est même défendu à certains moines, tels que les moines de Cileaux, de s'adresser aux Juifs pour apprendre leur 1 ingue, ix, 135, 153. — Publication de quelques grammaires héliraïques au XP s., vu, 114. — On rc'ncontre au XIP s.

plusieurs raiibins juifs qui nous ont laissé quelques ouvrages écrits en hébreu. Voyez leurs noms au mot liabbins, xiii, 1-6 .

— 3" Le GREC. — Les Phocéens, étant venus s'établir dans les Gaules el fonder Marseille, introduisent leur langue dans ce pays ; c'est ce qui explique comment l'étude et la connaissance de la langue grecque se perpétue fii France pendant tout le moyen âge, 1*, l6, 42-47. — On prétend même que le goùl des Romains pour la langue grecque leur e.st venu de Marseille, I' , 59. — Le grec est en ell'et pendant longtemps la langue vulgaire des Marseillais, i * , 58. La langue grecque fut très-lonatemps compri.se dans le Midi de la Gaule, i*, 59, 60.

— Cependant elle n'a jamais été langue vulgaire, comme le su|j|i0se dom Rivet (P. Paris), i\ 230; vu, 689.

— Le peuple gaulois, au 1°'' siècle, parlant à la fois le grec, le latin et le gaulois, ne pouvait que faire un mauvais mélange de ces trois langues i?), I* , 230. — On trouve jusqu au V' s. lie l'ère chrétienne de nombreux indices de la connaissance du grec par les Gaulois, i', 59, 228. —Plusieurs savants gaulois puiilient leurs écrits dans cette langue, i', 58. - Les noms propres d'origine grecque sont très-communs dans les Gaules, I*, 60. — On parlait encore grec à Lyon quand les premiers ouvriers de l'Evangile y arrivèrent {'!), i ' , 228.

— La langue greci|U>' est employée dans les oflice> de rE>;lise en Gau'.e, et en particulier à Arles sous saint Césaire, i* , 59, 230. — Les églises de Lyon et de Vienne écrivent en grec les actes de leurs martyrs, i > , 60. — De l'enseignement du grec dans les écoles deSi Gaules aux premiers siècles de l'ère chrétienne. On rencontre plusieurs professeurs de gec à Bordeaux au 1V« s. ; Corinthe, Spercbée,

LAN DE LHISTOIRE LITTÉRAIRE. LAN

Menesthée, Urbicus, etc., i", 65, 121. — On en rencontre égalemenL à Narbonne et à Arles, 60, 128. — Au VI" siècle, l'étude et renseignement sont complètement délaissés, excepté dans les monastères, iit, 31.

— On rencontre au IX° s. plusieurs traductions d'ouvrages grecs en langue latine; elle était donc encore connue et cultivée à celte époque, iv, 279, 280. — Etude de cette langue au X'- s., v[, 56. — Elle fut étudiée avec succès en France au XP s., vu, 08, 9a, 114 116, 528. — Principaux savants qui s'appliquèrent à cette étude, vu, 113-115. — On s'applique très-peu à l'étude du grec au XIl" s., i.\, 151. - Les Pères grecs, étant traduits de grec en latin avant le XII" s., sont oit 's d'après ces traductions et non d'après le texte grec, 151, 152.

■ 11. Lungiae.^ «BUor.se».

— I,.\.NGUE L.\TiNF,. — Cette langue pénètre dans les Gaules bien avant l'ère chrétienne, au moyen des relations commerciales établies entre les Komains et les Gaulois, i*, 61, 65.

— Plus lard elle est imposée aux Gaulois par les Romains victorieux, I', 58, 01. — Elle devient obligatoire sous Auguste, I», 58. — Au 1°' siècle, on parle en même temps en Gaule le grec, le latin et le gaulois, I» . 230. — ' La langue latine a-t-elle été une langue vulgaire parmi les Gaulois'/, VII, 1. Voyez |ilus bas Langue romnne. — Dom Hivet est pour l'aliirniative, et ariirme i.|ue le latin, depuis la domination des Romains dans les Gaules jusqu'à celle des Francs au V" s., y fut la langue vulgaire, i« , 231, 448; i" , 22; vu, xxi.

— M. Paulin Paris, au contraire, soutient que le latin n'a jamais été, dans sa pureté grammaticale, la langue uu/gnim des G.aules (P. Paris), vu. 090.

— Sulpice Sévère a lui-même distingué la langue vulgaire do la langue latine (P. Paris), vu,' 091 . — Suivant l'opinion de dom Rivet, le latin a été entendu de tous les Gaulois et Français, depuis la ilomination des Romains jusip/au XIP s., VII, li.r. — (-e ((ui le prouve, c'est que, du vivant

même de Martial, le recueil de ses poésies était fort répandu dans Vienne et lu par tout le monde; les ouvrages des autres écrivains latins étaient également entre les mains des Gaulois, ] >, 130, 232. — Diim Rivet affirme que les Gaulois paraient latin avej plus de facilité cl d'éiégance que les Romains eux-mêmes, i> , 01. — Après l'invasion des barbares en Gaule, le latin commence à perdre de sa beauté, i*, 62; ii, 25. — On commence par changer la terminaison des mots, puis les mots eux-mêmes. Les termes latins manquant, on leur substitue des mots barbares en leur donnant une inflexion latine, m, 5. — On ne respecte plus la construction du discours; on ne fait plus attention au .senre et au cas des noms, m, 5. — Altération dan,'< la prononciation des voyelles, m, 423. — C'est ainsi que la langue latine devient la langue romane après la conquête de la Gaule i)ar les Francs, ii, 28. — La langue latine ne cesse jjiis immédiatement d'être entendue et comprise par le peuple, mais elle ce.-.se d'être la langue vulgaire du pays, m, 15.

— Dès le V° siècle, on commence à l'apprendre comme une langue étrangère, II, 29. — Les premiers Mérovingiens s'y appliquent particulièrement, m, 16. — L'usage du latin se continue surtout parmi les clercs et les moines, m, 15. — • Il persiste dans les offices ecclésia'-tiques, m, 15. —

— L'usage en estégaLinent conservé dans les aines publics jusi[u'au règne de François I"'', i«, 02 ; m, 16.

■ — La langue latine, vers la tin du VlU- s., se relève un peu de la décadence où elle é;aii tomliée, iv, 20. — Depuis le IX" s., elle n'estplus sujette à l'altération qu'elle a f^oull'erte depuis quatre cents ans, parce qu elle cesse d'être vuUaire; elle couauence même dès le XI" s. à reprendre quelques traits de son an'ienne lieauté, ce qui continue encore au siècle suivant, vi, 3 ; VII, Jiiii, j-w K, irxv. — Au XP s., on écrit généralement mieux en latin qu'aux siècle.s prérédents, vu, 107.

— De même, le latin des autours du XII" s. est be.iucouj) meillfur que celui des siècles pré,;èdeals, ix, 1 'lO.

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TABLE GÉNÉRALE

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— Langue gauloise ou celtique. — Diverses opinions plus ou moins admissibles sur l'orif^'ine de cette langue : MM. Borel et Marcel prétendent que la langue celtique n'est qu'un dialecte de la langue hébraïque ; Samuel Bocharl, au contraire, soutient (ju'eUe tire son origine de la langue phénicienne ; Boxhormus affirme qu'elle dérive de la langue des Scythes, I* , 63. — Suivant dom Pezron, elle aurait été la même ou à peu jirès que la langue actuelle des Bas-Bretons, I», 64. — La langue celtique ou gauloise n'est pas la seule parlée dans les Gaules. Dès les temps les plus anciens (600 ans av. J.-G.), la langue grecque est parlée dans le Midi ; après la comiuète des Gaules par les Romains, la langue latine est imposée aux vaincus ; aussi, au P"' siècle de l'ère chrétienne, les Gaulois parlant en même temps le grec, le latin et le celtique ne font ils qu'un mauvais mélange de ces trois langues, i' , 58, Cl; II, '230. — Au IIP siècle, la langue latine est la seule en vigueur dans. les Gaules; et c'est à peine si quelques mots de racine celtique sont passés dans la langue romane, devenue plus tard la langue française, i * , 448 ; vil, x/!, xxxi.

— L.\NGUE TUDESQUE. — Cette langue est fort étudiée sous Gharlemagne dans l'étendue de son empire. Elle devient la langue vulgaire de l'Allemagne, IV, 278. — Premiers monuments de cette langue : ouvrages du moine Kéron au VHP s., iv, 134, 687 ; — ouvrages d'Otfride, moine de Weissembourg (1X° s.), v, 368- 375; — poésies rimées de la Un du IX-s., v, G27, 629, 630.

— Lainuue homane (1) et ses dialectes : ROMAN DU Nord ou français; roman du Midi ou provençal :

— A — Origine et développement de cette langue (2) : ses dilYérents dialectes, vu, i-Uxxi.

— Son origine : elle vient directement du latin, et n'est point, comme le prétond La Ravallière, « le celtique, dans lequel s'est hltré le langage populaire des Romains »,l*, 65; ii, 28; m, 3 ; vi, 3 ; vu, ji', .rxri. — La langue romane n'est qu'une altération de la langue latine. Les Gaulois, forcés de parler latin, ne le parlent jamais correctement : ils changent la terminaison des mots, et les mots eux-mêmes ; les termes latins manquant, ils leur substituent des termes barijares en leur donnant une inflexion latine.

Ils ne respectent ni la construction du discours, ni le genre ni le cas des noms, ni même la prononciation, etc.

De là une langue en réalité distincte du latin grammatical, la langue romane, m, 5, 423; vu, 691. — « Le roman et le latin diffèrent entre eux, comme le patois de nos villages diffère du beau langage de la cour n (I.,a Ravallière), vu, in. — Suivant dom Rivet, cette altération du latin, ce passage du latin au roman n'aurait eu lieu qu'au V'' siècle, après la conquête des Francs ; suivant M. Paulin Paris, le roman serait né le -jour oii le peuple gaulois a été forcé de parler latin, u, 28; VII, 691. Voi/e: plus bas. — Le latin, soutient dom Rivet, a été une langue vulgaire dans les Gaules jusqu'à ce que de sa corruption se soit formée la langue romane, c'est-à-dire, selon lui, jusiju'au VP' siècle, vu.

(I) Quoique ce rftm île lomaiir puisse s'appliquer a Imites les lansiies issues du lalin, nous l'appliquons iri a la langue vulgaire parlée en l'iance, saus distinguer la langue du ^ord de celle ou Midi.

(9) Dans nn avertissement placé en tiiie du vu" v ilume, li.ira Rivet se propose de discuter et d'établir deux points tri-s-distinrts aitaqnés par un savant critique du XVIII» siècle, l'évéïu^ La Ravalli.re : 1» Le latin a été une longue vii'gaire dars Ips Gaules juS(|ua ce que de -a corruption se soit firmee lu langue romane; î» la antiuc romane été employée avant le milieu du Ml» siècle par 1^8 aul'Mirs de c^'ite époque. Uom HiVft a sullisamment établi ta bo'itc de sa cause quant au second piint, va, .r.r.ri'ii-/j-.r.r/ii. Quant au premier, il semble aujnurd'bui que l-s deux adversaires avaient ti>rt : le premier, de soutenir que la " langue celtique fillrée » a été la langue vulgaire ilcs (laules; le secnnl, de ne pas rcconjaître l'eiitlencc du latin vulgaire non gram.uatical, latin que dés les premiers siècles un peut aiipeler roman, comme étant la langue vulgaire des tiaulois devenus Ro:uains(P. Paris), vu, 691.

LAN DE L'HISTOIRE LITTERAIRE

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in-.rxrvii. — Lg |atin n'a. jamais été, dans sa pureté r/mmmalicale, la langue vulgaire tics Gaules (P. Paris), vu, 690. *— Autorités et laits cités par dom Rivet à l'appui do son opinion, VII, riii-iii. — Martial et Pline s'applaudissaient de savoir que le recueil de leurs ouvrages étaient entre les mains de tous les citoyens do Vienue, VI!, .fii;', liv. — Les passages cités de Martial et do Pline ne sont pas toui à fait concluants. A coté de ceux qui lisaient, il y avait le peuple qui ne lisait pas (P! Paris), vn, 090. — Grégoire de Tours hérisse de mots vulgaires son histoire, et les y distinguo comme tels do la langue grammaticale (P. Paris), VII, 691. — Le latin a toujours été une langue savanlc ; et en tout temps, il y en a eu une autre qui était populaire. Ce fut d'ahord la CELTIQUE, ou gaulois pur; puis, la romane, plusou moins mèléedegermain.

Cette langue conserve ce nom jusqu'à ce que des écrivains français aient osé écrire en cette langue (La Ravalliére), vil, ii-iii. — On ne prétend pas que la langue latine fut inconnue ; c'était même la seule dans laquelle l'autorité politique, qui venait de Rome, et l'autorité ecclésiastique qui en venait également, exprimassent leurs arrêts et leurs actes. Mais l'usage, en ayant subsisté jusqu'au milieu du XYl^ s., ne prouve rien contre une langue vulgaire autre que la latine, persistante dans les dix premiers siècles de notre ère (P. Paris), vu, 690, 691 . — Aux ; conciles de Reims et de Tours, celé- .' brés en 813, on enjoint aux évéques ; d'instruire leurs peuples suivant la propriété de leur langue ; preuve cer- i laine (jun la langue romane avait gé- i néralemoiit cours à cette époque et !

que la latine n'était plus comprise, VII, 11, X i. — La langue romane commence à être cultivée , lorsqu'elle prend la place du latin, vu, i.xxiiii. — Diverses transformations de la langue française; ses améliorations successives, VII, xiâ-iii, xxxiv. — Les travaux de Charlemagne pour améliorer la langue de son pays ne se rapportent pas à la langue romane ou française, mais à la langue tudesque, vu, xxxviixxzii. — Nombreux exemples do la

culture orale de cette langue aux X'= et XPss., vri, xiiii-xiv. — AuXPs., on commence à abandonner la langue latine pour écrire en langue romane, vu, 107. — Mesures prises par Guillaume le Con()uérant pour établir l'usage de cette langue en Angleterre ; nécessité de connaître cotte langue pour parvenir aux dignités, vu, xlr.

— L'usage de cette langue persiste en Angleterre jusqu'en 13G7 et mémo au delà, vu, 112. — Au XP s., la langue romane est transportée en Angleterre et en Sicile par les Normands vainqueurs, vu, xW. xim. — Elle est employée gnnéralement au XIF s.

dans les prédications, ix, 148. — La langue des écrivains français du XIP s. est plus régulière et plus grammaticale que la notre, ix, I-iT, 691. — Formation de différents dialectes :

dialecte wallon, picard, gascon, provençal, lorrain, etc. Tous ces dialectes se rapportent à deux : roman du Nord, langue d'oil, ou langue des trouvères, dlun coté; roman du Midi, iangued'oc, ou languedes troubadours, de l'autre, vu, xii.i-iv, l\[; ix, 147.

— B — Premiers monuments de la langue romane ;

— On peut considérer comme premiers monuments de cotte langue les pièces écrites en langue rustique ou latin barbare, que l'on commença, dès le VP s., à distinguer de celui de Cicéron, vu, xi. — On rencontre, dès les premières années du VIP' s., une chan.-on sur les victoires du roi Clotaire II, qui peu tétic considérée comme un monument écrit en langue romane, VII, xiiiii. — Mais ce n'est en réalité qu'au IX'- s. que l'on i encontre le premier monument écrit dan.s cette langue. Il est rapporté par Nithard :

ce so:it les Serments de 84-2, iv, 278.

— Les jonglouis si nombreux au X° otXI" s. composaient leurs chansons, non en latin, mais on langue vulgaire; ces chansons ne nous sont point parvenues, mais il a du en exister, vu, xivi. — Autres monuments do la poésie romane aux IX"^. X'' et XI" siècles, VII, xhii-i. — Origine dos romans ou chansons de geste en langue vulgaire :

dom Rivet la rappor.e au X." s., vu,

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