‹ Histoire littéraire de la grèce modernChapitre 113 sur 256 · PRESSE PÉRIODIQUE · texte numérisé non relu

PRESSE PÉRIODIQUE

Si le journalisme donne la mesure des progrès d*une nation dans la vie publique, nul peuple ne se vanterait à meilleur droit d'en avoir fait de plus grands en un plus court espace de temps que les Grecs. Jusqu'à la fin du siècle dernier ils n'avaient pas un seul journal écrit dans leur langue. Avant leur guerre d'indépendance nous avons vu quatre ou cinq journaux qui commençaient timidement à paraître, loin de la Grèce, à l'ombre de la liberté relative dont les colonies grecques jouissaient à l'étranger. Encore ne traitaient-ils les questions politiques qu'accessoirement, et ne s'occupaient-ils surtout que de langage et de littérature. La langue était un des premiers éléments constitutifs de la nationalité, et toute la politique d'alors consistait à la conserver intacte.

Aujourd'hui ce n'est plus la même chose. Dans le petit royaume de Grèce les journaux politiques se comptent par centaines. H est impossible d'en fixer le nombre, n en naît tous les jours, et il y en a qui disparaissent aussi inopinément qu'ils sont apparus. Plusieurs d'entre eux, servis par un seul rédacteur, dont ils représentent souvent les opinions, dont ils servent quelquefois les intérêts individuels, n'ont d'autres ressources que la corn-

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