‹ Histoire littéraire de la grèce modernChapitre 135 sur 256 · Chapitre II, — A, SotUsoê · texte numérisé non relu

Chapitre II, — A, SotUsoê

la chanson badine il substitua l'inexorable satire. Une aveugle colère l'animait en tout et contre tous. Elle lui était inspirée par un patriotisme ardent, et qui manquait de discernement; mais surtout le poète était mécontent des autres parcequ'il l'était de lui-même. A l'arrivée du Roi en Grèce il fut nommé tour à tour professeur de littératiu-e à l'université, historiographe du royaume et poète lauréat. Il ne fut à la hauteur d'aucune de ces fonctions, qu'il commença par accepter: les unes étaient au-dessus de ses connaissances, les autres peut-être au-dessous de son talent A côté des succès politiques que son frère obtenait, il ressentait sa propre incapacité pour marcher dans la même voie, il s'en irritait sans se l'avouer, se croyait misanthrope lorsqu'il n'était qu'aigri de son humiliation, et s en prenait aux autres, à le société entière.

Mais même dans cette phase de son activité poétique, au lieu de se fier à ses propres forces et à la spontanéité de son esprit, il a eu le tort de vouloir imiter, et de provoquer des rapprochements qui ne pouvaient pas toujours être à son avantage. Sa Balance grecque fut annoncée comme tm journal poétique, qui devait renouveler le merveilleux tour de force de la Némésis de Barthélémy ; mais dans l'exécution elle ne présenta rien d'extraordinaire. Six cahiers seuls en furent publiés dans l'espace d'un an, et encore la moitié étaitelle en prose.

Ces six satires ne furent pas les seules que le poète

Rangabéf Littérature néo • hellénique. II. 3

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ait fait paraître depuis Tavènement du Roi OthoiL A chaque changement politique, à chaque nouvel événement d'une importance tant soit peu générale pour la Grèce, A. Soutso, comme s'il était l'esprit mystérieux des révolutions, arrivait, on ne sait d'où, jetait son cri poétique sous la forme d'une ode ou d'une satire, et disparaissait aussi subitement qu'il était venu. Ces nouvelles poésies sont: LaMênippée; Le portefeuUU poètiqtte^ La révolution du 3 êtptemhre] Le panorama de rassemblée nationale ; Le miroir de i845; Aperça politique de la Grèce; Dithyrambe au peuple grec\ Athènes \ Marathon; La véritable phase de la question éFOrient^ et une foule d'autres de moindre importance, qu'il serait trop long d'énimiérer. Elles se distinguent ordinairement par la qualité générale de tout ce qui sortait de sa plume, la beauté de la versification et la concision classique du style. La langue est en progrès sur celle du Panorama; elle est plus pure et plus rapprochée de sa source. Le ton gâiéral est moins enjoué, plus grave et plus agressif. Le poète trempe sa plume dans le fiel des haines populaires, et ne recule pas devant les exagérations auxquelles l'esprit de paiti se laisse entraîner. Il se fait à son insu l'écho des passions régnantes; mais plus souvent encore il puise ailleurs ses griefs : il se laisse guider par les idées et les sympathies de son fi:ère cadet, que sa muse encense toujours avec une affection touchante. Cependant, quelle que soit l'influence qui le domine, on reconnaît toujours

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