‹ Histoire littéraire de la grèce modernChapitre 147 sur 256 · Chapitre IIL — A, R. Rangabé. 6l · texte numérisé non relu

Chapitre IIL — A, R. Rangabé. 6l

de vous; je vous montrerai que moi aussi je sais vendanger.

< — Viens, si cela te fait plaisir, mais surtout, disent-elles, peu de paroles.! — cMoi? Soyez tranquilles. Pas tm mot! Vous me verrez à l'œuvre. .

t Qu'est-ce donc là, au milieu des fleurs? Jeunes filles, j'ai trouvé tm lys. Quoi! c'était une main mollette? Je demande excuse, et j'y dépose un baiser.

€je cours aux raisins. £n voici; j'en ai trouvé qui sont rouges et muscats. Je ne les mangerai pas; rien que pour y goûter.

t Comment? Vous riez? C'étaient des lèvres et non pas du raisin rouge ? Comme il vous plaira. Moi, c'est ainsi que je sais vendanger.»

Les filets.

cUne jeune fille aux yeux noirs avait jeté ses filets pour prendre du poisson. Je nageais, et je m'y suis laissé prendre.

cQuel grand poisson elle a péché! Toute joyeuse, elle se penche poiu: m'attraper. Elle sourit de sa pêche, et serre bien ses filets.

€ Jeune fille, détache-les; laisse-moi partir. — tNon, dit-elle, tu y es très-bien.» Je me débats, je m'acharne, je brise les mailles et m'esquive.

«Mais quand j'eus déchiré les filets, je la regardaidans ses yeux noirs. C'est alors que je fus pris, sans que tous mes efforts réussissent à me délivrer.»

B. Poésies narratives.

Ces poésies sont au poème épique ce que les Nouvelles sont au roman. Elles sont un sous -genre plus

62 //. Partie, — Idvre IL — Portes.

modeste et tout moderne. Cinq de ces nanadons, plus ou moins étendues, occupent la première moitié du se» cond volume.

La première, intitulée Vlmposteur^ et divisée en cinq chants, est écrite en longs vers à rimes alternantes.

Les prières de nuit réunissaient dans relise tous les moines d'un couvent situé dans les gorges sauvages des monts Cérauniens. Soudain tm coup de feu réveiDe les échos du désert, et remplit de terreur les cœurs des anachorètes. Un seul, Stéphanos, prosterné devant les images, ne se laisse pas distraire de ses exercices pieux. Cependant les détonations se répètent. A la troisième Stéphanos se lève, passe tranquillement au milieu de tous, sans qu'on sache où il va, comme on ignore d'dù il était venu.

Au second chant une jeune fille, dans une tour solitaire, se livre de nuit à ses souvenirs: Elle pense à Sostis, le beau Pallicar qu'elle rencontrait jadis sur les bords du torrent, et qui depuis a disparu. Soudain des pas se font entendre. C'est Sostis même, qui l'invite à le suivre. Il ne peut attendre; un grand danger le menace. Elle le regarde et recule épouvantée. Sostis porte l'habit de prêtre. Mais ce costume, dit-il, n'est que d'empnmt. H la presse; elle cède, va déposer un baiser sur le front de son père endormi, est jetée sur un cheval, et part avec Sostis et trois de ses compagnons, habillés aussi en moines.

Au troisième chant, des Clephtes sont réunis dans leur

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