‹ Histoire littéraire de la grèce modernChapitre 186 sur 256 · Chapitre VIL — BanUiadèa. I · texte numérisé non relu

Chapitre VIL — BanUiadèa. I

les discordes et les catastrophes. Toute ma vie n'est qu'un pourquoi. C'est la mort, c'est le silence et l'oubli, ce sont les ténèbres qui ont répondu.

c Pensif, je me tournai alors vers mon frère, voulant deviner au moins sa nature à lui et son avenir. Il me T^arda aussi d'un regard étonné; mais le frère n'a pu lire dans le cœur de son frère

c Enfin j'ai compris le but de la vie: c'est de mourir. Comme un petit enfant, qui croit voir im revenant au-dessus de sa couche, s'endort plein de terreur, de même je fuis le monde en fermant mes yeux effrayés.

tO tombe, ma seconde et inévitable couche, trouverai-je dans ton sein la réalisation de mes rêves, le port radieux et calme de ma vie, la récompense de ma lutte, ou bien quelque chose de pire que l'illusion?

cO tombe, dans tes ténèbres glacées, dans ton étroite enceinte, où le corps est livré en pâture aux vers, trouverai-je la vie des Dieux, l'immortalité?

c Comment? La mort contiendrait ce qui est immortel? Elle aurait la nuit à sa face et l'aurore à sa poitrine? Dis, ô tombe, oh! dis-moi . . . Mais quand a-t-elle jamais répondu? Quel Oedipe a jamais deviné ton énigme?

€ Es-tu — ohl si tu l'étais — une porte de fer qui sépare deux mondes, la dure enveloppe qui retient le corps, tandis que l'âme transformée s'envole vers les étoiles en chrysalide aux ailes dorées?»

N. Saltélk, Demosth. Balabanis, Xenoph.

Raphtopoulos sont aussi des poètes moissonnés au début de leur carrière, lorsque leur génie prenait son premier essor. Le premier surtout, qui était un savant médecin et un ami d'Alex. Soutso, a pris celui-ci pour modèle, et ne serait pas resté au-dessous de lui, s'il avait eu le

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temps de cultiver et de perfectioiiiier son talent. Ses compositions lyriques, ainsi quWe narration épique intitulée cJ0 OydoniaU%f témoignent de la force et de la richesse de sa pensée, et du soin qu'il donnait à sa langue virile. Le Cydoniate est une imitation de VErrœtt de Soutso. L'intrigue n'en est guère meilleure ni plus intéressante; mais par contre ses vers valent souvent ceux de Soutso. Comme un court échantillon de sa poésie nous voulons donner la prière suivante, contenue dans ce poème.

cLes soleils exécutent tes saintes lois; les astres sur un de tes r^;ards s*élancent dans leur route, dont ils ne peuvent pas s'en détourner. Ton marteau gigantesque est éternellement en travail, soit pour forger des mondes qu'il fait sortir du néant, soit pour détruire ceux qui doivent dispardtre.

cLa musique et la poésie célestes se font entendre; des chœurs d*anges remplissent de tes louanges Tétendue incommensurable; et l'univers, éclos en un seul instant, admire ta gloire et ta sagesse, et exalte ton nom sacré.

cTu as assis ton trône étemd et inébranlable, sur les ailes du temps qui n'a ni commencement ni fin. Ta main tient un sceptre orné d'étoiles; tu t'enveloppes de l'éternité comme d'un manteau ; une couronne de soleils te ceint le front, et ton pas mesure l'infini.

cDu plus haut des cieux ton regard embrasse les globes, et plongeant dans les abîmes, bouleverse les enfers et en brise les portes. Tu renouvelles toujours les ressorts de la création.

«Tu es assis au sommet de l'échelle de toutes choses, où les êtres s'échelonnent à diverses distances de la voûte

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