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Chapitre XIV, — Poèteê vulgariëtes: A, Parasckos

plus channantes et les plus réelles du poète lyrique. Qu'il chante l'amour ou la patrie, la joie ou la douleur, il unit à la chaleur de la verve, au feu de l'enthousiasme, une sensibilité profonde et suave, une grande originalité d'idées, et une mélodie incomparable de la versification, n est du nombre des poètes qui ne seront pas oubliés. Nous voulons donner quelques échantillons de ses poésies. Le choix est . difficile. Toutes ont des beautés de premier ordre, et chacune, d'une nature différente.

cje voudrais ouvrir le tombeau de mon père, creuser de mes mains et en retirer la bière , et voir ce que, après si longtemps, la terre et les ténèbres ont fait de mon vieux père; serrer étroitement dans mes bras son corps froid, ma poitrine contre sa poitrine, ma tête contre sa tête.

«Je voudrais être le linceul pour le recouvrir, le coussin sur lequel sa tête repose, le rêve de sa jeunesse dans son sommeil étemel, la bénédiction de sa mère, qui doit l'y réchauffer; être la bienfaisance qu'il répandait autour de lui durant sa vie, la prière des orphelins qu'il consolait.

«Je voudrais être le ciel, pour l'avoir dans mon sein, le paradis, pour le baigner de mes rayons, un nuage blanc, pour le transporter sur mes ailes, un ange de Dieu, pour raccompagner, Tétoile du matin, pour briller dans ses cheveux, ou le sourire de la Sainte Vierge, pour épanouir son cœur.

«Je voudrais être la croix plantée sur sa tombe, la rosée du ciel qui en arrose la terre. Je voudrais être un arbre touffu, pour le couvrir de mon ombre, un oiseau, pour lui chanter des mélodies, une fleur, pour lui

Ran^abéf Littérature néo • hellénique. II. ly

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envoyer des arômes, le cierge allumé sur le bord de sa tombe, ou sa tombe même, pour qu'il ne soit pas dans la solitude.»

c L'orphelin.

«Je viens à votre porte, triste, Toeil en larmes, le visage couvert de pâleur; car je suis pauvre, et n^ai rien à vous offrir, pas même une fraîche fleur de myrte.

€Le sort m'a condamné à vivre solitaire, et je parcoois seul le triste sentier de la vie. Aujourd'hui je me présente devant vous en humble posture, et je chante le pain, mais je ne vous en demande pas . . .

«Déshérité par le destin, comme une feuille d'antomne j'erre sans but. Personne ne m'aime, nul n'est mon ami, car je n'ai pas de mère, je suis un orphdinl

«Pas de mèrel Ces trois mots renferment l'isolement, le froid et la faim. Ils me chantent une déchirante complainte, sur un ton de musique sauvage à rendre fou.

«Lorsque, là où je mendie, je rencontre d'autres enfants, habillés de soie, heureux et joyeux, de tous leurs biens je ne leur envie que leur mère. Pauvre mèie, comme je t'aurais aimée!

«Elle n'a pas eu le temps de déposer un baiser sur ma bouche, de me caresser ni de me bénir . . . Malheur à celui qui passe à travers cette vie sans avoir été cm* brassé par sa mère!

«Avant -hier, dans un champ, des enfants heureux jouaient en commun. — «Voulez -vous, leur ai -je dit, que je joue avec vous? — «Nous ne jouons pas, répondirent-ils, avec l'orphelin.»

«Oh! Puissiez -vous tous, comme des fleurs dans le jardin de la vie, recevoir la rosée qui descend du ciel. Que tous aient une mère dans ce monde, et que je sois pour vous le seul orphelin I>

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