Chapitre L — Inêtructhn, I
une main créatrice pour les réunir et les coordonner en tm Institut national. Il y en a aujourd'hui une dixaine à Athènes, et plusieurs des principales villes de la Grèce ont les leurs.
Les populations grecques de la Turquie se sont ellesmêmes ressenties de ces grands progrès accomplis dans la Grèce indépendante. La statistique étant une institution encore inconnue dans Tempire ottoman, il est impossible de rien préciser sur leur compte. Mais depuis que le gouvernement du Sultan ne croit plus possible, ou de bonne politique , de prohiber sous les yeux de l'Europe rétablissement d^écoles qui ne lui coûtent rien et que les populations défrayent, Tinstruction des Qrecs, organisée sur la base de celle du royaume de Grèce, y prend un rapide essor. En outre, plusieurs centaines de jeunes Grecs des provinces turques sont au nombre des étudians de Ttmiversité d^ Athènes, et retournent chez eux répandre les lumières qu'ils y ont acquises.
Les Sociétés savantes se sont aussi transplantées parmi les Grecs de Turquie. L'absence d'une université y fait sentir plus vivement le besoin de ces centres de difiusion des lumières, parmi lesquels la Société littéraire de Conatantinople tient le premier rang. Une Société Epirote et une Société de Thrace^ fondées à son instar dans la capitale de l'empire Ottoman, ont en vue d'aider aux progrès intellectuels des provinces dont elles portent les noms; et les villes les plus considérables de la Turquie habitées par des Grecs ont à c6té des écoles helléniques
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aussi leurs sociétés littéraires, qui le plus souvent font paraître des publications périodiques.
Cette multiplication des écoles en Grèce et en Turquie exigeait aussi celle des livres qui devaient y être employés. La langue classique étant toujours restée le principal fondement de renseignement, des hellénistes distingués, tels que Vardalachos, Assopios, Coumas, Vambas, Gennadios, Bernardakis, Pampoukis et plusieurs autres y se sont appliqués à composer des grammaires plus méthodiques que par le passé. Ils en puisaient les éléments dans les ouvrages des anciens grammairiens ou dans les travaux de la philologie moderne. Plus de quarante grammaires du grec littéral ont été ajoutées à cette époque à la littérature scolaire.
D autres publiaient des grammaires du latin, de l'hébreu, des langues vivantes. Vambas et Sophianos en ont composé du grec moderne; de même A. R. Rangabé en français^ et A. Vlachos en allemand ; Rheinhold, un savant médecin allemand, qui a adopté la Grèce pour sa nouvelle patrie, a publié une grammaire de ce qu^il appelle la langue péloêgtque^ et qui est l'albanais.
La lexicographie a aussi de nombreux représentants dans cette période. C. Garpolas de l'Olympe, imprimeur érudit, et Ch. Matakidês, de Samos, homme de lettres et homme d'Etat, ont élaboré ensemble une seconde édition, considérablement augmentée, en 3 gros volumes, du dictionnaire de Gazés (Vienne, 1835), ^