‹ Histoire littéraire de la grèce modernChapitre 79 sur 256 · Chapitre L — Philologie · texte numérisé non relu

Chapitre L — Philologie

elote par A. Radinos, traduit aussi en italien par Emile Typaldos; de la Cyropédie de Xénophon, par Varda- LACHOS, et du traité sur Yéquitation du même auteur par E. CHRYSAPffls, officier de gendarmerie ; de quelques unes des vies des hommes illustres de Plutarque^ par J. NicoLAOu, et de toutes par A. R. Rangabé, en 10 volumes; à* Homère^ de Thucydide et de quelques autres auteurs, par A. Scaluîés; d^Isocrate^ par le libraire Nadiris; id'Oedipe-Roit de Sophocle par G. Geroco- STOPULOS. Tous ces louables efforts, tendant à rendre les Grecs d'aujourd'hui plus familiers avec les œuvres de leurs ancêtres, sont rendus désormais presque superflus par le développement qu'a pris l'idiome moderne, et par sa tendance à se rapprocher du grec ancien.

Quelques savants se sont aussi occupés de traductions et d'annotations d'auteurs Latins. C'est ainsi que Eu st. LiviÉRACos de Céphalonie a traduit V Enéide en prose ; etAristote Pantazis Missios , les trois premiers livres du même poème ; P. Constantinidés a publié, avec traduction et commentaire les odes d* Horace. Fabricius a traduit Cornélius Népos, et les Catilinaires de Cicéron ; le professeur Coupitori, quelques autres discours du même orateur et quelques livres de Salluste\ A. PhatzÉAs, >Catilina« et «Jugurthac de SaUuste\ C. Sakellaropoulos a publié une traduction, avec des notes, >de la guerre civile* par César^ et J. Dèmetriou a traduit la t poétique* à^ Horace. Le professeur E. Castor- CHis et le professeur Cophiniotis ont publié une nou-

l66 //. Pùrtie* — Livre L — ProsaUurê.

velle grammaire, et le premier, mie nouvelle Chrestomathie du Ladn.

Parmi les doctes traducteurs, D. Galanos est digiie d'une mention tout exceptionnelle. Né à Athènes en 1760, il fut appelé à Tâge de 26 ans à Calcutta par C. Pantazi, négociant grec qui y était établi, pour enseigner le grec-ancien à ses enfants et aux autres Hellènes que le commerce y avait attirés. Galanos s'adonna avec une grande ardeur à l'étude des langues orientales, et pour bien approfondir le Sanscrit, il prit l'habit d'un Brahmine, parcourut tout le pays, et se fixa enfin à Bénarés. H traduisit plusieurs ouvrages du Sanscrit en Grec, comme le Valabaratah^ un abr^é jusque là inconnu, et très -volumineux lui-même, de l'interminable poème épique des Indes, le Mahabaratah; en outre le Chitapadaça, et quelques autres poèmes, et à sa mort, survenue en 1833, il légua ses traductions à la Grèce, dont le gouvernement les fit publier en 7 volumes, par les ^oins de G. Cozaki Typaldo, l'ancien directeur de la bibliothèque nationale. Le style de ces traductions est sec et peu flexible; mais leur valeur est grande, et elles classent Galanos parmi les indianistes les plus distingués, n s'est aussi occupé de la grammaire et de la lexicographie Sanscrites, et en a légué les manuscrits à la bibliothèque d'Athènes. L'un de ces ouvrages est un vocabulaire synonymique de la plus grande importance, qui dénote une connaissance rare de la langue et de la littérature de l'Inde antique, et contient un très-grand

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nombre de mots qui s'y rencontrent pour la première fois, et qui ont été puisés à des ouvrages jusqu'ici inconnus de la littérature sanscrite.

Des travaux philologiques entièrement originaux méritent aussi de ne pas être passés sous silence: Le père Oeconomos, que nous avons vu tenir le premier rang parmi les orateurs ecclésiastiques avant la révolution, compte au nombre des philologues les plus productifs et les plus éminents de cette époque. Son ouvrage par lequel il réfute avec une vaste érudition, et par des arguments le plus souvent irrécusables, le système é^ Erasme sur la prononciation du Grec, et réhabilite presqu'en entier la manière de prononcer des grecs d'aujourd*hui, est écrit dans le goût de polémique un peu acerbe du moyen âge. Th. Papadémetracopoulos, dans le recueil périodique V Athénée (Athènes, 1874), et A. R. Rangabé dans une préface (en français) de sa grammaire française du grec, ont soutenu la même thèse. Dans son traité en trois volumes Sur Vaffinité du Slave et du Grec Oeconomos aborde et discute en maître les questions les plus ardues de la philologie ancienne, bien que ses arguments, un peu outrés quelquefois, et les conséquences qu'il en tire ne soient pas toujours invulnérables. Ses Cframmatica sont une histoire lumineuse et savante du développement des lettres chez les anciens.

Th. M. Oeconomos, autre que le précédent, a com posé une dissertation sur le dialecte Tsaconique (des habitans actuels de l'Eleuthérolaconie), avec une gram-

1 68 //. Partie. — Livre L — Prosaieurs.

maire, un vocabulaire, des dialogues et des chants dans ce dialecte, que Thiefsch avait déclaré antéhoménque. George Pantazidés a publié à Leipzig un traité remarquable stu- le système des étymologies des langues sémitiques, et en particulier de la langue hébraïque.

G. Sèrujus, auteur d'tm dictionnaire très-méthodique de V orthographe du grec, a en outre publié, sous le titre de Callxope^ un traité 8ur Vart poétique, — Une dissertation sur le même sujet de S. Zampèlios, ayant pour titre: ^I/où vient le mot rpa^oodib*^^ brille par la profondeur et la nouveauté des vues.

Mavrophrydés de Trébizonte, un savant trop tôt enlevé aux lettres, a écrit une excellente étude sur la poésie élégiaque des anciens, et des notices sur Tesprit et les œuvres de Lucien, On lui doit aussi un recueil très-curieux de monuments tnédits de la langue grecque au moyen âge. — C. Dragoumis a traité, dans une bonne monographie, des romanciers antiques,

Homère a été le sujet favori d^investigations de plusieurs hommes de lettres. Le dictionnaire homérique du professeur J. Pantazidés n'est pas une simple reproduction de ce que d^autres savants ont dit sur la langue et l'archéologie d'Homère. L'auteur y a apporté la contribution de ses propres observations, dont quelques unes ont une valeur réelle. — P. Stavrinidés a aussi écrit un traité sur la langue homérique. — La question dite homérique, sur l'existence, l'identité et l'histoire des œuvres du grand poète a occupé G. Mistriotis, professeur de

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