ARCHÉOLOGIE
La branche de la philologie qui concerne Tinterprétation des monuments antiques ne pouvait pas être négligée par les Grecs. Les restes de leur antique splendeur et les documents de leur vie publique gravés sur les pierres dispersées sur leur sol avaient été long-temps foulés aux pieds de conquérants incapables d'apprécier les trésors dont le sort les avaient rendus les indignes dépositaires. Ces trésors étaient pour les Grecs tm objet de culte. Des témoins oculaires attestent que les
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habitants d'Athènes suivaient avec des sanglots les marbres que L. Elgin enlevait au Parthénon. Ils prouveraient ne pas mieux valoir que les peuples barbares qui les opprimaient si, ayant repris possession de leur terre classique, ils ne témoignaient pas à ces nobles ruines plus d'intérêt et de sollicitude que n'avaient fait leurs maîtres. Us n'ont pas mérité ce reproche. Un de leurs principaux soins dans la Grèce afiranchie a été de recueillir les précieux débris de Tantiquité, de les préserver d'une destruction ultérieure et de les étudier. Une loi du royaume grec établit des musées, prescrit la conservation des antiquités et en défend l'exportation. Le sentiment public a devancé cette loi lorsqu'elle n'existait pas encore.
L'explication des incriptions a naturellement ouvert une nouvelle carrière aux recherches des Grecs qui se livrent à l'étude des lettres. Ch. Oeconomidés de Chypre a, dans la publication d'ime inscription de Locride^ étalé de si larges connaissances de littérature et d'archéologie, qu'il se plaça par ce seul ouvrage au premier rang des philologues de son pays. H s'est depuis livré à l'interprétation aussi d^autres monuments épigraphiques de grand intérêt. Son dernier ouvrage concerne le serment^ ou traité international, entre les Athéniens et les Chalcidéens, découvert dans les derniers temps à Athènes.
Le professeur G. Chrysovergi s'est aussi occupé de l'interprétation d'inscriptions archaïques trouvées à Zante, à Corfou et à Argos.
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Ch. Philetas d'Epire, professeur à l'université de Corfou, à qui on doit une traduction du IV« Livre de VEnéide^ en vers grecs anciens très-beaux et beaucoup plus coulants que ceux de Bulgaris, s'est aussi adonné avec beaucoup de talent et de succès à l'explication des inscriptions trouvées dans Tîle de sa résidence.
Parmi ceux qui se sont occupés de Tépigraphie d'Athènes, se distinguent ëustratiadés, directeur des Musées; Pâpasliotés, ancien professeur à l'université, qui, tous les deux ont en des publications partielles, donné des preuves de connaissances solides dans la science des antiquités ; Et CouMANOUDÉs, profcsscur de littérature latine, critique fin et sagace, qui a réuni en un seul corps, coordonné avec beaucoup de méthode, et accompagné de notes savantes, toutes les inscriptions funéraires de l'Attique, soit inédites, soit dispersées dans divers ouvrages. Ce livre est une précieuse contribution à l'archéologie.
Pervanoglous, ancien agrégé à la même université, a aussi traité des monuments funéraires, mais plutôt au point de vue de Part H a écrit, en allemand, sur la forme des tombeaux antiques, les formules de leurs épitaphes et les repas mortuaires gravés sur les pierres tumulaires. Ce travail plein d'intérêt, est orné de planches.
L'épigraphie de l'île de Syros^ plus importante qu'on ne le croyait, a trouvé un zélé collecteur et un habile interprète dans Clon Stéphanos, qui dans son ouvrage intitulé Inscriptions de Pile de Syros en a publié 140. Ses notes, savantes et judicieuses, jettent une nouvelle
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lumière sur Thistoire de la petite ile de l'Archipel et sur plusieurs points de Tantiquité.
Ces ouvrages ont été précédés par les Antiquitiê Helléntqtéeê de A. R. Rangab^ un recueil d'inscriptions en 2 volumes, sur lequel nous aurons à revenir, aussi bien que sur V Histoire de Vart^ les diiaertatians ar» chéologiques, une épigraphie et les autres ouvrages inédits du même auteur, qui traitent de l'archéologie.
Quant à l'antiquité considérée au point de vue de Tart, elle a aussi été l'objet de quelques travaux spéciaux: César Roma, officier du génie, a écrit un traité sur les courbes du Parthénon, et sur les rapports de Tarchitecture ancienne et moderne, et le professeur Cou- MANOUDES, d'après Winckelmann, des dissertations sur l'art antique, et une entre autres où il soutient que c'est sur ses traces que doit marcher l'art renaissant en Grèce. Les fouilles du Dr. Schliemann sur les territoires homériques de Troie et de Mycène ont aussi enrichi la littérature archéologique de la Grèce. Le Dr. Schliemann, qui possède toutes les langues, a écrit entre autres en Grec le compte-rendu de ses travaux mémorables.
Nous ne voulons pas omettre de citer parmi les produits archéologiques de la Grèce l'ouvrage français de C. PiTTAKi, Athénien, intitulé »VAncienne Athènes^. L'auteur, plein d'enthousiasme pour les restes de l'ancienne magnificence de sa patrie, en a bien mérité en se vouant pendant la guerre de l'indépendance à la noble tâche de les sauver de la destruction complète qui
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les menaçait alors, et de les recueillir. Plus tard, appelé à la direction des Musées du royaume en récompense des services matériels et très-signalés qu'il avait rendus aux antiquités, il se laissa entraîner par son zèle à les vouloir publier; mais son livre, qui dénote une connaissance trop imparfaite du français , prouve aussi qu'il avait Tadmiration instinctive de Tantiquité plutôt qu'il n'en avait la connaissance.
1j& journal archéologique d^ Athènes^ fondé pour la publication de tous les objets antiques qui restaient encore inconnus sur le sol de la Grèce, ou qui en étaient retirés par des fouilles, a aussi été pendant plusieurs années abandonné à C. Pittaki. Plus tard ce même recueil a trouvé d'habiles rédacteurs dans Coumanoxjdés et EusTRATiADÊS. D ne laissé aujourd'hui qu'un seul regret, celui d'être publié avec trop peu de régularité et à de trop grands intervalles.
M. A. MoRDTMANN, que ses profondes connaissances archéologiques ont naturalisé parmi les Grecs de Constantinople, a publié dans le recueil périodique de leur société littéraire un traité sur les inscriptions et les basreliefs de PhiUppopolis ^ et un autre sur les anciens monuments de C Arménie^ et son fils y a écrit une dissertation sur les bulles de plomb.
Les antiquités égyptiennes ont particulièrement occupé NÊROUTSOS d'Athènes, un médecin très-habile, qui, établi à Alexandrie, a écrit soit en grec soit en français de savantes monographies sur plusieurs questions de la
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topographie de 1 * Egypte et sur l'ûiterprétation des textes hiéroglyphiques. — Le professeur de Théologie C. Conto- GOMis a publié une ArchAologie Hébraïque, — Quelques autres ouvrages traitant de sujets archéologiques sont: le livre de Zervos Jacovatos de Céphalonie sur les antiquités de sa patrie, et un autre du même auteur sur la constitution et les lois de Mi7U>8\ Touvrage de Th. Bénizélos d'Athènes , professeur d'histoire à l'école militaire, sur les antiquités militaires des Romains. n est illustré de gravtures. Le même auteur a puisé dans le Manuel des Antiquités de C. F. Hermann un traité sur la vie privée des Grecs dans l'antiquité. — C h. BouLODEMOs à Odessa a écrit sur le même sujet — S. Mangcihas a traduit de l'Italien une Dissertation sur les Thesmophories et les mystères d'Eleusis.
S. Antoniadis a traduit de l'anglais l'archéologie grecque d'Irving; M. Calapothakis, une autre archéologie de la même langue; le professeur A th. Roussopoulos, celle du danois Bogesen^ qu'il a enrichie de nombreuses additions; C. Spathakis de l'allemand, un livre sur la politique de Rome, et Charisis Pullius le traité de Somr merbrodt csur le théâtre ancien t. — La traduction de f anglais du dictionnaire des Antiquités grecques de Smith^ orné de belles gravures, est due à D. Pantazis et a été d*une grande utilité pour les études archéologiques. Aristomène Staviudés a traduit l'excellent ouvrage de Bekker sur la vie privée des anciens, intitulé tCharù clés*. — Uhistoire des constitutions de la Grèce ancienne,
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en 8 volumes, de A. R. Rangabé, n^est pas encore sortie des presses.
Dans le domaine de la numismatique^ on doit à d'excellentes brochm-es de P. Lampjios d'Epire, numismate très-expérimenté, la connaissance de plusieurs médailles inédites, el la détermination du véritable lieu de provenance de plusieurs autres, plus particulièrement des monnaies de la ligue achéenne, et de celles de Chypre au moyen-âge. Un catalogue complet et raisonné des médailles des lies ioniennes, recueillies par le même, et dont la munificence du Prince A. Mourouzi de Constantinople dota le Cabinet d'Athènes, a été rédigé par A. PosTOLACAS, conservateur de ce cabinet. Il est aussi l'auteur du catalogue génâal des médailles confiées à son inspection. La première partie de cet ouvrage a seule paru jusqu'ici. Ces deux livres sont faits avec un grand soin, et ont une véritable valeur scientifique. — Ph. Margaiutis a aussi publié le catalogue d'une collection de médailles grecques, romaines et byzantines; A th. Papadopoulos, une description des anciens poids de Smyme, déposés dans le Musée de l'école hellénique de cette ville, avec des planches; et le professeur D. Mylonas une savante monographie sur quelques mt- Tùirs antique»,
A. Bernardaxis a écrit en français et publié d'abord dans XBlconùmiste de Paris une longue dissertation, qu'il reproduisit depuis en grec, sur ce qu'il appelle le papiermonnaie des anciens. Avec une grande connaissance
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des sources antiques, il discute la question laissée indécise par Heeren, Bœckh et Courcelle-Seneuil, de savoir si les anciens donnaient cours forcé à des valeurs qu'aucun dépôt légal ne garantissait. S'appuyant sur des arguments plus ingénieux qu'incontestables, il s'est peutêtre trop pressé de se déclarer pour Taffîrmative.