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HISTOIRE ANCIENNE

L'ambition des Grecs régénérés était de marcher sur les traces de leurs ancêtres. Ils aimaient à les copier; ils s'inspiraient de leurs écrits et prenaient exemple de leurs vertus, sans toujours éviter leurs défauts. - C'est ce qui explique l'ardeur nouvelle avec laquelle, après la délivrance de leur pays, ils se mirent à en étudier Thistoire.

Nous passons sur les ouvrages élémentaires et destinés à l'enseignement, tels que les abrégés d^ histoire universelle de D. Pantazis, du Dr. Anselm, G. Pagon, Théag.,LiVADAS, G. Gennauius, traduit de l'allemand de Cammerer, J. Scarlatos, aussi de l'allemand de JBredow^ le manuel de V histoire de la Grrhce ancienne^ par A. R. Rangabé, tiré des auteurs, un autre de D. Pan-

184 I^- PortU, — LUfte L — ProHUeurs,

TAZis, la traduction de celui de Kietly par S. Akto- NiADÉs, pour nous arrêter aux œuvres principales, qui comptent parmi les productions littéraires.

En tête nous devons citer Vhistoire des aneienê peuples de VOrient, par C. Schinas de Constantinople, ancien Ministre et professeur à l'Université d^ Athènes. Fruit d'une grande érudition et d'une connaissance approfondie de la philologie classique et orientale, cet ouvrage est au niveau des dernières découvertes de la science. Le seul défaut qu'on puisse lui reprocher est un style peu coulant, serré quelquefois jusqu'à l'obscurité, et trahissant l'école allemande à laquelle l'auteur s'était formé. Absorbé par les affaires publiques, puis enlevé par une mort prématurée, C. Schinas n'a pu publier que le premier volume de son histoire.

C. Paparigopoulos, aussi de Constantinople, a succédé à Schinas à la chaire d'histoire. Son hiètoire de la Grèce, en 5 très-gros volumes, est une œuvre capitale, et un des principaux ornements de la littérature de la Grèce moderne. Tout en marchant sur les traces de Grote et de Gibbon, l'éminent historien n'en conserve pas moins son indépendance de jugement et son originalité. Plus d'une fois, guidé par ses propres recherches, il réfute et combat les opinions de ceux qu'il a pris pour modèles, et émet plus d'une théorie nouvelle sur des points importants débattus par les historiens. Le charme de son style et son rare talent d'exposition donnent à son ouvrage un mérite littéraire de premier ordre, et la

ChapUre IIL — HUtoire ancienne. 1 85

justesse de ses vues le placent au nombre de ceux qui ont contribué au progrés de la science. Faparigopoulos a aussi écrit un précis de l'histoire grecque, dont la première partie récapitule et met à la portée des écoles élémentaires les conclusions de son grand travail, tandisque la seconde est tme histoire de la révolution grecque, particulièrement recommandable par son impartialité. Quelques monographies historiques du même auteur, p. e. un traité sur Vétahlisêement des Slaves en Grèce au. moyen -âge, un autre sur la véritable date de la prise de Corinthe par les Romains, brillent autant par l'éclat du style que par celui de la pensée.

Le professeur Assopius, que nous avons déjà vu figurer parmi les philologues les plus éminents des derniers temps, a composé une histoire d^ Alexandre^ riche en détails et en aperçus nouveatix. H s'était proposé d'écrire un discours académique; mais, ainsi que cela lui était arrivé aussi pour son histoire de littérature, séduit par la grandeur de son sujet et par l'abondance de ses propres connaissances, il fit un gros livre, qui est un excellent ouvrage. Une autre histoire d^ Alexandre^ d'après Droysen, a été écrite par C. Frêaritis, professeur de droit.

Le professeur E. Castorchis a écrit avec une profonde connaissance des faits, un ouvrage sur les rapports des Grecs avec les Romains et les autres habitans de l'Italie, n est aussi auteur d'un traité sur les finances d^AthèneSj dans lequel il a surtout pris Bœckh pour guide.

1 86 //. Partie. — Livre I. — Proaateuirê.

La vie d^Aspasie est le sujet d'une monographie peu remarquable de G. Chrysovergis ; P. Aravantinos de l'Épire, M. DmrrsA de Macédoine, le médecin N. Caravia Griva dlthaque et le prédicateur J. NATHANiŒL d*£ubée, ont écrit chacun l'histoire détaillée de leur par trie respective, le premier en deux volumes, le second commençant aux temps les plus anciens et s'arrêtant à Philippe. — G. Constantinidés, répondant à un concours ouvert par la municipalité d'Athènes, a écrit une histoire du moyen-âge de cette ville, depuis J.C. jusqu'en 1821. Son ouvrage est divisé en quatre livres, dont le premier traite de la position politique, de la constitution et de Tétat des sciences et des arts à Athènes dans les cinq premiers siècles chrétiens, jusqu'à Justinien, qui en 529 priva la ville de son autonomie. Le second s'étend jusqu'à rinvasion des Croisés en 1205. Les trois chapitres du 3« livre racontent les destinées de la ville de Périclés sous les maisons étrangères des De la Roche et de Brienne (jusqu'en 13 n), des Catalane (jusqu'en 1387) et des Acciajuoli (jusqu'en 1456); le 4^ enfin contient le tableau de l'état de la ville sous les Turcs, jusqu'à la guerre de Tinsurrection. C'est un livre sérieux, bien écrit et très-recommandable, bien qu'il soit loin d'être complet

Parmi les traités qui se rattachent à lliistoire ancienne nous signalerons VJEssai philosophique sur la grandeur et la décadence de la Grèce par Cozaki Typaldos, ancien directeur de la bibliothèque nationale. Le mérite de

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cet ouvage, qui appartient à la philosophie de Thistoire, eût été encore supérieur, s'il n^avait pas précédé les grands travaux historiques de nos jours, dont Tauteur aurait sans doute fait son profit avec la sagacité dont il fait souvent preuve. Le moine Th. Pharmakidés a consacré un volume à relever quelques unes des inexactitudes et à réfuter plusieurs parties de ce livre.

A. PoLVZomÉs, ancien ministre, a écrit en 2 volumes les HelUniea^ ou un aperçu sur l'existence politique de la Grèce ancienne, depuis les temps les plus reculés jusqu'à son asservissement sous les Romains.

A E. Critikidés, samien érudit, on doit une brochure sur les hommes illustres de Samos.

Spyridion Lampros, le fils du numismate distingué, a écrit une excellente monographie en grec ancien sur la condition des fondateurs des anciennes colonies, et sur les honneurs qui leur étaient décernés.

Le médecin G. Levkias, qui écrivait le grec -ancien avec l'élégance de Lucien, a publié un livre êur V origine des Grecs, pour combattre l'hérésie de Fallmerayer, qui ne voit en eux que des Slaves dégénérés.

Un autre médecin, qui se distingue par ses sérieuses connaissances philologiques, Sophocle Oeconomos, fils du grand théologien et littérateur dont il a déjà été question, a écrit une savante biographie de Marc de Chypre, un auteur qui fiorissait au moyen-âge.

S. Zampélios de Leucade a placé en guise d'tVi^roductum en tête d'une collection de chants nationaux,

1 88 //. PaHie. — Livre L — Prosateur*.

un long travail sur la civilisation grecque du moyen-âge, où il déploie un esprit philosophique et des vues neuves et profondes sur un sujet qui intéresse au plus haut point l'histoire en général et la nationalité grecque en particulier. Les études byzantines et les scénographies kistoriques du même auteur, qui traitent de la position de Tile de Crète sous Byzance, ainsi que son histoire de P établissement du patriarcat en Russie, sont des pages qui indiquent une profonde sagacité. Le style en est très-sévère et serré, et Ton a le regret d'y voir le sens quelquefois un peu obscurci par les considérations philosophiques qui le dominent

Le D' Paspatis, aussi versé dans l'histoire et l'archéologie que dans les sciences naturelles, a publié dans le périodique de la société littéraire de Constantinople un traité fort intéressant sur le commerce des Génois à Constantinople.

Cyriaque Mélirrhytos, de Thessalonique, est auteur d'une chronologie historique.

Nous devons, malgré notre répugnance, ne pas passer sous silence, à cause de la triste notoriété dont il a été entouré, un prétendu auteur ou éditeur, qui n'était en effet qu'un adroit faussaire, et ne mérite que du mépris. Il s'appelait Simonide. Son nom a eu du retentissement jusque dans les Académies de l'Europe. Ayant fait un court séjour au Mont Athos, cet individu prétendait y connaître tm souterrain contenant un dépôt secret d'anciens manuscrits, et se vantait sans scrupule d'en avoir

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