‹ Histoire littéraire de la Grèce moderne (volume 2)Chapitre 107 sur 135 · Chapitre XII 1. — Poètes lonienH : Soloinus · texte numérisé non relu

Chapitre XII 1. — Poètes lonienH : Soloinus

Nous donnons encore une petite idylle toute naïve du même poète, pour faire voir qu'il n'a pas moins de grâce et de sensibilité que d'élévation et de force:

«Où est Avgoula? Le soir approche, les ténèbres vont s'étendre sur la terre. —

«Il va vers le haut cyprès, il la cherche à la fonfaine; elle n'y est point. Il regarde au loin, il regarde le chemin, et appelle: Avgoula, mon Avgoula!

«Ce nom sort de son sein avec des soupirs, et une autre voix répète: «Avgoula». Il croit que c'est elle, il accourt, il cherche, comme la colombe qui a perdu sa compagne.

«Il la voit enfin qui s'avance. «Mon Avgoula, quelle frayeur tu as causée à ton ami!»

«Il dit et court à elle; mais elle ne répond pas. Elle repose sur un coussin rouge, dans le lit étroit du cercueil. Toujours belle, elle porte la couronne des morts dans les cheveux.

«L'ange qui a pris son âme doit avoir déposé un baiser sur ses lèvres, car sa bouche sourit encore, et l'on ne peut croire qu'elle doive être mise en terre.

« — Non, elle n'est pas morte. Voyez ses couleurs. Elle dort, elle dort d'un profond sommeil. » Il lui prend la main, il lui pose la couronne sur la tête et la lui reprend.

« — Ma mère, Avgoula dort, je te le dis en vérité. Oh! ne pleure pas, ma mère, car je pleure aussi. Voilà sa couronne . . .

« Oh ! ne te détourne pas , ne ferme pas les yeux 1 Je la laisse sur tes genoux. Si Avgoula tarde à se réveiller , tu mettras cette couronne sur ma propre tête. »

2 20 IL Partie. — Livre IL — Poètes.

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