‹ Histoire littéraire de la Grèce moderne (volume 2)Chapitre 108 sur 135 · FOSCOLO. PALLI · texte numérisé non relu

FOSCOLO. PALLI

Salomos n'est pas le seul poète qui ait presque manqué à sa patrie par le peu de soin qu'il a donné à cultiver sa langue maternelle. Le Parnasse grec compte encore d'autres glorieux déserteurs. Foscolo, le chantre sublime des Sépulcres.^ est natif de Corfou. Dédaignant la langue de ses pères, qu'il croyait imparfaite parce qu'il ne la connaissait qu'imparfaitement, il cultiva la muse italienne, et oublieux des malheurs de son propre pays, il consacra ses pleurs à ceux de Venise.

Son Jaco-po Ortis, cette belle contre -partie de Werther, qui fait les délices de l'Italie, eût fait la gloire de la Grèce. Il a su plaire et intéresser même après le chef-d'œuvre de Gœthe, qui lui a servi de modèle. Sa grande réputation poétique repose, comme celle de Salomos, sur une seule ode, celle qu'il a consacrée aux «Sépulcres», et qui contient de grandes richesses de poésie.

Un autre beau talent que l'Italie a soustrait à la Grèce est celui d'Angélique Bartoloméo, née Palli. Originaire de l'Épire, elle s'établit en Italie avec sa famille, et s'y maria. Devenue familière avec la belle langue du Tasse, elle développa à un point remarquable ce talent qui semble exclusivement réservé à l'Italie, de faire jaillir spontanément la pensée avec tout l'éclat de la poésie et tout le brillant appareil du rhythme. Ses improvisations font l'admiration des Italiens. Elle s'est distinguée

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