‹ Histoire littéraire de la Grèce moderne (volume 2)Chapitre 113 sur 135 · Chapitre XI]' . — Poètes vulgaristes: Tertaétis · texte numérisé non relu

Chapitre XI]' . — Poètes vulgaristes: Tertaétis

lumière pure émanée de la lumière du jour, et les hommes t'appellent la Vénus Uranie.»

Il raconte ensuite comment la déesse a inspiré à

Codrus son dévouement héroïque, et termine par ces

mots :

«Codrus fut l'amant de ta btauté, ô Vénus Uranie. Ce ne sont pas tes yeux, ce ne sont pas tes traits qu'il aima; c'est ton esprit qui a sanctifié le sien. Sa main royale tient une coupe d'or, où son propre sang a coulé. «Bois, dit- il à sa patrie, bois mon sang que je t'offre; c'est une libation à la Hberté.» O déesse, fille de la lumière, tes rayons pénétrent l'esprit et y dissipent les ténèbres.»

Corinne à son tour célèbre les amours de Vénus et d'Anchise, et la naissance d'Énée, dont les descendants étaient destinés à asservir un jour la Grèce. Ces mots irritent le sentiment national de Pindare, qui déclare que la Grèce ne sera jamais asservie aussi longtemps qu'existeront Sparte et Athènes, les deux villes héroïques qui ont refusé l'eau et la terre aux Perses, et s'élève contre ses concitoyens, les Thébains, qui, entraînés par les Oligarques, se sont alliés aux ennemis communs de la Grèce.

Cette sortie provoque un grand tumulte. Le peuple se soulève contre ses magistrats, qui finissent cependant par rétablir l'ordre, et la couronne est décernée à Corinne.

Une peinture murale au gymnase de la petite ville de Béotie consacrait un de ces triomphes de la poétesse, qui dans un des rares fragments de ses œuvres que le

temps a épargnés se vante elle-même de «la gloire qu elle a apportée à ses concitoyennes aux blanches tuniques.»

Le poème de Tertsétis se termine par un panégyrique d'Athènes, depuis que la religion du Christ y a appelé la vraie lumière.

Le poète ne donne sans doute pas une haute idée de sa modestie lorsqu'il prête ses propres chants à Corinne, et même à Pindare. Mais il le fait de si bonne foi, sans penser à mal; il exprime du reste des sentiments si élevés, il sait tirer un si beau parti du langage inculte qu'il emploie, qu'on est tenté de lui pardonner cet accès de présomption naïve , eu égard surtout à sa pensée fondamentale, qui est de montrer l'identité de caractère qu'il suppose entre la poésie de la Grèce antique et celle des montagnards de la Grèce actuelle. Il va sans dire qu'il réussit jusqu'à un certain point seulement à prouver ce qui n'est vrai qu'à demi.

Un autre de ses poèmes, le rêve^ où le Roi de Grèce lui apparaît visitant les enfers sous la conduite de l'ombre de Capodistrias , contient des passages sublimes et dignes du pinceau de Dante.

VALAORITIS.

La preuve que le manque d'exercice dans la langue cultivée n'est pas le seul à en détourner souvent les Ioniens nous est offerte par l'un des poètes les plus éminents de la Grèce moderne, par Aristote Valaoritis, qui, très -versé en philologie, écrit le grec avec la plus

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