CHAPITRE II
Un autre poète, qui se partage avec Panaghioti les hauteurs du Parnasse grec, est son frère, Alexandre SouTSO, que nous avons déjà eu occasion de citer comme auteur d'une excellente histoire des premières années de l'insurrection, écrite en français. L'influence des deux frères sur la littérature de leur pays a été également grande, mais leurs titres à la renommée poétique ne sont pas les mêmes. Avec l'imagination moins exaltée, Alexandre ne vise pas autant que son frère au sublime. Il est plus égal et plus mesuré; il ne se laisse pas facilement emporter par un enthousiasme désordonné, et reste plus près des règles du bon goût. Aussi, cherchant à plaire par des voies moins ambitieuses, arrive-t-il plus sûrement à la popularité. Il a voué sa vie à la muse avec bien plus de persévérance que Panaghioti, il s'est essayé dans plusieurs genres de poésie; mais c'est la poésie satirique à laquelle il s'est de préférence attaché, et qu'il a cultivée avec le plus de succès.
Il a, pour y réussir, l'esprit incisif et caustique, et surtout il a de l'esprit. Son style est souple, tout aussi vigoureux et concis, mais moins recherché que celui de son frère cadet. Il emploie souvent le dialecte familier,