II. Partie. Livre II. — Poètes
la Muse se vengea d'être traitée en accessoire. Dans ses moments perdus Rizo écrivit deux comédies en prose, intitulées «/e Pressophobe^ {u è(prjiiepiêo<p6^oç) et «Za famille questionneuses (tj èpcurrjiiarixrj olxoyévsca) dont le mérite est nul. Le style, tout en s' élevant audessus de l'idiome vulgaire, est incolore, sans caractère et dépourvu en même temps de cette rigueur grammaticale et de cette élégance pour lesquelles dans ses autres productions en prose, dans quelques pièces oratoires par exemple, Rizo est sans rival. Froides et banales, ces comédies ne rappellent pas non plus le talent du poète qui a le premier frayé les sentiers vers les plus hautes régions du nouveau Parnasse. Il les a publiées sous de fausses initiales, et il a eu raison. Elles ont passé presqu'inaperçues , et prouvent seulement que Rizo n'a pas su renoncer à la Muse avant qu'elle ne renonçât à lui.
En tête des poètes qu'a produits la Grèce régénérée brillent les deux frères Soutsos. Issus d'une des principales familles de Constantinople , ils firent leurs premières études au collège de Chio, et les complétèrent dans les universités de France et d'Italie. Leur patrie se trouvait alors engagée dans la lutte suprême ; leur frère aîné était glorieusement tombé à sa défense, les armes à la main. Eux - mêmes quittèrent les écoles et accoururent sur le sol agité partager le sort de leurs concitoyens.