‹ Histoire littéraire de la Grèce moderne (volume 2)Chapitre 67 sur 135 · Chapitre VII. — Les Byzuntios · texte numérisé non relu

Chapitre VII. — Les Byzuntios

rer pour lui de brillants succès, s'il avait vécu. Nous en donnons en échantillon:

«O vierge, qui sous les plis de ton pieux manteau as recouvert le tombeau des Immortels, prêtresse d'un culte éteint à la voix mélodieuse, dernier et pur rayon de leur firmament,

«Salut, fille vénérable! Lorsque la violence de l'ouragan ébranla l'Olympe, je t'ai vue, Antigone dévouée, suivre seule le vieil Œdipe.

«Pâle, tu te tenais sous les portiques sacrés. Pythie enchainée au trépied prophétique, c'était toi qui sentais vivre dans ton sein tous ces Dieux que trahissait l'indifférence des peuples.

«Tu les voyais passer au-dessus de toi dans un nuage de feu; ton cœur se remplissait d'amour et ton esprit de sagesse, et la terre étonnée t'entendit répandre des mélodies divines, qui distillaient le miel de l'Attique.J^

PAPARRIGOPOULOS.

Le triste sort de D. Byzantios fut celui de plusieurs jeunes poètes, qui s'éteignirent à leur aurore, lorsque leur intelligence commençait à briller des premiers rayons du génie. Tel est Démétrius Paparrigopoulos, le fils du célèbre historien, qui, tout en appartenant au barreau, cultivait aussi la poésie avec un rare talent. Ses compositions, dont les deux principales portent le titre de Caractères et d'^^ora, se distinguent par une grande originalité de pensée et de forme. Si son talent avait

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eu le temps de mûrir à l'expérience, le Parnasse grec aurait salué en lui un jour un de ses coryphées.

Nous donnons une petite pièce de lui, qui paraît comme un appel au destin qui l'a moissonné.

«Mourir jeune.

«Qu'il est beau, mes amis, de mourir à l'heure de la première jeunesse, lorsque le ciel limpide du printemps s'étend au-dessus de nous, et que l'illusion couvre tout de son manteau magique!

«Il est beau, le paradis de la vie, avant que le serpent ne s'y glisse le lendemain de notre printemps, avant qu'il ne verse dans notre sang le poison qui le gonfle. Les feux du midi absorbent et dessèchent la rosée matinale.

«A l'aube de la vie nous avons assez d'un ami, et du tendre regard de la jeune fille. La voix de la gloire ne se fait pas encore entendre, et le présent seul nous suffit. Bientôt l'homme mesure du regard l'immensité de l'univers, et elle ne lui suffit pas.

C'est quand l'esprit s'abandonne à une sainte extase que la mort miséricordieuse devrait s'approcher, éteindre la vie avec le sourire des lèvres, et déposer l'âme dans l'immortalité.

«Elle est longue, la vie, elle est trop longue. Au calme succèdent des ouragans et de noires tempêtes, et nous pouvons à peine croire alors que nous avons passé par une belle matinée qui nous berçait de tant d'espérances.

«Elle est longue, elle est très -longue la vie, et le temps qui flétrit le cœur, atteint aussi l'âme avec lui. La douleur lui donne une triste nourriture, et y laisse un désespoir incommensurable.

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