‹ Histoire littéraire de la Grèce moderne (volume 2)Chapitre 76 sur 135 · Chapitre VI IL — r<nitulidés. I · texte numérisé non relu

Chapitre VI IL — r<nitulidés. I

Il efface, il écrit au hasard; il efface encore, écrit et efface... Oh! quelle triste poésie!

« Mais le voici ! . . . Il est inspiré ! . . . Voyez , ses sourcils se baissent; sa plume est en marche, son regard rit. Sa Muse est en travail d'enfantement. Le grand moment est venu trop tôt. Elle met au monde un enfant de quatre mois.

«Le poème est né. Il demande des auditeurs pour leur en faire lecture. Vite, amis, fuyons. Qu'attendonsnous? Il va nous tomber sus. Poète, lâche-nous, poète, fais nous grâce ! Par la vie du nouveau-né, épargne nos oreilles. Ton poème est parfait. Quel besoin de nous le lire? En quoi avons-nous failli pour être punis?»

A Athènes Tantalidés a publié en un volume, avec

accompagnement de musique, des chansons charmantes

de naïveté, destinées aux enfants, d'autres, pleines de

solides pensées pour la jeunesse des écoles, et plusieurs

autres, pleines d'esprit et de fraîcheur, sur divers sujets.

CARASSOUTSAS.

J. Carassoutsas de Smyrne est un poète lyrique tout d'harmonie et de sentiment. Ses vers, écrits en un langage des plus travaillés, ont lallure lente et langoureuse. Ils semblent respirer la douce mollesse des bois parfumés de llonie. ' Une traduction ne peut que leur enlever le principal de leurs mérites. Cependant leur suave duvet recouvre des pensées assez fortes et belles, pour que nous ne puissions pas nous dispenser d'en mettre quelques-unes sous les yeux du lecteur.

Voici en quels termes il parle de sa patrie:

154 II. Partie. — Livre IL — Poètes.

<i. A rionie.

«Qui calmera mon âme? Qui donnera à mes désirs les ailes du zéphyr? Qui me portera aux contrées où coule le Mêlés, radieux comme une nappe d^argent?

«Il y souffle de douces brises, et l'onde y reflète les ombres noires des platanes qui s'y balancent. Le myrte y répand ses parfums, et tout y porte à la joie et à la paix, tout, excepté la tyrannie.

«Son démon inspire la terreur; il détruit l'harmonie de la belle nature; il fane les fleurs dans leur épanouissement, et son souffle souille et flétrit l'Ionie.

«Mais, quoique dévastée par l'ouragan, elle se relève toujours attrayante, et le deuil de l'esclavage dont elle se couvre lui prête des charmes plus sympathiques.

«C'est ainsi que la rose, abattue par la pluie de l'orage qui la fouette en sifflant, se relève bientôt humide aux rayons du soleil, et dresse sa fleur plus fière et plus beHe.j)

Au poète dont nous avons parlé plus haut il adresse

les paroles de tendre sympathie qui suivent. Nous les

reproduisons, comme un complément de la notice

« sur Tantalidés.

«Je me présente à ton temple sacré, et j'élève ma prière vers toi, ô Dieu suprême, qui lis au fond des cœurs !

«Un frère, un ami à moi, est, ô mon père, victime d'un destinée injuste. Doux, vertueux et plein de sagesse, il est privé de la lumière, il est plongé dans les ténèbres de la nuit.

«Le poisson qui fend les flots, les oiseaux sur les

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