Chapitre I. — Les Phanariotes
lent hommage h. la civilisation vaincue, et reculait demt elle.
D'abord c'était en embrassant la foi de Mahomet que ïsclave intelligent acquérait le droit de s'élever audessus i son maître; mais bientôt il finit par devenir l'arbitre 2s destinées de l'empire sans renier son culte méprisé, 1 vertu de la loi naturelle qui veut que l'esprit domine chair.
Depuis que les Turcs, forcés de sortir de leur isoleent altier, durent nouer des relations avec les gouvermients de l'Europe, ou plutôt accorder, d'après leur lanière de penser d'alors, une trêve aux ennemis du rophète, ils chargeaient un interprète de recevoir les supliques de ces infidèles, dont, dans la barbare arrogance e ces temps, ils ne s'abaissaient pas jusqu'à apprendre : langue, et de leur signifier les ordres de la Sublime orte. Ces hommes étaient communément pris dans les lasses les plus abjectes, parmi les marchands ou courers Juifs, qui étaient forcés par état de savoir des lanles étrangères.
Ce sont ces fonctions méprisées que brigua et obtint 1 1630 Panaghiotakis Nicoussis, un Grec de Conantinople, qui à un esprit très -subtil unissait un vaste ivoir puisé aux universités d'Italie. Il ne lui échappa as que chez une nation qui par une marche rétrograde Dmbait de plus en plus dans la dépendance de ses voins, et qui, aveuglée par son ignorance, n'avait pas la onscience de sa position, il était d'une importance ma-
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jeure de s'emparer de tous les secrets d'Etat, et de traiter immédiatement avec ceux qui devaient bientôt décider en maîtres du sort de la Turquie.
C'est ainsi que le successeur du vil Juif devint par sa rare sagacité, par la haute appréciation du rôle qu'il assumait, et par son habileté dans le maniement des hommes et des affaires, l'unique dépositaire des relations diplomatiques de l'Empire, et ouvrit à sa propre nation une voie par laquelle elle devait arriver plus facilement à l'accomplissement de ses destinées. Son influence personnelle sauva du glaive des Turcs les Candiotes, qui, pour échapper au joug dégradant des ennemis de la civilisation et du christianisme, avaient accepté les chaînes moins pesantes des Vénitiens, et avaient défendu leurs maîtres comme on défend la liberté.
Panaghiotaki eut pour successeur Alexandre Ma- VROCORDATO, le fils d'un marchand d'étoffes de Çhio, qui arriva à la fortune d'une manière inattendue: Le Prince régnant de Valachie, qui était dans ces temps encore un indigène, avait demandé en mariage la fille d'une des familles grecques les plus opulentes de Constantinople. La jeune princesse fut envoyée à son époux avec une pompe digne de son rang et de ses grandes richesses; mais le Prince qui ne l'avait pas encore vue, fut, à son arrivée; désagréablement surpris de son extrême laideur, ne put se décider à l'épouser, et la congédia comblée d'honneurS; qui ne pouvaient cependant pas satisfaire son amour propre blessé. Elle crut ne pouvoir se mieux