‹ Histoire littéraire de la Grèce moderneChapitre 29 sur 159 · Chapitre 1. — Les Phanariotes · texte numérisé non relu

Chapitre 1. — Les Phanariotes

/enger des dédains du Prince, (jifen épousant le mar- ;hand de draps, qui était très -bel homme du reste, et, :e qui mieux est, un homme de grand sens, ainsi (pi'il 'a prouvé en employant l'immense fortune dont il était edevable à l'hy menée à donner à son fils une éducation les plus distinguées.

Le jeune Alexandre, formé comme son prédécesseur lUx universités d'Italie, acquit des connaissances probndes en littérature, dans les sciences exactes et en méiecine. Car, telle était la différence frappante entre les leux peuples que le sort de la conquête avait réunis: andis que celui qui régnait, confiant en la puissance de ;on sabre, qui échappait déjà à sa main, croupissait dans a plus crasse ignorance, le peuple qui servait, avide de lavoir, s'appropriait cette force qui échappe à l'observaion des esprits grossiers , et qui finit par l'emporter lur toutes les autres. De retour à Constantinople, Ma- Tocordato fut élu professeur de littérature et de philolophie au collège patriarcal, et composa en grec ancien )lusieurs ouvrages de philosophie^ d'histoire et de phioloqie, qui brillent par une profonde érudition et par a pureté classique du style. Au nombre de ses traités icientifiques est celui sur la circulation du sang ^ alors L peine connue, et sa Syntaxe du Grec est en littéraure un progrés sur celle de Gazés. Ses lettres, qui urent publiées à Constantinople, donnent la mesure de ;on goût cultivé et de l'élégance de son esprit; et celles lue son éditeur s'est vu dans la nécessité de supprimer,

Rangabé, Littérature néo- hellénique A,

50 Livre IL — Retour à la vie, 1700—1800.

et qui ne nous sont parvenues que dans des recueils manuscrits, contiennent la preuve de ses sentiments patriotiques et de son aversion contre les oppresseurs qu'il était forcé de servir. En sa qualité de grand Drogman, ou Interprète de la Porte, il prit une part très -active aux négociations de Carlovitz, et en fut récompensé par le titre de «Confident aux secrets de l'Empire j> (iç àTiopf)7jr(ov), que tous les grands Interprètes ont conservé depuis cette époque.

Alexandre Mavrocordato fut remplacé au poste d'Interprète par son fils Nicolas, qui, non moins instruit et non moins distingué que son père, s'éleva plus haut que lui. Il écrivit aussi beaucoup, mais ses ouvrages ne furent pas publiés, à l'exception d'un seul, intitulé <i.hors d'œuvres d'un ami de Dieu ^ {(pdof^éoo Tidpepya).

Une fois en possession du maniement des affaires étrangères, et si près de l'antre du lion, les Grecs ne s'arrêtèrent pas, et gagnèrent chaque jour du terrain. Le Hospodar, ou Prince tributaire de Valachie, étant tombé dans la disgrâce de son suzerain le Sultan, Mavrocordato réussit à recueillir la succession; et depuis ce moment (17 16), les deux principautés de Valachie et de Moldavie devinrent l'apanage des Grecs, qui en jouirent jusqu'à l'insurrection de 1 8 2 1 , et eurent l'habileté de se l'attacher. Ils firent insérer cette concession accidentelle dans les traités des grandes puissances, et ils réussirent à en faire une partie intégrante du droit européen. Dépositaires d'une autorité presque souveraine et indépen-

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