‹ Histoire littéraire de la Grèce moderneChapitre 5 sur 159 · Livre I. — Aprks la conquête · texte numérisé non relu

Livre I. — Aprks la conquête

l'orgueil du désert et le compagnon des forêts. Je veux habiter les montagnes et les cimes escarpées, vivre au milieu des bêtes féroces, avoir les rochers pour lit et les neiges pour couverture; mais je ne veux pas servir les Turcs.»

Comme les chevaux d'Achille et les rivières de Troie se servent de la parole humaine dans les poèmes d'Homère, comme dans la mythologie ancienne chaque arbre, chaque grotte, chaque fontaine, est animée par une nymphe qui l'habite, de même, dans ces chants, les oiseaux des forêts, les aigles perchés sur les pics des montagnes, les montagnes elles-mêmes, le soleil et la lune, les rivières de la terre et les nuages du ciel se racontent les exploits des Clephtes, pleurent leur mort, consolent leurs mères et leurs épouses affligées. Touchant toutes les cordes, de la plus tendre à la plus sublime, célébrant tous les événements de la vie de famille et de la vie des camps, ces improvisations variées sont, comme -les rhapsodies antiques, le tableau le plus frappant du peuple grec, et son histoire poétique à une époque où ce peuple était oublié par l'histoire. ')

Tantôt c'est l'Olympe qui se vante à l'Ossa de n'avoir jamais subi le contact ignomineux des Turcs. «A chacune de ses sources flotte un étendard, un clephte est posté sous chacun de ses arbres. Au sommet est

ï) C. Fauriel, Chants populaires de la Grèce moderne. Paris, 1824. 1826. — ZampÉLIOS, "J<T;xaTa ÔTjixorixd. 1852.

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