‹ Histoire littéraire de la Grèce moderneChapitre 6 sur 159 · Chapitre I. — Chants Cl€j)htique · texte numérisé non relu

Chapitre I. — Chants Cl€j)htique

assis un aigle royal, qui porte dans ses serres la tête d'un combattant.» Mange, oiseau, ma jeunesse, nourris -toi de ma force, que ton aile s'allonge d'une aune et que ta griffe croisse d'une palme. J'étais Clephte et armotôle: j'ai tué des Turcs sans nombre, mais mon heure est aussi venue.»

Une autre fois c'est un clephte mourant qui dicte ses dernières volontés à ses compagnons. «Faites-moi une tombe large et haute, que je puisse m'y tenir debout, charger mon fusil et combattre. Ouvrez-y aussi une fenêtre à la droite, que les hirondelles m'y viennent annoncer le printemps, et que les rossignols viennent m'y chanter le mai fleuri.»

« Oiseaux, s'écrie un malade, serai-je guéri ? Oiseaux, reprendrai-je mes forces?» — «Pliasca, lui repondent les oiseaux, si tu veux guérir, si tu veux que tes blessures se ferment, va sur les hauteurs de l'Olympe, sur ces beaux plateaux où les forts ne souffrent jamais, où les souffrants reprennent leurs forces.»

Vervo est expirant. Son cheval lui dit: «Lève-toi, mon maître ; allons où vont nos camarades. — Mon cheval bai, je ne peux pas aller; je vais mourir. Va, creuse le sol de ton sabot d'argent. Prends-moi avec tes dents, et jette-moi dans la fosse. Porte mes armes à mes compagnons ; porte aussi ce mouchoir à ma belle, qu'elle le voie et me pleure.»

Une mère dont le fils a été tué épanche sa douleur en ces tendres accents: «Les cerfs et les faons courent sur

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